Comment diriger une équipe ?
13 Septembre 2013
Lu par 2830 personne(s)
Le management est une science complexe et inexacte... Inutile d'appliquer des recettes toutes faites, chaque entreprise est différente. Pour bien diriger une équipe, l'écoute et le dialogue sont les premiers pas essentiels à la réussite.
Avoir des responsabilités, diriger une équipe, prendre des décisions, fixer des objectifs...
Telles sont les ambitions de nombreux jeunes qui entrent sur le marché du travail, notamment dans des secteurs comme la distribution. Pourtant, être manager ne s'improvise pas. Le manager a le sens de la performance pour lui et son équipe. Et rien n'est plus difficile que diriger une équipe. Comment se positionner face aux exigences de l'entreprise ? Quels sont les écueils à éviter ? Y a-t-il des recettes ? Doit-on se remettre en question ?
Une pression très forte sur les épaules du manager
Le poste peut faire rêver, mais il implique beaucoup de responsabilités. Avec une situation économique difficile, l'explosion des coûts et la stagnation de la demande, les entreprises peinent à atteindre leurs objectifs. Conséquence, elles mettent une pression de plus en plus forte sur les épaules des managers (objectifs et performances à tenir). Car c'est lui qui “fait tourner la machine”. Les exigences sont donc de plus en plus élevées, les tâches demandées de plus en plus nombreuses. Il faut donc être solide, ce qui n'est pas donné à tous. Par ailleurs, le manager doit être capable de répercuter cette pression sur son équipe et faire en sorte que tous le monde aille dans le même sens. Un défi de plus en plus difficile actuellement.
Des responsabilités de plus en plus larges
Aujourd'hui, le manager a des responsabilités de plus en plus élargies. Mais le temps reste le même. Ces professionnels sont donc de plus en plus débordés et stressés. Le manager se retrouve souvent seul face à ses défis. Les sollicitations sont constantes, d'où l'importance de savoir déléguer. Mais déléguer des responsabilités implique une très bonne connaissance des méthodes de l'entreprise et de ses équipes.
Ecouter et communiquer
Que l'on soit jeune manager ou vieux briscard, le problème est le même. Avant de décider, de juger, de modifier les pratiques, il faut savoir écouter. Inutile d'arriver tout feu tout flammes, pétri de certitudes. Il n'y a pas de recette miracle : chaque entreprise a sa propre culture, ses propres méthodes, ses habitudes...
Il est inutile d'appliquer un modèle tout fait ou de tenter de répliquer des méthodes qui ont marché dans le passé. L'objectif est de tout remettre à plat et de s'imprégner de la culture de l'entreprise et de l'équipe avec laquelle on travaille. L'analyse de la situation est primordiale. Le dialogue avec son équipe est tout aussi important. En effet, diriger une équipe, c'est prendre en compte des profils psychologiques, des histoires, des expériences. La pratique est d'autant plus difficile si le manager est plus jeune que les membres de son équipe. Le dialogue et l'écoute sont incontournables. Il faut ménager les esprits, éviter les affrontements, en bref, privilégier l'approche douce dans un premier temps.
Se donner les moyens de réussir
Le manager isolé dans sa tour d'ivoire appartient au passé.
Diriger une équipe c'est, on l'a dit être à l'écoute de l'entreprise mais aussi du monde. La curiosité est un joli défaut lorsqu'on prétend diriger des hommes et des femmes. Il faut donc sans cesse être à l'écoute de ce qui se passe dans son secteur mais aussi dans le monde. La culture générale est importante dans ce métier.
Dans le même temps, le manager doit pouvoir disposer de tous les outils nécessaires à son travail (Internet, outils de communication etc...). Sans quoi, il lui sera difficile voire impossible de mener à bien ses missions.
O. Chicheportiche
6 questions à... Olivier Dardelin
spécialiste de la formation commerciale pour Dardelin Conseils
Comment un manager doit-il appréhender sa fonction ?
On peut résumer la réponse en une phrase : se taire et écouter. Il n'y a pas de recettes toutes faites et il est impossible d'appliquer un modèle. Il n'y a pas un style qui se dégage par rapport à un autre. La tentation est parfois grande d'appliquer des méthodes qui ont fait leurs preuves, mais les succès d'hier ne garantissent pas les succès d'aujourd'hui et de demain. Au départ, même si un manager possède déjà une belle expérience, il est nécessaire de bien analyser la situation. Quand on change de contexte, on change les méthodes de travail et donc de management. Il faut analyser et s'adapter.
Concrètement, comment fait-on cette analyse ?
Il faut se poser différentes questions : qui sont les équipes, quelles sont leurs anciennetés, quelles sont les méthodes de travail, quelle est la culture de l'entreprise, comment est-elle organisée, quels sont les niveaux de compétence ? Il faut bien prendre un mois de recul pour bien faire ce travail, car le management est une science complexe. Il faut rappeler que la pression est aujourd'hui de plus en plus forte sur les épaules du manager, quels que soient les entreprises, le secteur. Il faut donc bien se préparer.
