Risk Manager

Entreprise, vos risques, notre affaire ! Le Risk Manager identifie, analyse et quantifie les risques que peut générer l'activité de l'entité.

La fonction Risk Manager est encore très jeune dans l'entreprise marocaine. Quand elle existe, le nombre moyen de personnes qui y sont dédiées reste faible par rapport aux standards internationaux. Les morrocan Risk Managers sont « le plus souvent rattachés à la Présidence ou à la Direction générale, parfois au Secrétariat général.

Et dans les structures qui venaient de mettre en place un dispositif de Risk Management, la fonction est regroupée avec l'audit interne », selon une enquête sur l'émergence du Risk Management et du Contrôle Interne au Maroc, commanditée par l'Association Marocaine pour le Risk Management (AMRIM). Bien plus, il y a, globalement, une absence d'articulations claires entre la gestion des risques, le contrôle interne et l'audit.

Missions

Quoi qu'il en soit, la mission principale d'un Risk Manager consiste à identifier, analyser et quantifier les risques que peut générer l'activité de l'entreprise, en mettant en œuvre des techniques sophistiquées : modèles financiers, simulations, exploitation de bases de données économiques et financières. A chaque étape, le Risk Manager essaye de prévoir quel type d'incident peut survenir, son taux de probabilité et ses conséquences en observant dans ses moindres détails le procédé industriel de l'entreprise.

Sur cette base, le Risk Manager demeure le conseiller privilégié de la direction générale de l'entreprise sur la meilleure façon de gérer les risques fortuits (accident, incendie, vol...) et les dangers liés à des décisions stratégiques (lancement d'un produit, programme d'investissement...), en proposant une politique de prévention (plan d'intervention d'urgence...) et de financement des risques et sinistres potentiels (assurances). Ce faisant, il donne aux décideurs les éléments d'information nécessaires pour éviter de faire fausse route. Il fait également office d'interlocuteur vis-à-vis des sociétés d'assurances, négocie avec des courtiers et des agents généraux.

Formations

Vu ces missions, « plus personne ne doute actuellement, au Maroc, de l'importance capitale de cette fonction dans le pilotage global de l'entreprise ». Pourtant un problème de taille fait face à sa croissance. En effet, il y a « une véritable pénurie de profils, voire une absence », selon l'enquête de l'AMRIM. Par conséquent, les entreprises marocaines pratiquent souvent la promotion interne et élargissent progressivement le champ d'actions de la fonction. Pour faire face à cette problématique, l'Ecole Hassania des Travaux Publics (EHTP) a initié un Diplôme Supérieur en Risk Management, parrainé par l'AMRIM et prépare à la certification internationale ARM 54. Une certification qui prépare l'apprenant à une mise en œuvre efficace de la gestion des risques au sein de l'entreprise. Par ailleurs, d'autres diplômes spécialisés existent aussi en France, dans les grandes écoles et universités.

Ces diplômes sont accessibles pour des personnes ayant des formations d'ingénieur ou école de commerce, avec de préférence une expérience de 5 ans au moins en entreprise. Ces formations sont de nature à procurer un solide bagage technique aux apprenants dans les domaines juridiques, financiers, économiques, fiscaux…

Outre la formation, cette « fonction requiert certaines compétences comportementales et aptitudes professionnelles et personnelles indispensables comme le leadership, des capacités certaines en communication, un esprit critique ou encore la discrétion », tient à préciser Mountasser Fassi Fihri, président de l'Association Marocaine pour le Risk Management (AMRIM). Le Risk Manager doit avoir également l'esprit en éveil, être constamment à l'écoute de ce qui se passe dans son entreprise et ailleurs, être curieux et capable de résister à l'entourage.

Après des années d'expérience, pour évoluer, « le risk-manager n'a que l'embarras du choix pour s'orienter », confirme un consultant. Il peut s'orienter vers le consulting indépendant, l'expertise technique au sein des compagnies d'assurances. Mais le mieux serait de se mettre à son propre compte en créant ou en reprenant une agence ou un cabinet de courtage.

Motivations et objectifs

Les entreprises pionnières au Maroc ont créé la fonction Risk Manager il y a environ 4 ou 5 ans. L'intégration de cette fonction est expliquée notamment par les évolutions règlementaires (Bâle II dans les banques), par la volonté des actionnaires ayant adopté un nouveau système de gouvernance et par l'arrivée d'une nouvelle équipe dirigeante. La pression des marchés et de la concurrence, et l'augmentation des coûts d'assurance ne sont pas en reste. Dans l'enquête sur l'émergence du Risk Management et du Contrôle Interne au Maroc, commanditée par l'Association Marocaine pour le Risk Management (AMRIM), il relève que le Management des risques s'intègre tout à fait dans le système de management de bon nombre d'entreprises marocaines.

Il s'agit d'accompagner les décisions du Haut Management en lui apportant la dimension « risque » et en second lieu, il s'agit d'affiner les analyses de risques : plus exhaustive, plus structurée, traitant des risques connus ou non connus, des risques assurables ou non, des risques internes ou externes, du caractère «systémique» de ces derniers…

Redouane Chakir
Publié le 28 Décembre 2008

Mis en ligne le 6 Mars 2009

lematin.ma