Tunisie : Le plan pour booster les exportations textiles, serait-il adapté ?
9 Février 2009
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Selon des experts économiques, la reprise de l’économie américaine pourrait intervenir à partir de la fin de l’année en cours, l’économie de la zone Euro, pourrait, quant à elle, commencer à reprendre son souffle à compter du deuxième semestre de 2010. Les entreprises exportatrices tunisiennes pourraient alors reprendre leurs activités à 100%, mais en attendant, les experts ne cessent d’essayer de sonder les issues possibles pour donner aux deux secteurs les plus touchés, à savoir celui des composants automobiles et du textile& habillement, non seulement les moyens mais aussi et surtout des idées. Et des idées il y en a. Même si elles ne sont pas le fait de Tunisiens, elles proviennent notamment de gens qui connaissent le secteur, ses problèmes, ses défaillances et ses horizons. Et c’est le cas de Jean François Limantour, président du Cercle Euro- Méditerranéen du Textile et de l’Habillement, qui a présenté aux autorités tunisiennes, un plan de promotion des exportations du secteur textile- habillement durant les trois prochaines années (2009-2011). Ce plan, qui repose sur 25 recommandations stratégiques, aspire à garantir 4% de plus de croissance du secteur et porter ainsi ses revenus à 5.8 Milliards DT à l’horizon 2011.
Améliorer la promotion via la mobilisation des ressources humaines et financières, mais aussi par la solidarité
Ce plan que J.F.Limantour avait présenté lors de la journée organisée par les instances intéressées par le secteur textile (Fenatex, Cettex, Cepex) au cours de la semaine écoulée, repose essentiellement sur quatre points. Ces clés du succès sont essentiellement la mobilisation de ressources humaines et financières, le professionnalisme, la solidarité, la concertation et la valorisation de l’offre tunisienne. Pour cet expert international, ces quatre éléments sont les meilleurs débuts pour faire face à une baisse attendue des exportations de l’ordre de 8% et une consommation en baisse de 4%, qui vont engendrer par la suite des phénomènes de déstockage, des baisses de prix et des pressions sur les managers des entreprises. Pour surmonter les éventuelles difficultés, le président du « Cedith » propose un plan d’action en quatre axes. L’organisation, qui désormais devrait adopter de nouvelles méthodes de gestion de plan, dont notamment la création d’un département textile « musclé » au sein du Cepex (Centre de Promotion des Exportations) et qui intègre trois responsables géographiques, outre un responsable « Texmed » qui se chargerait des séminaires organisés dans le secteur, soit une sorte de veille.
Quant au deuxième élément du plan, à savoir celui de l’information, J.F. Limantour suggère de créer un dispositif d’information qui mettra en réseau les entreprises d’ici quatre mois, ainsi que la création d’un site web qui comprendrait entre autres une banque sectorielle du secteur T/H tunisien, une banque de données sur les fournisseurs textiles, une autre sur les distributeurs, une bourse d’affaires ainsi que des éléments de veille économique. L’image et la communication ne sont pas des éléments moins intéressants, souligne J.F Limantour, et le lancement d’un plan média est presque une obligation. Selon lui, il faudrait tout d’abord commencer par deux plans médias qui viseraient la France et l’Italie (les deux plus importants marchés de la Tunisie). L’expert suggère, par ailleurs, l’organisation de trois événements, à savoir le « Med Fashion Week », les « Med Textile Business Days » et le « Festival Méditerranéen de la Mode ». Les deux autres piliers du plan d’action proposé par J.F.Limantour reposent sur la bonne promotion des produits tunisiens ainsi que la mise en évidence de la compétitivité du site tunisien et son respect des normes environnementales.
