Comment se faire repérer par un chasseur de tête
31 Mars 2009
Lu par 4126 personne(s)
Qui a dit qu'être contacté par un cabinet de recrutement revenait à gagner au loto ? Pour attirer l'attention des chasseurs de tête, ne comptez pas sur la chance : mettez plutôt en oeuvre 6 stratégies simples et efficaces.
Devenez un people ! C'est par la recommandation d'un ancien collègue, patron ou compagnon d'études que les chasseurs pistent souvent leurs candidats. Il faut donc devenir visible, créer le « buzz », bref devenir un « people » dans votre secteur et dans votre métier. Salons, associations, toutes les occasions sont bonnes pour parler en public et faire des rencontres ! « On est parfois connu sans le savoir », explique Bertrand qui fréquente assidûment l'Union des entreprises (UDEM) à Lorient. Mais « il ne suffit pas d'intervenir en public, nuance Michel Duvail, consultant au cabinet Bienfait et Associés. Il faut apporter du neuf ». Les associations d'anciens sont aussi à cultiver. En mettant à jour vos coordonnées dans l'annuaire – systématiquement consulté par les chasseurs - mais aussi en vous impliquant : pourquoi ne pas rencontrer les anciens qui pratiquent le même métier ?
Google et moi. Quelques mots-clés sur un moteur de recherche – par exemple un nom d'entreprise, ou de secteur - suffisent à faire remonter des idées de contacts pour un chasseur de tête. D'où l'importance de soigner votre présence sur le Web. D'abord, en vous « googlant », c'est-à-dire en tapant votre nom dans les moteurs de recherche (Google, MSN, Yahoo...). Des liens vers des sites où vous apparaissez remontent ? Tant mieux, mais reste à savoir lesquels. Certaines occurrences vous mettent en valeur... d'autres moins. « Attention aux informations un peu sensibles qui peuvent surgir, par exemple si vous avez signé une pétition », prévient Joëlle Planche-Ryan, responsable des carrières à l'association des anciens de l'ESCP-EAP. Au pire des cas, prenez contact avec le responsable du site pour faire supprimer les informations indésirables.
Bienvenue dans la CVthèque. Un CV déposé sur une Cvthèque a toutes les chances d'être consulté, surtout en ce moment, où les recruteurs ont parfois du mal à trouver des candidats. « Mais il faut l'actualiser régulièrement pour qu'il ressorte en haut des listes de résultats », conseille Jérôme, récemment repéré dans le domaine du luxe.
Autre incontournable : les sites de réseau professionnels. Viadeo, LinkedIn ou Cooptin, autant d'occasions d'afficher son profil, ses objectifs, ses compétences. Au départ, il s'agit d'échanger avec d'autres membres du réseau, mais l'intérêt est aussi de se faire approcher par un professionnel du recrutement venu faire son « marché ». « Employez les bons mots-clés sur votre profil, pour correspondre aux recherches des chasseurs », conseille Jérôme. Des mots-clés à récupérer, par exemple, sur les offres d'emploi de votre secteur... Une source précieuse pour connaître le vocabulaire utilisé par les recruteurs.
Apprivoisez les médias. Pour dénicher des candidats, les cabinets épluchent la presse spécialisée d'un métier ou d'un secteur. « Tout un travail de veille réalisé par des attachés de recherche », explique Michel Duvail. Pourquoi ne pas contacter un journaliste spécialisé et lui proposer une idée liée aux sujets qu'il couvre ? Vous aurez peut-être la surprise de faire la « une » ! En interne, si l'occasion se présente, portez-vous volontaire pour représenter votre entreprise dans les colonnes d'un journal de la presse professionnelle.
Vos efforts ont payé : vous voilà contacté. Attention, sachez que cela n'équivaut pas à une embauche ! Et le poste que l'on vous proposera ne vous intéressera pas forcément. Pour autant, abordez la rencontre avec sérieux et prenez soin de créer avec ce chasseur une relation qui va peut-être s'installer dans la durée : vous êtes désormais dans ses fichiers, et la prochaine fois sera peut-être la bonne, si vous l'avez convaincu de votre professionnalisme.
