Comment passer les CV au détecteur de mensonges ?

Enjoliver son parcours professionnel est presque devenu la règle en ces temps de crise. Pour vérifier les faits et démasquer les imposteurs, adoptez les méthodes des pros.

Sur le papier, Jean-Philippe Gaillard était le candidat parfait. Sauf que tout était faux ! Démasqué début 2012, cet imposteur, recruté comme directeur de l’aéroport de Limoges, avait sorti le grand jeu : faux diplômes, faux états de service, faux casier judiciaire. La chambre de commerce et d’industrie de Limoges, gestionnaire de l’aéroport, n’y avait vu que du feu. Dénoncé par une ex-compagne au bout de trois mois, l’homme a été condamné à un an de prison ferme pour escroquerie.

Sans être toujours aussi spectaculaires, les affaires de CV pipeautés ne cessent de défrayer la chronique. En mai dernier, c’est Yahoo! qui annonçait la démission de son directeur général après la mise au jour «d’inexactitudes» dans son CV : Scott Thompson s’était attribué un imaginaire diplôme en informatique. Selon une étude du cabinet Florian Mantione, 78% des candidats exagéreraient le niveau de leurs responsabilités, 62% mentiraient sur la durée de leurs emplois et 37%, sur leurs diplômes.

Or, l’enquête révèle aussi qu’une large majorité des dirigeants ne procéderait à aucun contrôle des CV. Un constat étonnant, compte tenu des enjeux. «En recrutant sans effectuer un minimum de vérifications, l’entreprise prend un risque énorme ! Et le manager responsable de l’embauche joue sa crédibilité», prévient Thierry Verdier, fondateur du cabinet 1001 Talents. Pas question, certes, de considérer tous les candidats comme des menteurs en puissance. Mais certaines précautions sont nécessaires pour s’assurer de la véracité de leur CV et de leur honnêteté.


Etudiez la cohérence du CV et traquez les formules ambiguës
Un CV semble correspondre au profil que vous recherchez ? Commencez par vérifier sa cohérence globale : le titre est-il en rapport avec le niveau d’études et les expériences passées ? Les éléments fournis sont-ils précis ? «Je me méfie toujours des indications de dates comme “2009-2010”, indique Anne Demarchi, DRH de Silec Cable. La personne peut avoir travaillé deux ans dans l’entreprise comme elle peut n’y avoir passé que deux mois ! Très souvent, cela sert à masquer des périodes d’inactivité.» Si, au contraire, ces «trous» sont flagrants ou si vous notez une évolution brutale, assurez-vous qu’ils sont expliqués. Pas question, bien sûr, de tirer des conclusions hâtives ou d’éliminer d’emblée un profil atypique ! «Mais tout ce qui n’est pas logique dans un CV doit pouvoir être justifié», estime Thierry Verdier. Qui précise aussitôt : «Un parcours à l’apparence trop lisse doit aussi éveiller la méfiance.»


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Publié le 25 février 2013.

Mis en ligne le 12 avril 2013.