Les clés pour bien manager votre manager
4 Novembre 2008
Lu par 1678 personne(s)
Lors de votre période d'essai, il vous faudra vous investir dans vos missions, trouver votre place dans l'équipe... et travailler avec votre nouveau manager. La réussite de cette relation dépend aussi de vous.
Des responsabilités partagées
Un manager qui accueille un jeune diplômé dans son équipe doit faciliter son intégration pour l’aider à développer le potentiel sur lequel l’entreprise a parié. De son côté, le nouveau venu a besoin que l’on évalue sérieusement son travail et, dans l’idéal, que l’on partage au quotidien sa découverte de l’entreprise. Avec un objectif : prendre de l’assurance et préparer une montée en responsabilité qui le mènera à son second poste. Si certaines entreprises ont mis en place de véritables parcours d’intégration, dans la plupart des cas, vous devrez trouver vous-même le mode d’emploi de votre relation avec votre manager. La difficulté ? Savoir vous positionner face à lui comme un professionnel responsable. Pas facile lorsque l’on est quasi novice…
Dialogue et pro-activité
Lorsque Lucie, contrôleuse de gestion diplômée de l’ESCP-EAP, a pris son poste, son manager, débordé, n’a pas pu la recevoir avant deux semaines. "Je n’osais pas l’aborder", reconnaît-elle. Puis la rencontre tant attendue a eu lieu. "Il a pris tout le temps nécessaire et m’a très bien expliqué ma mission". Le secret d’une bonne relation tient en un mot : le dialogue. Si les missions, les moyens, les objectifs n’ont pas été clairement définis pendant l’entretien d’embauche, sollicitez rapidement votre manager sur ces points pour comprendre ce que l’on attend de vous. Quitte à vous montrer pro-actif en osant aller vers les autres et chercher les bonnes informations. En face à face avec votre responsable, vous ferez valider votre travail et tenterez de glaner quelques informations complémentaires.
Décrypter la culture de l’entreprise
Certains managers se montrent cependant absents ou peu engageants, bref, difficiles à aborder. Faut-il frapper à leur porte, prendre rendez-vous ? Ecrire un mail ? Si le contact tarde à s’établir, une seule issue pour ne pas commettre d’impair : observer les relations entre salariés dans l’entreprise et vous conformer à ce mode de fonctionnement. Un exemple : si tous vos collègues quittent leur travail à 18h, partir à 20h chaque soir peut légitimement être perçu comme un excès de zèle…
Lorsque le manager se montre disponible, la relation est plus simple, mais profitez-en pour apprendre rapidement à gagner en autonomie. "J’avais pris l’habitude de lister mes questions et de le voir une fois par jour, se souvient Lucie, puis il m’a fait comprendre que ce n’était plus la peine de tout lui faire valider et il me l’a dit clairement en entretien annuel." Des initiatives, c’est aussi ce qu’attend Jean-Pierre Le Calvez, directeur des ventes chez Philips. "Au début, précise-t-il, on demande au débutant de se conformer au modèle dominant, puis peu à peu on attend qu’il se dise "On m’a donné des moyens, et moi, j’apporte quoi ? Ai-je rempli mes objectifs ? Ai-je montré mon potentiel en allant au-delà de mes missions ? Ai-je été moteur, novateur ?" Pour faire de votre premier manager votre meilleur ambassadeur dans l’entreprise, montrez-vous enthousiaste et proposez des solutions pour améliorer l’organisation de votre travail… mais toujours avec diplomatie. Par exemple, si vous effectuez un reporting par email, vous pouvez suggérer de faire le point en face-à-face de temps en temps avec votre manager.
Comment bien gérer son premier manager
Votre contrat à peine signé, vous voilà confronté à un nouveau défi : réussir votre intégration dans l'entreprise et surtout établir une relation favorable et constructive avec votre premier manager. Nos conseils pour y parvenir...
Comment un jeune diplômé doit-il "gérer" son premier manager ?
C’est un objectif bien ambitieux que de vouloir gérer son manager. J’inviterais davantage un jeune à s’interroger sur sa place dans cette relation. Ce n’est pas toujours facile de passer du statut d’étudiant à celui de stagiaire, puis de se positionner comme salarié qui doit développer son autonomie, sa prise de responsabilité et ne pas tout attendre des autres.
Comment établir une relation favorable dès le départ ?