"En devenant un peu connu dans mon secteur, je me suis fait repérer par un chasseur de tête"
Pierre Martin*, directeur marketing dans l'agroalimentaire
Quand avez-vous été contacté par un chasseur ?
C'était au bureau, il y a environ 3 mois. Je reçois un e-mail me demandant un coup de main pour localiser un profil marketing. En réalité, c'était seulement une technique d'approche, et c'est bien à moi qu'ils pensaient pour leur mission.
Comment vous a-t-il identifié ?
Je n'ai jamais appliqué de stratégie délibérée pour me faire repérer, mais il est vrai qu'à mon niveau, je suis un peu connu dans mon secteur. Il m'arrive de temps en temps de m'exprimer dans les médias professionnels, et je fréquente régulièrement mon association d'anciens. Je représente très souvent mon entreprise dans les salons, partout dans le monde. Et puis, comme d'autres cadres de l'entreprise, mes coordonnées sont facilement disponibles sur notre site web. Il est possible qu'un chasseur ait fini par m'identifier par recoupements successifs.
Avez-vous finalement accepté de changer de poste ?
Je n'ai pas donné suite à la proposition. En revanche, cette expérience m'a donné envie de bouger et de travailler plus activement ma visibilité : j'ai totalement remodelé mon CV, et réfléchi à un nouvel argumentaire pour me présenter.
*Par respect de l'anonymat, les prénom et nom ont été modifiés.
Mais qui est ce chasseur ?
Sachez évaluer la qualité des chasseurs de têtes
• Un chasseur de têtes au bout du fil. Et une proposition de poste intéressante. Tout à la surprise d'avoir été repéré, le « gibier » ne pense pas toujours à bien vérifier le sérieux du cabinet de recrutement qui l'a contacté. En effet, seuls quelques grands noms comme par exemple Korn Ferry, Heidrick & Struggles ou Spencer Stuart ont une grande notoriété. A côté existent des dizaines de petits cabinets spécialisés sur un secteur d'activité ou un métier.
• Pour identifier ceux qui sont sérieux, une bonne source d'information est « Le guide des professionnels du recrutement » (Les éditions du Management) qui décrit l'activité de plusieurs dizaines de cabinets d'approche directe en France : noms des dirigeants, chiffre d'affaires et coordonnées.
• Autre signe qui ne trompe pas : la présence de la norme « NF », label de qualité, adapté au recrutement. Pour une personne contactée par un chasseur, ce label apporte des garanties. Par exemple : le CV ne sera pas transmis sans que la personne ne se déclare candidate ; la prise de contact du chasseur correspond bien à un poste et pas à la constitution d'une réserve de CV pour l'entreprise cliente ; si le cabinet vérifie les références du candidat, il le préviendra d'abord. Pour savoir si un cabinet est certifié NF, vérifiez-le sur son site ou ici.
Quand ouvrir la chasse aux chasseurs ?
Se faire approcher est aussi affaire de timing
« Avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure ». Chercher à se faire repérer par un chasseur de tête est une bonne idée. Encore faut-il le faire au bon moment. Mieux vaut démarrer les opérations quand tout va bien au travail : bien dans ses baskets, on se présente beaucoup mieux, on est porté par son entreprise et on multiplie les contacts.
Mais les entreprises en péril peuvent aussi intéresser les cabinets. « Nous surveillons les entreprises qui vont mal, admet un chasseur de têtes. Et de toute façon nous recevons beaucoup de candidatures dans ces moments là ».
Attention tout de même à ne pas attendre d'être sans emploi pour s'intéresser aux chasseurs : par définition, leur métier est de débaucher quelqu'un déjà en poste. Même si, par manque de candidats, il est possible qu'une personne en recherche soit retenue. « Tout dépend de la longueur de la recherche. Jusqu'à 6 mois, ça va, mais au-delà, notre choix est plus difficile à faire admettre à nos clients ».
