L'hyper-stress en entreprise : "Les n+1 sont les plus stressés dans l’entreprise"
1 Février 2008
Lu par 1360 personne(s)
Entretien avec Anne-Marie Cariou, psychologue, consultante au sein du cabinet Stimulus, spécialisé dans la lutte contre le stress en entreprise.
Peut-on parler d’un bon stress comme d’un bon cholestérol ?
Le stress ne doit pas être diabolisé. Le bon stress c’est celui qui nous permet d’avancer, d’évacuer la pression sous forme anticipative. On prévisualise mentalement les situations difficiles ou conflictuelles de manière à les surmonter en amont, à « froid ». On désamorce ainsi ses éventuels effets paralysants. Cela étant, il faut bien voir qu’il est compliqué de vouloir modéliser le comportement humain face au stress. Car chacun y fait face à sa façon : certains opteront pour la fuite et d’autres pour le combat. On remarque même que certains individus se complaisent dans le stress : ils recherchent ces situations tendues en considérant qu’elles les aident à avancer.
Attention toutefois au retour de bâton : on ne peut impunément se « mettre la pression ». C’est très usant à la longue, tant physiquement que psychologiquement. Sans plages de récupération conséquentes et à intervalles réguliers, on s’expose, entre autres, à des troubles somatiques sévères (artériels, digestifs, immunitaires dermatologiques et musculosquelétiques).
Quelles sont les personnes les plus exposées au stress dans le monde de l’entreprise ?
Sans conteste, les n+1, les managers d’encadrement au 1er échelon. Ceux-là subissent en effet une double pression : l’une venant du haut de leurs propres supérieurs et l’autre, venant du bas, issue de leurs collaborateurs. Pris en étau entre ces deux couches, aux intérêts parfois antagonistes, ils ont du mal à en s’en extirper. D’autant plus qu’ils sont rarement décisionnaires et qu’ils ne peuvent mettre en place tout seuls leur propres solutions.
Comment aider ces salariés soumis à un stress intense et persistant ?
D’abord, il faut s’efforcer de donner du sens à leur mission. Leur donner les clés de lecture, leur faire part des retours. En somme, ne pas les laisser se démener seuls à leur échelon organisationnel. Ensuite, la direction doit être très vigilante sur le plan RH : placer la bonne personne, au bon moment, à la bonne place.
Mis en ligne le 4 février 2008
L’Expansion
Attention toutefois au retour de bâton : on ne peut impunément se « mettre la pression ». C’est très usant à la longue, tant physiquement que psychologiquement. Sans plages de récupération conséquentes et à intervalles réguliers, on s’expose, entre autres, à des troubles somatiques sévères (artériels, digestifs, immunitaires dermatologiques et musculosquelétiques).
Quelles sont les personnes les plus exposées au stress dans le monde de l’entreprise ?
Sans conteste, les n+1, les managers d’encadrement au 1er échelon. Ceux-là subissent en effet une double pression : l’une venant du haut de leurs propres supérieurs et l’autre, venant du bas, issue de leurs collaborateurs. Pris en étau entre ces deux couches, aux intérêts parfois antagonistes, ils ont du mal à en s’en extirper. D’autant plus qu’ils sont rarement décisionnaires et qu’ils ne peuvent mettre en place tout seuls leur propres solutions.
Comment aider ces salariés soumis à un stress intense et persistant ?
D’abord, il faut s’efforcer de donner du sens à leur mission. Leur donner les clés de lecture, leur faire part des retours. En somme, ne pas les laisser se démener seuls à leur échelon organisationnel. Ensuite, la direction doit être très vigilante sur le plan RH : placer la bonne personne, au bon moment, à la bonne place.
Mis en ligne le 4 février 2008
L’Expansion
