50 ans de touche féminine
31 Mars 2009
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Retour sur l’histoire de l’intervention de la femme marocaine dans le système de management aussi bien public que privé au Maroc.
Dossier réalisé par Fady Seddiki
Loin de nous l’idée de réveiller les tendances machistes entre les hommes et les femmes au travail ou de caricaturer l’image de la femme au sein de l’entreprise marocaine. L’ambition de ce dossier consiste juste à faire le bilan de la position de la femme dans notre système de management. Nous tenterons, une énième fois, de répondre à des questions qui restent et resteront toujours d’actualité, tels la place de la femme dans le top management des entreprises marocaines, les problèmes qu’elle rencontre au travail, ou encore la liste des femmes les plus influentes du management privé et public au Maroc. La nouveauté de ce dossier réside sans doute dans la première étude menée conjointement par Essor et le cabinet conseil en ressources humaines Invest RH. Une enquête qui révèle par la preuve des chiffres le poids qu’occupe la femme dans la gestion des entreprises et des services publics.
Les origines du travail de la femme marocaine
Avant d’atteindre ces stades d’analyse, une courte référence historique s’impose, ne serait-ce que pour faire un flash back sur les débuts de la Marocaine au travail, d’abord dans le service public, puis dans les entreprises marocaines. «Si la femme a réussi à s’introduire dans le milieu du travail, c’est surtout grâce à la monarchie», précise d’emblée Jamal Belahrach, directeur général du cabinet Manpower. Et l’histoire lui donne amplement raison. Au lendemain de l’indépendance, dans un système social où la domination des hommes est totale, feu le roi Mohammed V avait décidé d’accorder à la femme le droit d’accéder aux fonctions publiques, appelées communément à l’époque «Al Wadhif». À une période où l’accès au statut de fonctionnaire était aussi ouvert que convoité par une société pleine d’espoirs après la liberté nouvellement acquise, des dizaines de milliers de Marocaines laissent tomber leur statut de fille ou de femme au foyer pour prendre le chemin du travail ou de l’école. Compte tenu de la pénurie de cadres qualifiés à l’époque, les exigences de formation étaient réduites à leur strict minimum. Avec un certificat d’études primaires, les postes d’institutrice, infirmière, secrétaire dans l’administration publique et les tribunaux, étaient ouverts à toutes les femmes, dans les années soixante. Le seuil d’éligibilité a été relevé au diplôme du brevet dans les années 70. Encore faut-il faire la différence entre les diplômes de l’époque et la consistance de ceux délivrés de nos jours. Comme elles étaient plus âgées et plus mûres, les élèves du primaire et du collège pouvaient assimiler un flux d’informations beaucoup plus important qu’aujourd’hui. En plus du cursus traditionnel de l’école, femmes et hommes pouvaient décrocher le fameux sésame par le biais de programmes d’alphabétisation. Du public au privé Il est vrai que la majorité des femmes de l’époque s’orientaient vers la fonction publique et plus spécialement dans les fonctions basiques de l’enseignement et de la santé. Sans oublier la fonction historique de la femme au sein de tout système de gestion, à savoir le secrétariat. «En raison de sa plus grande dextérité, la femme est plus habilitée que l’homme à gérer les secrets contenus dans les tiroirs du patron. C’est de là que vient l’essence de la fonction de secrétaire», indique Essaïd Belal, président fondateur du cabinet de consulting en ressources humaines Diorh. Depuis le début des années 70, les femmes instruites avaient compris que si elles avaient la possibilité d’accéder aux administrations publiques, elles pouvaient également décrocher un travail au sein des entreprises du privé. D’autant plus que plusieurs d’entre elles ont fait partie des équipes de départ des offices et entreprises publiques créés dans les années 60. C’est ainsi que la femme a fait son entrée dans la banques, l’assurance et, plus tard, dans l’entreprise privée. Ce n’est donc pas un hasard si, quarante ans après, on retrouve dans la majorité des entreprises marocaines, toutes tailles et secteurs confondus, des femmes d’un certain âge qui gardent jalousement.