Mis en ligne le 31 Mars 2009
cadres.apec.fr
Devenez un people ! C'est par la recommandation d'un ancien collègue, patron ou compagnon d'études que les chasseurs pistent souvent leurs candidats. Il faut donc devenir visible, créer le « buzz », bref devenir un « people » dans votre secteur et dans votre métier. Salons, associations, toutes les occasions sont bonnes pour parler en public et faire des rencontres ! « On est parfois connu sans le savoir », explique Bertrand qui fréquente assidûment l'Union des entreprises (UDEM) à Lorient. Mais « il ne suffit pas d'intervenir en public, nuance Michel Duvail, consultant au cabinet Bienfait et Associés. Il faut apporter du neuf ». Les associations d'anciens sont aussi à cultiver. En mettant à jour vos coordonnées dans l'annuaire – systématiquement consulté par les chasseurs - mais aussi en vous impliquant : pourquoi ne pas rencontrer les anciens qui pratiquent le même métier ?
Google et moi. Quelques mots-clés sur un moteur de recherche – par exemple un nom d'entreprise, ou de secteur - suffisent à faire remonter des idées de contacts pour un chasseur de tête. D'où l'importance de soigner votre présence sur le Web. D'abord, en vous « googlant », c'est-à-dire en tapant votre nom dans les moteurs de recherche (Google, MSN, Yahoo...). Des liens vers des sites où vous apparaissez remontent ? Tant mieux, mais reste à savoir lesquels. Certaines occurrences vous mettent en valeur... d'autres moins. « Attention aux informations un peu sensibles qui peuvent surgir, par exemple si vous avez signé une pétition », prévient Joëlle Planche-Ryan, responsable des carrières à l'association des anciens de l'ESCP-EAP. Au pire des cas, prenez contact avec le responsable du site pour faire supprimer les informations indésirables.
Bienvenue dans la CVthèque. Un CV déposé sur une Cvthèque a toutes les chances d'être consulté, surtout en ce moment, où les recruteurs ont parfois du mal à trouver des candidats. « Mais il faut l'actualiser régulièrement pour qu'il ressorte en haut des listes de résultats », conseille Jérôme, récemment repéré dans le domaine du luxe.
Autre incontournable : les sites de réseau professionnels. Viadeo, LinkedIn ou Cooptin, autant d'occasions d'afficher son profil, ses objectifs, ses compétences. Au départ, il s'agit d'échanger avec d'autres membres du réseau, mais l'intérêt est aussi de se faire approcher par un professionnel du recrutement venu faire son « marché ». « Employez les bons mots-clés sur votre profil, pour correspondre aux recherches des chasseurs », conseille Jérôme. Des mots-clés à récupérer, par exemple, sur les offres d'emploi de votre secteur... Une source précieuse pour connaître le vocabulaire utilisé par les recruteurs.
Apprivoisez les médias. Pour dénicher des candidats, les cabinets épluchent la presse spécialisée d'un métier ou d'un secteur. « Tout un travail de veille réalisé par des attachés de recherche », explique Michel Duvail. Pourquoi ne pas contacter un journaliste spécialisé et lui proposer une idée liée aux sujets qu'il couvre ? Vous aurez peut-être la surprise de faire la « une » ! En interne, si l'occasion se présente, portez-vous volontaire pour représenter votre entreprise dans les colonnes d'un journal de la presse professionnelle.
Vos efforts ont payé : vous voilà contacté. Attention, sachez que cela n'équivaut pas à une embauche ! Et le poste que l'on vous proposera ne vous intéressera pas forcément. Pour autant, abordez la rencontre avec sérieux et prenez soin de créer avec ce chasseur une relation qui va peut-être s'installer dans la durée : vous êtes désormais dans ses fichiers, et la prochaine fois sera peut-être la bonne, si vous l'avez convaincu de votre professionnalisme.
