Bien-être au travail, l'allié de la performance
15 Janvier 2010
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Stress, surcharge, harcèlement moral… autant d'éléments qui peuvent perturber le rendement d'un collaborateur et le pousse vers le «burn-out» ou carrément le changement d'employeur si les conditions de travail deviennent insupportables et qu'il n'y a pas moyen de les changer.
Dans certains cas, pour ne citer que le cas de Renault à l'international, des cas de suicide ont été relevés. C'est dire qu'il ne faut pas prendre à la légère le bien-être des salariés. Pour rectifier le tir, ce groupe a initié des séances de coaching personnalisé et a instauré une communication interne efficace et une implication des managers de proximité capables de détecter le moindre malaise avant que ça ne dégénère.
Absentéisme, retards répétitifs, baisse de régime… autant de signes avant-coureurs. Certes, le cas de Renault (suicide) est rare chez nous, mais c'est un exemple à prendre en considération pour éviter la perte d'un bon élément qui à défaut d'être bien managé plonge dans le KO. Et ce n'est un pur hasard que la génération Y ou la «zapping generation» cherche actuellement un package en plus du salaire, ces jeunes cadres aspirent à un bien-être psychologique pour effectuer leur mission dans de bonnes conditions. Fini le temps ou les collaborateurs craignaient leur employeur et se pliaient à leurs caprices sans rechigner. Maintenant la donne a changé et un bon nombre de managers ont suivi des séances de coaching pour mieux diriger leurs équipes, les motiver et les retenir (pour le cas de profils pointus et rares).
Alors comment assurer un bien-être psychologique au travail et assurer un bon équilibre à ces nouveaux cadres qui cherchent à décrocher un bon poste avantageux et aussi à jouir d'une certaine qualité de vie ? Pour éviter de tomber dans ce piège, les managers doivent veiller à la création d'une bonne ambiance de travail. Il faut s'investir à fond dans cette démarche. Actuellement, beaucoup de décideurs sous-estiment cette requête.
La guerre des talents qui est à son apogée maintenant leur donnera tort quand un profil pointu quittera l'entreprise et passera chez un concurrent qui a su répondre à ses aspirations. Il faut aider le collaborateur à s'épanouir au sein de l'entreprise, autant sur le plan professionnel que personnel, «tout en maintenant leur état de motivation», comme l'a si bien dit notre consultante Khadija Boughaba. Il faut maintenir la flamme pour garantir la fidélité d'un collaborateur à haut potentiel.
Avis de l'expert •Khadija Boughaba
Lors de vos enquêtes, la recherche de bien-être psychologique, est ce une exigence de la nouvelle génération uniquement ou est ce un souhait exprimé par les autres cadres aussi ?
Bien évidemment ; le bien être au travail devient une revendication toutes générations confondues. Ce qui ressort de nos précédentes enquêtes les conditions et l'ambiance de travail occupent une place déterminante dans le choix d'un nouvel emploi, pour les candidats, et constitue pour les collaborateurs une attente principale vis à vis de leurs employeurs. Naturellement, en fonction des générations, les critères du bien être au travail seront quelque peu nuancés.
Est ce que nos managers sont-ils conscients de l'importance du bien être au travail ?
Il est bon de rappeler que plusieurs études menées à l'international prouvent que la performance de l'entreprise est directement liée au bien être de ses employés. Ce qui est tout à fait logique car la plupart des personnes en activité passent leur temps de veille au travail. Le bien-être au travail est une combinaison de plusieurs facteurs qui vont conduire à une bonne ou mauvaise qualité de vie au travail. Que ce soit sur le plan physique ou mental, les dégâts pouvant être occasionnés sur le plan individuel par un manque de bien être au travail peuvent conduire à des cas extrêmes pour aller jusqu'au suicide. La prise de conscience de cet aspect par nos managers dans le fonctionnement de leur entreprise, fait son chemin. Cette prise de conscience est très variable selon le secteur d'activité, la taille de l'entreprise ou de l'état d'esprit des managers. Des avancées ont été également enregistrées sur le plan règlementaire pour veiller à un seuil de conditions de travail sur le plan hygiène et sécurité.
En dehors des conditions physiques, il existe de nombreuses sources affectant la santé mentale au travail, difficilement quantifiables tel le stress ou le harcèlement moral. Ce volet soulève malheureusement très peu d'intérêt, voire inexistant dans les préoccupations du management de nos entreprises. Il est temps de se pencher sérieusement sur ces aspects tant les enjeux sont importants sur le plan individuel que pour l'entreprise (le manque de productivité).
Comment veiller au maintien d'un bon climat et d'une bonne ambiance de travail?
Il est difficile de répondre à cette question de manière catégorique. Le climat et la bonne ambiance de travail sont l'aboutissement d'un travail de longue haleine ; c'est en plus un effort en continu tant ils sont fragiles et vulnérables : contenu du travail, organisation, relation de travail, environnement technique et physique des postes de travail,… Une entreprise où il fait bon vivre n'est pas le fruit du hasard, c'est une volonté du management qui veille à la mise en place d'un dispositif garantissant l'existence des conditions favorables à ses collaborateurs pour l'exercice de leur fonction, de s'épanouir sur le plan professionnel et personnel tout en maintenant leur état de motivation. Pour l'entreprise cet effort est vite récompensé par une amélioration de sa performance et la fidélisation de ses ressources humaines.
Comment améliorer l'attractivité d'une entreprise, en cette période de crise ?
L'attractivité de l'entreprise dépend de l'image qu'elle véhicule, et de l'adéquation des valeurs qu'elle affiche avec celles qui sont vécues par ses collaborateurs. Il va de soi que les entreprises qui considèrent leurs collaborateurs en tant que partenaires, tout en établissant une relation de confiance et de reconnaissance sont celles qui résistent le mieux aux aléas de la crise. En effet il s'agit de construire des relations durables pour faire face à des situations difficiles. L'attractivité d'une entreprise passe par sa capacité à créer un climat d'authenticité.
