Entreprise sans chef: "Il y a des gens faits pour diriger".
25 Janvier 2012
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Doit-on virer tous les patrons? Non, répondent la plupart des internautes de l'EXPRESS.fr, peu tentés par le modèle de l'entreprise sans chefs.
Rêve ou cauchemar? Le modèle de l'entreprise sans hiérarchie, récemment défendu par un professeur en management américain, laisse globalement sceptique les internautes de L'EXPRESS.fr. Pour certains, une organisation ne peut pas se passer de chef. "Il me semble que dans chaque communauté, il faut un dirigeant. Comme dans toute société il faut des règles", proclame Christine Payet.
Sans chef, comment transmettre les ordres ou prendre des décisions? s'interroge aussi Jean Jacques Ewe. "Pour le moment, la vision du lendemain semble être incarnée par le top décideur. A plusieurs, je me demande bien comment l'on valide une feuille de route. Quand je vois la prise de décision, je pense automatiquement à une pléthore d'analyses à faire et de risques à prendre. Et, ce n'est pas évident d'être à la fois très opérationnel, bon donneur d'ordre, bon manager..."
D'autres sont rassurés par un patron capable d'assumer les difficultés dans la tourmente. "Il y a patron ET patron", assure sodalefou, convaincu que, sans le sien, il serait surement au chômage. "Il y a des gens qui sont fait pour diriger et d'autres pour être dirigés", tranche même M'sieur Souchi, exemple à l'appui. "J'ai vu progresser et décliner en 10 ans, en face de chez moi, une pizzeria qui a été gérée par 3 patrons différents. L'emplacement et les conditions étaient les mêmes et pourtant cette affaire se portait bien avec le premier patron, en forte progression avec le 2e patron et a fini par fermer avec le 3e. Une personne influence vraiment la gestion d'une équipe et d'une affaire. N'en déplaise à ceux qui pensent que les patrons ne servent qu'à s'en mettre plein les poches!" raconte-t-il.
Seule note discordante, l'analyse de Thierry Maurel, aux accords quasi marxistes. "Dans l'absolu on peut se passer de patrons, mais pas de l'outil de production ni de ceux qui le font tourner. De plus, n'oublions pas qu'une entreprise est calquée sur une structure dictatoriale assumée et qu'il est de bon ton, normalement, de combattre les dictatures par ailleurs. Non le "patron" avec toutes les valeurs napoléoniennes autoritaires qu'elles colportent, n'est pas souhaitable", plaide-t-il.
La plupart s'accordent à dire que le modèle ne peut pas s'appliquer à toutes les entreprises. "Ca dépend de la motivation des employés" mais aussi "du salaire", commentent Bons plans pour gagner et Franck Fernandez.
D'autres jugent le modèle applicable... ailleurs qu'en France. "Je demande à voir ce que donnerait ce concept dans notre pays, déjà qu'avec des patrons les gens sont des tire-au-flanc", ironise danlib69, rejoint par gaston: "C'est possible au Etats-Unis car il y a une mentalité d'entreprise, mais pas en France où la mentalité est plutôt (à quelques exceptions près) une mentalité de fonctionnaires-CDI-syndicats"...
Palic14 veut pourtant y croire: "Une entreprise sans chef, c'est effectivement possible, encore faut-il une sélection des collaborateurs car prendre ses propres responsabilités n'est pas à la portée de tous." L'internaute prend pour exemple les Scop, mode d'organisation qui se rapproche du principe de l'entreprise sans chefs: "Cela fonctionne plutôt bien."
Floriane Salgues.
L'express.fr
Publié le 13 janvier 2012.
Mis en ligne le 25 janvier 2012.
Rêve ou cauchemar? Le modèle de l'entreprise sans hiérarchie, récemment défendu par un professeur en management américain, laisse globalement sceptique les internautes de L'EXPRESS.fr. Pour certains, une organisation ne peut pas se passer de chef. "Il me semble que dans chaque communauté, il faut un dirigeant. Comme dans toute société il faut des règles", proclame Christine Payet.
Sans chef, comment transmettre les ordres ou prendre des décisions? s'interroge aussi Jean Jacques Ewe. "Pour le moment, la vision du lendemain semble être incarnée par le top décideur. A plusieurs, je me demande bien comment l'on valide une feuille de route. Quand je vois la prise de décision, je pense automatiquement à une pléthore d'analyses à faire et de risques à prendre. Et, ce n'est pas évident d'être à la fois très opérationnel, bon donneur d'ordre, bon manager..."
D'autres sont rassurés par un patron capable d'assumer les difficultés dans la tourmente. "Il y a patron ET patron", assure sodalefou, convaincu que, sans le sien, il serait surement au chômage. "Il y a des gens qui sont fait pour diriger et d'autres pour être dirigés", tranche même M'sieur Souchi, exemple à l'appui. "J'ai vu progresser et décliner en 10 ans, en face de chez moi, une pizzeria qui a été gérée par 3 patrons différents. L'emplacement et les conditions étaient les mêmes et pourtant cette affaire se portait bien avec le premier patron, en forte progression avec le 2e patron et a fini par fermer avec le 3e. Une personne influence vraiment la gestion d'une équipe et d'une affaire. N'en déplaise à ceux qui pensent que les patrons ne servent qu'à s'en mettre plein les poches!" raconte-t-il.
Seule note discordante, l'analyse de Thierry Maurel, aux accords quasi marxistes. "Dans l'absolu on peut se passer de patrons, mais pas de l'outil de production ni de ceux qui le font tourner. De plus, n'oublions pas qu'une entreprise est calquée sur une structure dictatoriale assumée et qu'il est de bon ton, normalement, de combattre les dictatures par ailleurs. Non le "patron" avec toutes les valeurs napoléoniennes autoritaires qu'elles colportent, n'est pas souhaitable", plaide-t-il.
La plupart s'accordent à dire que le modèle ne peut pas s'appliquer à toutes les entreprises. "Ca dépend de la motivation des employés" mais aussi "du salaire", commentent Bons plans pour gagner et Franck Fernandez.
D'autres jugent le modèle applicable... ailleurs qu'en France. "Je demande à voir ce que donnerait ce concept dans notre pays, déjà qu'avec des patrons les gens sont des tire-au-flanc", ironise danlib69, rejoint par gaston: "C'est possible au Etats-Unis car il y a une mentalité d'entreprise, mais pas en France où la mentalité est plutôt (à quelques exceptions près) une mentalité de fonctionnaires-CDI-syndicats"...
Palic14 veut pourtant y croire: "Une entreprise sans chef, c'est effectivement possible, encore faut-il une sélection des collaborateurs car prendre ses propres responsabilités n'est pas à la portée de tous." L'internaute prend pour exemple les Scop, mode d'organisation qui se rapproche du principe de l'entreprise sans chefs: "Cela fonctionne plutôt bien."
Floriane Salgues.
L'express.fr
Publié le 13 janvier 2012.
Mis en ligne le 25 janvier 2012.