Un plan d’action selon les propriétés et les caractéristiques de chaque marché
Pour lui, les actions de promotion qui doivent être menées doivent tout d’abord être concentrées sur les marchés hautement qualifiés, à savoir ceux de la France et de l’Italie, ensuite sur les marchés prioritaires, à savoir ceux de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas. Il note par ailleurs qu’une attention particulière doit être accordée aux marchés à bon potentiel (Espagne, Grande Bretagne) ainsi qu’à d’autres marchés qu’il a qualifiés d’intéressants, à savoir ceux de la Suède, du Danemark, de l’Autriche, le marché suisse et le marché fort intéressant des Etats Unis. J.F.Liamntour n’a pas par ailleurs manqué de rappeler l’importance du marché de la Zone Agadir. Les actions de promotion devraient en effet comprendre des actions B to B, des rencontres avec les centrales d’achat, les sociétés de commerce international et les représentants d’entreprises. Pour ce faire, de nouveaux outils de promotion devraient être adoptés, tels que les partenariats avec des salons et des fédérations de distributeurs. Pour le « Texmed », J.F.Limantour propose de doubler le nombre de visiteurs internationaux ainsi que de créer de nouveaux labels tels que la « Lingerie by Texmed » ou encore le« Sportswear by Texmed », à l’horizon 2010. Il faudrait aussi, souligne encore l’expert, essayer d’attirer et d’intégrer les entreprises étrangères.
Tant d’éléments qu’il faudrait optimiser
Plusieurs éléments font de la Tunisie une « formidable terre d’accueil du business textile-habillement, elle est bien armée pour affronter les nouveaux défis de la mondialisation », souligne J.F.Limantour. Tout d’abord, la labellisation sociale de la Tunisie, puisque c’est un pays « clean », selon les normes du Bureau International du Travail (non emploi de jeunes de moins de 16 ans et des conditions du travail respectables), ce sont des atouts qu’il faudrait bien valoriser auprès de cette instance. Ensuite, la compétitivité du site Tunisie. Une simple comparaison entre les salaires/charges et la durée de travail, démontre qu’au Vietnam 100 heures de travail coûtent 40 dollars, de même que pour la Chine où 100 heures de travail coûtent 100 dollars, alors que 98 heures de travail coûtent 147 dollars en Tunisie. Mais l’atout de la Tunisie réside dans sa proximité du marché de l’Union Européenne, ce qui lui procure une intéressante capacité de réaction à l’égard des tendances de la mode au sein de cette zone. Et même par rapport à son voisin/concurrent, le Maroc, les charges et les coûts en Tunisie demeurent assez intéressantes où on enregistre pour 100 heures de travail, des charges salariales de 100 dollars, alors qu’au Royaume on enregistre 136 dollars pour seulement 95 heures de travail.
H. Tlili
Mis en ligne le 9 Février 2009
Africanmanager
Améliorer la promotion via la mobilisation des ressources humaines et financières, mais aussi par la solidarité
Ce plan que J.F.Limantour avait présenté lors de la journée organisée par les instances intéressées par le secteur textile (Fenatex, Cettex, Cepex) au cours de la semaine écoulée, repose essentiellement sur quatre points. Ces clés du succès sont essentiellement la mobilisation de ressources humaines et financières, le professionnalisme, la solidarité, la concertation et la valorisation de l’offre tunisienne. Pour cet expert international, ces quatre éléments sont les meilleurs débuts pour faire face à une baisse attendue des exportations de l’ordre de 8% et une consommation en baisse de 4%, qui vont engendrer par la suite des phénomènes de déstockage, des baisses de prix et des pressions sur les managers des entreprises. Pour surmonter les éventuelles difficultés, le président du « Cedith » propose un plan d’action en quatre axes. L’organisation, qui désormais devrait adopter de nouvelles méthodes de gestion de plan, dont notamment la création d’un département textile « musclé » au sein du Cepex (Centre de Promotion des Exportations) et qui intègre trois responsables géographiques, outre un responsable « Texmed » qui se chargerait des séminaires organisés dans le secteur, soit une sorte de veille.