Les bases se posent lors de l’entretien d’embauche : le candidat doit poser des questions sur ses missions, ses responsabilités, ses objectifs. Pendant sa période d’essai, lorsque le jeune diplômé sollicite son manager sur ces points, il doit adopter une attitude constructive, sur le mode "ce qu’il me faudrait pour être opérationnel plus rapidement, c’est…", plutôt que "je ne comprends pas ce que vous attendez de moi".
Comment se faire bien voir de son manager ?
Sur la forme, le jeune diplômé a intérêt à observer le mode de fonctionnement de l’équipe pour s’imprégner de la culture d’entreprise et éviter des maladresses. Sur le fond, il lui faut rapidement convaincre qu’il ne fait pas les choses uniquement parce qu’on les lui demande, il doit témoigner de sa volonté de s’engager, notamment en proposant des solutions pour améliorer l’organisation de sa mission, manifester son intérêt pour son métier. Mais ses initiatives doivent être communiquées avec tact. On attend du jeune diplômé un regard neuf, pas qu’il s’oppose à l’équipe ou révolutionne toute l’entreprise !
Comment concevez-vous votre rôle de manager auprès des jeunes diplômés ?
Sur les chantiers, l’essentiel, c’est le travail en équipe. Mon objectif n°1, c’est donc de veiller à l’intégration du jeune diplômé en lui réservant le meilleur accueil. Je favorise toutes les activités extraprofessionnelles : si l’équipe veut terminer un peu plus tôt pour faire un jogging, je trouve ça très bien. Je cherche aussi à le protéger, au début, de la pression et des conflits du chantier pour lui permettre de prendre des responsabilités en douceur, sans le décourager.
Que peuvent-ils attendre de vous au quotidien ?
L’intérêt de l’entreprise, c’est de régler les problèmes rapidement. La porte de mon bureau est toujours ouverte, sur le chantier, pour aider un débutant à trouver des réponses aux difficultés qu’il rencontre. C’est normal, quand on sort de l’école, de ne pas tout savoir ! Les six premiers mois, je suis très pédagogue : si ses solutions ne conviennent pas, j’explique calmement comment il faudrait faire. Ensuite, s’il choisit toujours la solution la plus compliquée et la plus chère pour l’entreprise ou s’il ne s’intègre pas bien dans l’équipe, cela devient problématique, et je dois me montrer plus ferme.
Quelles qualités aimez-vous trouver chez un jeune diplômé ?
La motivation, l’énergie, la volonté de faire corps avec l’équipe, l’envie d’en faire plus ! Le profil prometteur, c’est celui qui connaît déjà tout le monde au bout d’une semaine, qui a une capacité d’analyse et de synthèse, le sens des priorités et surtout du bon sens pour apporter des réponses simples et adaptées aux problèmes qu’il rencontre.
"Mon premier manager a su me donner confiance en moi "
Quel souvenir gardez-vous de vos débuts avec votre manager ?
Excellent ! C’est lui, en tant que consultant senior du pôle, qui m’a recrutée. Pendant l’entretien, il avait été très clair sur ce qu’il attendait de moi : le travail doit être bien fait et dans les temps. Il m’a donné des exemples de missions sur lesquelles je pourrais intervenir et m’a précisé qu’il ne faudrait pas hésiter à lui poser des questions. Embauchée sans formation spécifique à la communication, c’était l’idéal pour moi de commencer aux côtés de quelqu’un qui ait de l’expérience et qui soit assez disponible pour m’en faire profiter.
Comment, concrètement, le sollicitiez-vous ?
Très simplement, d’autant plus que nos bureaux sont proches. Puisqu’il m’avait dit que je pouvais le voir si je rencontrais une difficulté, je n’ai jamais hésité à lui poser des questions. Comme il s’est montré constamment disponible et n’a jamais manifesté d’impatience, j’ai toujours fonctionné ainsi. Cela correspond à sa personnalité de privilégier la communication, l’échange.
Qu’a fait votre manager pour faciliter vos premiers pas dans l’entreprise ?
Il a évalué régulièrement mon travail, soulignant ce qui lui convenait ou non, m’expliquant comment je devais procéder. Il a su m’apprendre mon métier, et surtout me donner confiance en moi. J’ai pu évoluer en douceur avec des repères solides, assumant de plus en plus de responsabilités. À présent, lorsque j’ai une stagiaire, je m’efforce de lui accorder la même disponibilité.
