Un Grand portrait de l'encadrement au Maroc

Quel est le paysage de l’encadrement au Maroc aujourd’hui ?

Parce qu’elles portent sur 832 personnes dans le secteur concurrentiel et sur les principaux corps d’encadrement de l’administration, l’Economiste (avec l’aide du bureau d’études Sunergia et du ministère de la Modernisation des secteurs publics) dressent un portrait fiable des élites économiques modernes.

Ce portrait porte, avant toute chose, la marque de l’arrivée des classes d’âge du baby-boom. Pour l’administration, on ne sait pas quel est l’âge moyen des cadres, mais il n’y a pas de raison qu’il soit très différent du 39.9 ans, trouvé par l’enquête de Sunergia dans le secteur concurrentiel. Donc, nous avons un encadrement jeune.

Rajeunissement

Sauf si le Maroc se «rigidifiait » soudainement, il est probable que cet âge moyen continuera à descendre sous la pression démographique

En fait, il y a déjà un peu de tout dans la société marocaine sans que l’on puisse savoir lequel des deux comportements va dominer. En attendant, on observe au niveau de la plupart des postes, une tendance au tassement de salaires. Fixer un projet de société dans ce domaine aiderait sans doute à voir clair entre ces options fondamentales, à condition que les élites marocaines osent parler de ces questions sans tabou ni hypocrisie.

Or, dans le domaine de l’hypocrisie, il faut admettre que nous sommes plutôt bons. Sur ce plan, les émoluments de la fonction publique battent les salaires du privé à plate couture. L’administration clame aujourd’hui plus fort qu’hier, qu’elle veut introduire le mérite et la récompense des réussites. Elle est doublement contrainte à cette voie : par les instances internationales, FMI et Banque mondiale, qui s’inquiètent de voir monter la masse salariale dans le Budget ( et dans le PIB) ; par l’opinion publique qui est de plus en plus agacée de constater que les services publics sont si mal rendus pour un prix élevé, et ce alors que les fonctionnaires se sont, dans l’ensemble, appauvris. Mais sur le terrain, c’est tout le contraire de la politique affichée qui s’applique. De mobilité et de mérite, il n’y en a pas tant que des pressions parviendront à faire passer des statuts catégoriels ou tant que les primes ne seront pas appuyées sur des résultats.

Sur ce plan, c’est peut être l’ensemble du pays qui a reculé. En effet, du côté du privé, certes les 13e mois, distribués sans distinction, continuent de reculer mais les primes d’objectifs, de rendement, de résultats… ont l’air de marquer le pas. Sur quatre ans, par rapport à l’enquête de 2000, ce n’est peut être pas significatif. Ce sera à surveiller.

Source : L’Economiste « Enquête L’Economiste-Sunergia » Salaires 2005 Janvier-Février 2005