Publié le 13 Décembre 2009
Mis en ligne le 14 Décembre 2009
lematin.ma
Absentéisme, retards répétitifs, baisse de régime… autant de signes avant-coureurs. Certes, le cas de Renault (suicide) est rare chez nous, mais c'est un exemple à prendre en considération pour éviter la perte d'un bon élément qui à défaut d'être bien managé plonge dans le KO. Et ce n'est un pur hasard que la génération Y ou la «zapping generation» cherche actuellement un package en plus du salaire, ces jeunes cadres aspirent à un bien-être psychologique pour effectuer leur mission dans de bonnes conditions. Fini le temps ou les collaborateurs craignaient leur employeur et se pliaient à leurs caprices sans rechigner. Maintenant la donne a changé et un bon nombre de managers ont suivi des séances de coaching pour mieux diriger leurs équipes, les motiver et les retenir (pour le cas de profils pointus et rares).
Alors comment assurer un bien-être psychologique au travail et assurer un bon équilibre à ces nouveaux cadres qui cherchent à décrocher un bon poste avantageux et aussi à jouir d'une certaine qualité de vie ? Pour éviter de tomber dans ce piège, les managers doivent veiller à la création d'une bonne ambiance de travail. Il faut s'investir à fond dans cette démarche. Actuellement, beaucoup de décideurs sous-estiment cette requête.
La guerre des talents qui est à son apogée maintenant leur donnera tort quand un profil pointu quittera l'entreprise et passera chez un concurrent qui a su répondre à ses aspirations. Il faut aider le collaborateur à s'épanouir au sein de l'entreprise, autant sur le plan professionnel que personnel, «tout en maintenant leur état de motivation», comme l'a si bien dit notre consultante Khadija Boughaba. Il faut maintenir la flamme pour garantir la fidélité d'un collaborateur à haut potentiel.
Avis de l'expert •Khadija Boughaba
Lors de vos enquêtes, la recherche de bien-être psychologique, est ce une exigence de la nouvelle génération uniquement ou est ce un souhait exprimé par les autres cadres aussi ?
Bien évidemment ; le bien être au travail devient une revendication toutes générations confondues. Ce qui ressort de nos précédentes enquêtes les conditions et l'ambiance de travail occupent une place déterminante dans le choix d'un nouvel emploi, pour les candidats, et constitue pour les collaborateurs une attente principale vis à vis de leurs employeurs. Naturellement, en fonction des générations, les critères du bien être au travail seront quelque peu nuancés.
Est ce que nos managers sont-ils conscients de l'importance du bien être au travail ?
Il est bon de rappeler que plusieurs études menées à l'international prouvent que la performance de l'entreprise est directement liée au bien être de ses employés. Ce qui est tout à fait logique car la plupart des personnes en activité passent leur temps de veille au travail. Le bien-être au travail est une combinaison de plusieurs facteurs qui vont conduire à une bonne ou mauvaise qualité de vie au travail. Que ce soit sur le plan physique ou mental, les dégâts pouvant être occasionnés sur le plan individuel par un manque de bien être au travail peuvent conduire à des cas extrêmes pour aller jusqu'au suicide. La prise de conscience de cet aspect par nos managers dans le fonctionnement de leur entreprise, fait son chemin. Cette prise de conscience est très variable selon le secteur d'activité, la taille de l'entreprise ou de l'état d'esprit des managers. Des avancées ont été également enregistrées sur le plan règlementaire pour veiller à un seuil de conditions de travail sur le plan hygiène et sécurité.
En dehors des conditions physiques, il existe de nombreuses sources affectant la santé mentale au travail, difficilement quantifiables tel le stress ou le harcèlement moral. Ce volet soulève malheureusement très peu d'intérêt, voire inexistant dans les préoccupations du management de nos entreprises. Il est temps de se pencher sérieusement sur ces aspects tant les enjeux sont importants sur le plan individuel que pour l'entreprise (le manque de productivité).
Comment veiller au maintien d'un bon climat et d'une bonne ambiance de travail?
Il est difficile de répondre à cette question de manière catégorique. Le climat et la bonne ambiance de travail sont l'aboutissement d'un travail de longue haleine ; c'est en plus un effort en continu tant ils sont fragiles et vulnérables : contenu du travail, organisation, relation de travail, environnement technique et physique des postes de travail,… Une entreprise où il fait bon vivre n'est pas le fruit du hasard, c'est une volonté du management qui veille à la mise en place d'un dispositif garantissant l'existence des conditions favorables à ses collaborateurs pour l'exercice de leur fonction, de s'épanouir sur le plan professionnel et personnel tout en maintenant leur état de motivation. Pour l'entreprise cet effort est vite récompensé par une amélioration de sa performance et la fidélisation de ses ressources humaines.
Comment améliorer l'attractivité d'une entreprise, en cette période de crise ?
L'attractivité de l'entreprise dépend de l'image qu'elle véhicule, et de l'adéquation des valeurs qu'elle affiche avec celles qui sont vécues par ses collaborateurs. Il va de soi que les entreprises qui considèrent leurs collaborateurs en tant que partenaires, tout en établissant une relation de confiance et de reconnaissance sont celles qui résistent le mieux aux aléas de la crise. En effet il s'agit de construire des relations durables pour faire face à des situations difficiles. L'attractivité d'une entreprise passe par sa capacité à créer un climat d'authenticité.
Publié le 13 Décembre 2009
Mis en ligne le 14 Décembre 2009
lematin.ma