Mis en ligne le 4 Novembre 2008
apec.fr
Des responsabilités partagées
Un manager qui accueille un jeune diplômé dans son équipe doit faciliter son intégration pour l’aider à développer le potentiel sur lequel l’entreprise a parié. De son côté, le nouveau venu a besoin que l’on évalue sérieusement son travail et, dans l’idéal, que l’on partage au quotidien sa découverte de l’entreprise. Avec un objectif : prendre de l’assurance et préparer une montée en responsabilité qui le mènera à son second poste. Si certaines entreprises ont mis en place de véritables parcours d’intégration, dans la plupart des cas, vous devrez trouver vous-même le mode d’emploi de votre relation avec votre manager. La difficulté ? Savoir vous positionner face à lui comme un professionnel responsable. Pas facile lorsque l’on est quasi novice…
Dialogue et pro-activité
Lorsque Lucie, contrôleuse de gestion diplômée de l’ESCP-EAP, a pris son poste, son manager, débordé, n’a pas pu la recevoir avant deux semaines. "Je n’osais pas l’aborder", reconnaît-elle. Puis la rencontre tant attendue a eu lieu. "Il a pris tout le temps nécessaire et m’a très bien expliqué ma mission". Le secret d’une bonne relation tient en un mot : le dialogue. Si les missions, les moyens, les objectifs n’ont pas été clairement définis pendant l’entretien d’embauche, sollicitez rapidement votre manager sur ces points pour comprendre ce que l’on attend de vous. Quitte à vous montrer pro-actif en osant aller vers les autres et chercher les bonnes informations. En face à face avec votre responsable, vous ferez valider votre travail et tenterez de glaner quelques informations complémentaires.
Décrypter la culture de l’entreprise
Certains managers se montrent cependant absents ou peu engageants, bref, difficiles à aborder. Faut-il frapper à leur porte, prendre rendez-vous ? Ecrire un mail ? Si le contact tarde à s’établir, une seule issue pour ne pas commettre d’impair : observer les relations entre salariés dans l’entreprise et vous conformer à ce mode de fonctionnement. Un exemple : si tous vos collègues quittent leur travail à 18h, partir à 20h chaque soir peut légitimement être perçu comme un excès de zèle…
Lorsque le manager se montre disponible, la relation est plus simple, mais profitez-en pour apprendre rapidement à gagner en autonomie. "J’avais pris l’habitude de lister mes questions et de le voir une fois par jour, se souvient Lucie, puis il m’a fait comprendre que ce n’était plus la peine de tout lui faire valider et il me l’a dit clairement en entretien annuel." Des initiatives, c’est aussi ce qu’attend Jean-Pierre Le Calvez, directeur des ventes chez Philips. "Au début, précise-t-il, on demande au débutant de se conformer au modèle dominant, puis peu à peu on attend qu’il se dise "On m’a donné des moyens, et moi, j’apporte quoi ? Ai-je rempli mes objectifs ? Ai-je montré mon potentiel en allant au-delà de mes missions ? Ai-je été moteur, novateur ?" Pour faire de votre premier manager votre meilleur ambassadeur dans l’entreprise, montrez-vous enthousiaste et proposez des solutions pour améliorer l’organisation de votre travail… mais toujours avec diplomatie. Par exemple, si vous effectuez un reporting par email, vous pouvez suggérer de faire le point en face-à-face de temps en temps avec votre manager.
Comment bien gérer son premier manager
Votre contrat à peine signé, vous voilà confronté à un nouveau défi : réussir votre intégration dans l'entreprise et surtout établir une relation favorable et constructive avec votre premier manager. Nos conseils pour y parvenir...
Comment un jeune diplômé doit-il "gérer" son premier manager ?
C’est un objectif bien ambitieux que de vouloir gérer son manager. J’inviterais davantage un jeune à s’interroger sur sa place dans cette relation. Ce n’est pas toujours facile de passer du statut d’étudiant à celui de stagiaire, puis de se positionner comme salarié qui doit développer son autonomie, sa prise de responsabilité et ne pas tout attendre des autres.
Comment établir une relation favorable dès le départ ?