"En devenant un peu connu dans mon secteur, je me suis fait repérer par un chasseur de tête"
Pierre Martin*, directeur marketing dans l'agroalimentaire
Quand avez-vous été contacté par un chasseur ?
C'était au bureau, il y a environ 3 mois. Je reçois un e-mail me demandant un coup de main pour localiser un profil marketing. En réalité, c'était seulement une technique d'approche, et c'est bien à moi qu'ils pensaient pour leur mission.
Comment vous a-t-il identifié ?
Je n'ai jamais appliqué de stratégie délibérée pour me faire repérer, mais il est vrai qu'à mon niveau, je suis un peu connu dans mon secteur. Il m'arrive de temps en temps de m'exprimer dans les médias professionnels, et je fréquente régulièrement mon association d'anciens. Je représente très souvent mon entreprise dans les salons, partout dans le monde. Et puis, comme d'autres cadres de l'entreprise, mes coordonnées sont facilement disponibles sur notre site web. Il est possible qu'un chasseur ait fini par m'identifier par recoupements successifs.
Avez-vous finalement accepté de changer de poste ?
Je n'ai pas donné suite à la proposition. En revanche, cette expérience m'a donné envie de bouger et de travailler plus activement ma visibilité : j'ai totalement remodelé mon CV, et réfléchi à un nouvel argumentaire pour me présenter.
*Par respect de l'anonymat, les prénom et nom ont été modifiés.
Mais qui est ce chasseur ?
Sachez évaluer la qualité des chasseurs de têtes
• Un chasseur de têtes au bout du fil. Et une proposition de poste intéressante. Tout à la surprise d'avoir été repéré, le « gibier » ne pense pas toujours à bien vérifier le sérieux du cabinet de recrutement qui l'a contacté. En effet, seuls quelques grands noms comme par exemple Korn Ferry, Heidrick & Struggles ou Spencer Stuart ont une grande notoriété. A côté existent des dizaines de petits cabinets spécialisés sur un secteur d'activité ou un métier.
• Pour identifier ceux qui sont sérieux, une bonne source d'information est « Le guide des professionnels du recrutement » (Les éditions du Management) qui décrit l'activité de plusieurs dizaines de cabinets d'approche directe en France : noms des dirigeants, chiffre d'affaires et coordonnées.
• Autre signe qui ne trompe pas : la présence de la norme « NF », label de qualité, adapté au recrutement. Pour une personne contactée par un chasseur, ce label apporte des garanties. Par exemple : le CV ne sera pas transmis sans que la personne ne se déclare candidate ; la prise de contact du chasseur correspond bien à un poste et pas à la constitution d'une réserve de CV pour l'entreprise cliente ; si le cabinet vérifie les références du candidat, il le préviendra d'abord. Pour savoir si un cabinet est certifié NF, vérifiez-le sur son site ou ici.
Quand ouvrir la chasse aux chasseurs ?
Se faire approcher est aussi affaire de timing
« Avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure ». Chercher à se faire repérer par un chasseur de tête est une bonne idée. Encore faut-il le faire au bon moment. Mieux vaut démarrer les opérations quand tout va bien au travail : bien dans ses baskets, on se présente beaucoup mieux, on est porté par son entreprise et on multiplie les contacts.
Mais les entreprises en péril peuvent aussi intéresser les cabinets. « Nous surveillons les entreprises qui vont mal, admet un chasseur de têtes. Et de toute façon nous recevons beaucoup de candidatures dans ces moments là ».
Attention tout de même à ne pas attendre d'être sans emploi pour s'intéresser aux chasseurs : par définition, leur métier est de débaucher quelqu'un déjà en poste. Même si, par manque de candidats, il est possible qu'une personne en recherche soit retenue. « Tout dépend de la longueur de la recherche. Jusqu'à 6 mois, ça va, mais au-delà, notre choix est plus difficile à faire admettre à nos clients ».
Mis en ligne le 31 Mars 2009
cadres.apec.fr