Quant au deuxième élément du plan, à savoir celui de l’information, J.F. Limantour suggère de créer un dispositif d’information qui mettra en réseau les entreprises d’ici quatre mois, ainsi que la création d’un site web qui comprendrait entre autres une banque sectorielle du secteur T/H tunisien, une banque de données sur les fournisseurs textiles, une autre sur les distributeurs, une bourse d’affaires ainsi que des éléments de veille économique. L’image et la communication ne sont pas des éléments moins intéressants, souligne J.F Limantour, et le lancement d’un plan média est presque une obligation. Selon lui, il faudrait tout d’abord commencer par deux plans médias qui viseraient la France et l’Italie (les deux plus importants marchés de la Tunisie). L’expert suggère, par ailleurs, l’organisation de trois événements, à savoir le « Med Fashion Week », les « Med Textile Business Days » et le « Festival Méditerranéen de la Mode ». Les deux autres piliers du plan d’action proposé par J.F.Limantour reposent sur la bonne promotion des produits tunisiens ainsi que la mise en évidence de la compétitivité du site tunisien et son respect des normes environnementales.
Un plan d’action selon les propriétés et les caractéristiques de chaque marché
Pour lui, les actions de promotion qui doivent être menées doivent tout d’abord être concentrées sur les marchés hautement qualifiés, à savoir ceux de la France et de l’Italie, ensuite sur les marchés prioritaires, à savoir ceux de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas. Il note par ailleurs qu’une attention particulière doit être accordée aux marchés à bon potentiel (Espagne, Grande Bretagne) ainsi qu’à d’autres marchés qu’il a qualifiés d’intéressants, à savoir ceux de la Suède, du Danemark, de l’Autriche, le marché suisse et le marché fort intéressant des Etats Unis. J.F.Liamntour n’a pas par ailleurs manqué de rappeler l’importance du marché de la Zone Agadir. Les actions de promotion devraient en effet comprendre des actions B to B, des rencontres avec les centrales d’achat, les sociétés de commerce international et les représentants d’entreprises. Pour ce faire, de nouveaux outils de promotion devraient être adoptés, tels que les partenariats avec des salons et des fédérations de distributeurs. Pour le « Texmed », J.F.Limantour propose de doubler le nombre de visiteurs internationaux ainsi que de créer de nouveaux labels tels que la « Lingerie by Texmed » ou encore le« Sportswear by Texmed », à l’horizon 2010. Il faudrait aussi, souligne encore l’expert, essayer d’attirer et d’intégrer les entreprises étrangères.
Tant d’éléments qu’il faudrait optimiser
Plusieurs éléments font de la Tunisie une « formidable terre d’accueil du business textile-habillement, elle est bien armée pour affronter les nouveaux défis de la mondialisation », souligne J.F.Limantour. Tout d’abord, la labellisation sociale de la Tunisie, puisque c’est un pays « clean », selon les normes du Bureau International du Travail (non emploi de jeunes de moins de 16 ans et des conditions du travail respectables), ce sont des atouts qu’il faudrait bien valoriser auprès de cette instance. Ensuite, la compétitivité du site Tunisie. Une simple comparaison entre les salaires/charges et la durée de travail, démontre qu’au Vietnam 100 heures de travail coûtent 40 dollars, de même que pour la Chine où 100 heures de travail coûtent 100 dollars, alors que 98 heures de travail coûtent 147 dollars en Tunisie. Mais l’atout de la Tunisie réside dans sa proximité du marché de l’Union Européenne, ce qui lui procure une intéressante capacité de réaction à l’égard des tendances de la mode au sein de cette zone. Et même par rapport à son voisin/concurrent, le Maroc, les charges et les coûts en Tunisie demeurent assez intéressantes où on enregistre pour 100 heures de travail, des charges salariales de 100 dollars, alors qu’au Royaume on enregistre 136 dollars pour seulement 95 heures de travail.
H. Tlili
Mis en ligne le 9 Février 2009
Africanmanager