Les bases se posent lors de l’entretien d’embauche : le candidat doit poser des questions sur ses missions, ses responsabilités, ses objectifs. Pendant sa période d’essai, lorsque le jeune diplômé sollicite son manager sur ces points, il doit adopter une attitude constructive, sur le mode "ce qu’il me faudrait pour être opérationnel plus rapidement, c’est…", plutôt que "je ne comprends pas ce que vous attendez de moi".
Comment se faire bien voir de son manager ?
Sur la forme, le jeune diplômé a intérêt à observer le mode de fonctionnement de l’équipe pour s’imprégner de la culture d’entreprise et éviter des maladresses. Sur le fond, il lui faut rapidement convaincre qu’il ne fait pas les choses uniquement parce qu’on les lui demande, il doit témoigner de sa volonté de s’engager, notamment en proposant des solutions pour améliorer l’organisation de sa mission, manifester son intérêt pour son métier. Mais ses initiatives doivent être communiquées avec tact. On attend du jeune diplômé un regard neuf, pas qu’il s’oppose à l’équipe ou révolutionne toute l’entreprise !
Comment concevez-vous votre rôle de manager auprès des jeunes diplômés ?
Sur les chantiers, l’essentiel, c’est le travail en équipe. Mon objectif n°1, c’est donc de veiller à l’intégration du jeune diplômé en lui réservant le meilleur accueil. Je favorise toutes les activités extraprofessionnelles : si l’équipe veut terminer un peu plus tôt pour faire un jogging, je trouve ça très bien. Je cherche aussi à le protéger, au début, de la pression et des conflits du chantier pour lui permettre de prendre des responsabilités en douceur, sans le décourager.
Que peuvent-ils attendre de vous au quotidien ?
L’intérêt de l’entreprise, c’est de régler les problèmes rapidement. La porte de mon bureau est toujours ouverte, sur le chantier, pour aider un débutant à trouver des réponses aux difficultés qu’il rencontre. C’est normal, quand on sort de l’école, de ne pas tout savoir ! Les six premiers mois, je suis très pédagogue : si ses solutions ne conviennent pas, j’explique calmement comment il faudrait faire. Ensuite, s’il choisit toujours la solution la plus compliquée et la plus chère pour l’entreprise ou s’il ne s’intègre pas bien dans l’équipe, cela devient problématique, et je dois me montrer plus ferme.
Quelles qualités aimez-vous trouver chez un jeune diplômé ?
La motivation, l’énergie, la volonté de faire corps avec l’équipe, l’envie d’en faire plus ! Le profil prometteur, c’est celui qui connaît déjà tout le monde au bout d’une semaine, qui a une capacité d’analyse et de synthèse, le sens des priorités et surtout du bon sens pour apporter des réponses simples et adaptées aux problèmes qu’il rencontre.
"Mon premier manager a su me donner confiance en moi "
Quel souvenir gardez-vous de vos débuts avec votre manager ?
Excellent ! C’est lui, en tant que consultant senior du pôle, qui m’a recrutée. Pendant l’entretien, il avait été très clair sur ce qu’il attendait de moi : le travail doit être bien fait et dans les temps. Il m’a donné des exemples de missions sur lesquelles je pourrais intervenir et m’a précisé qu’il ne faudrait pas hésiter à lui poser des questions. Embauchée sans formation spécifique à la communication, c’était l’idéal pour moi de commencer aux côtés de quelqu’un qui ait de l’expérience et qui soit assez disponible pour m’en faire profiter.
Comment, concrètement, le sollicitiez-vous ?
Très simplement, d’autant plus que nos bureaux sont proches. Puisqu’il m’avait dit que je pouvais le voir si je rencontrais une difficulté, je n’ai jamais hésité à lui poser des questions. Comme il s’est montré constamment disponible et n’a jamais manifesté d’impatience, j’ai toujours fonctionné ainsi. Cela correspond à sa personnalité de privilégier la communication, l’échange.
Qu’a fait votre manager pour faciliter vos premiers pas dans l’entreprise ?
Il a évalué régulièrement mon travail, soulignant ce qui lui convenait ou non, m’expliquant comment je devais procéder. Il a su m’apprendre mon métier, et surtout me donner confiance en moi. J’ai pu évoluer en douceur avec des repères solides, assumant de plus en plus de responsabilités. À présent, lorsque j’ai une stagiaire, je m’efforce de lui accorder la même disponibilité.
Mis en ligne le 4 Novembre 2008
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