Mis en ligne le 31 Mars 2009
essor
Dossier réalisé par Fady Seddiki
Loin de nous l’idée de réveiller les tendances machistes entre les hommes et les femmes au travail ou de caricaturer l’image de la femme au sein de l’entreprise marocaine. L’ambition de ce dossier consiste juste à faire le bilan de la position de la femme dans notre système de management. Nous tenterons, une énième fois, de répondre à des questions qui restent et resteront toujours d’actualité, tels la place de la femme dans le top management des entreprises marocaines, les problèmes qu’elle rencontre au travail, ou encore la liste des femmes les plus influentes du management privé et public au Maroc. La nouveauté de ce dossier réside sans doute dans la première étude menée conjointement par Essor et le cabinet conseil en ressources humaines Invest RH. Une enquête qui révèle par la preuve des chiffres le poids qu’occupe la femme dans la gestion des entreprises et des services publics.
Les origines du travail de la femme marocaine
Avant d’atteindre ces stades d’analyse, une courte référence historique s’impose, ne serait-ce que pour faire un flash back sur les débuts de la Marocaine au travail, d’abord dans le service public, puis dans les entreprises marocaines. «Si la femme a réussi à s’introduire dans le milieu du travail, c’est surtout grâce à la monarchie», précise d’emblée Jamal Belahrach, directeur général du cabinet Manpower. Et l’histoire lui donne amplement raison. Au lendemain de l’indépendance, dans un système social où la domination des hommes est totale, feu le roi Mohammed V avait décidé d’accorder à la femme le droit d’accéder aux fonctions publiques, appelées communément à l’époque «Al Wadhif». À une période où l’accès au statut de fonctionnaire était aussi ouvert que convoité par une société pleine d’espoirs après la liberté nouvellement acquise, des dizaines de milliers de Marocaines laissent tomber leur statut de fille ou de femme au foyer pour prendre le chemin du travail ou de l’école. Compte tenu de la pénurie de cadres qualifiés à l’époque, les exigences de formation étaient réduites à leur strict minimum. Avec un certificat d’études primaires, les postes d’institutrice, infirmière, secrétaire dans l’administration publique et les tribunaux, étaient ouverts à toutes les femmes, dans les années soixante. Le seuil d’éligibilité a été relevé au diplôme du brevet dans les années 70. Encore faut-il faire la différence entre les diplômes de l’époque et la consistance de ceux délivrés de nos jours. Comme elles étaient plus âgées et plus mûres, les élèves du primaire et du collège pouvaient assimiler un flux d’informations beaucoup plus important qu’aujourd’hui. En plus du cursus traditionnel de l’école, femmes et hommes pouvaient décrocher le fameux sésame par le biais de programmes d’alphabétisation. Du public au privé Il est vrai que la majorité des femmes de l’époque s’orientaient vers la fonction publique et plus spécialement dans les fonctions basiques de l’enseignement et de la santé. Sans oublier la fonction historique de la femme au sein de tout système de gestion, à savoir le secrétariat. «En raison de sa plus grande dextérité, la femme est plus habilitée que l’homme à gérer les secrets contenus dans les tiroirs du patron. C’est de là que vient l’essence de la fonction de secrétaire», indique Essaïd Belal, président fondateur du cabinet de consulting en ressources humaines Diorh. Depuis le début des années 70, les femmes instruites avaient compris que si elles avaient la possibilité d’accéder aux administrations publiques, elles pouvaient également décrocher un travail au sein des entreprises du privé. D’autant plus que plusieurs d’entre elles ont fait partie des équipes de départ des offices et entreprises publiques créés dans les années 60. C’est ainsi que la femme a fait son entrée dans la banques, l’assurance et, plus tard, dans l’entreprise privée. Ce n’est donc pas un hasard si, quarante ans après, on retrouve dans la majorité des entreprises marocaines, toutes tailles et secteurs confondus, des femmes d’un certain âge qui gardent jalousement.
Mis en ligne le 31 Mars 2009
essor