Les jeunes managers ont-il conscience de ces difficultés ?
Pas vraiment. En fait, les formations universitaires, les grandes écoles, les cursus donnent beaucoup de modèles mais n'apprennent pas à diriger concrètement. Il y a un véritable mensonge : on n'est pas manager à 25 ans. On est en devenir. Il faut plusieurs années pour acquérir une certaine expérience. Mais on ne tient pas ce discours dans les écoles. Ce n'est pas parce que on a le code de la route que l'on sait conduire. C'est exactement la même chose dans le management. Les écoles, c'est beaucoup de code et peu de conduite, d'où un décalage avec la réalité. Pour certains, c'est parfois la douche froide, même pour les plus diplômés.
Face à la pression exercée par les directions, faut-il savoir déléguer ?
Oui mais encore une fois, cela s'apprend. Déléguer quoi et à qui ? Il faut souvent des années de pratiques avant de savoir bien déléguer. Ce n'est pas donné aux plus jeunes.
Doit-on se remettre en question personnellement ?
Personne ne change véritablement, on peut évoluer en optimisant ses points forts par exemple. Le principal est d'être à l'écoute de tout. C'est la clé pour réussir dans des fonctions de management d'équipes. Ce n'est pas de la remise en question, mais de la curiosité !
En deux mots, comment définir un bon manager ?
C'est quelqu'un qui a le sens de la performance pour lui et pour son équipe.
Lemarchedutravail.fr
Mis en ligne le 13 septembre 2013.
Avoir des responsabilités, diriger une équipe, prendre des décisions, fixer des objectifs...
Telles sont les ambitions de nombreux jeunes qui entrent sur le marché du travail, notamment dans des secteurs comme la distribution. Pourtant, être manager ne s'improvise pas. Le manager a le sens de la performance pour lui et son équipe. Et rien n'est plus difficile que diriger une équipe. Comment se positionner face aux exigences de l'entreprise ? Quels sont les écueils à éviter ? Y a-t-il des recettes ? Doit-on se remettre en question ?
Une pression très forte sur les épaules du manager
Le poste peut faire rêver, mais il implique beaucoup de responsabilités. Avec une situation économique difficile, l'explosion des coûts et la stagnation de la demande, les entreprises peinent à atteindre leurs objectifs. Conséquence, elles mettent une pression de plus en plus forte sur les épaules des managers (objectifs et performances à tenir). Car c'est lui qui “fait tourner la machine”. Les exigences sont donc de plus en plus élevées, les tâches demandées de plus en plus nombreuses. Il faut donc être solide, ce qui n'est pas donné à tous. Par ailleurs, le manager doit être capable de répercuter cette pression sur son équipe et faire en sorte que tous le monde aille dans le même sens. Un défi de plus en plus difficile actuellement.
Des responsabilités de plus en plus larges
Aujourd'hui, le manager a des responsabilités de plus en plus élargies. Mais le temps reste le même. Ces professionnels sont donc de plus en plus débordés et stressés. Le manager se retrouve souvent seul face à ses défis. Les sollicitations sont constantes, d'où l'importance de savoir déléguer. Mais déléguer des responsabilités implique une très bonne connaissance des méthodes de l'entreprise et de ses équipes.
Ecouter et communiquer
Que l'on soit jeune manager ou vieux briscard, le problème est le même. Avant de décider, de juger, de modifier les pratiques, il faut savoir écouter. Inutile d'arriver tout feu tout flammes, pétri de certitudes. Il n'y a pas de recette miracle : chaque entreprise a sa propre culture, ses propres méthodes, ses habitudes...
Il est inutile d'appliquer un modèle tout fait ou de tenter de répliquer des méthodes qui ont marché dans le passé. L'objectif est de tout remettre à plat et de s'imprégner de la culture de l'entreprise et de l'équipe avec laquelle on travaille. L'analyse de la situation est primordiale. Le dialogue avec son équipe est tout aussi important. En effet, diriger une équipe, c'est prendre en compte des profils psychologiques, des histoires, des expériences. La pratique est d'autant plus difficile si le manager est plus jeune que les membres de son équipe. Le dialogue et l'écoute sont incontournables. Il faut ménager les esprits, éviter les affrontements, en bref, privilégier l'approche douce dans un premier temps.
Se donner les moyens de réussir
Le manager isolé dans sa tour d'ivoire appartient au passé.
Diriger une équipe c'est, on l'a dit être à l'écoute de l'entreprise mais aussi du monde. La curiosité est un joli défaut lorsqu'on prétend diriger des hommes et des femmes. Il faut donc sans cesse être à l'écoute de ce qui se passe dans son secteur mais aussi dans le monde. La culture générale est importante dans ce métier.
Dans le même temps, le manager doit pouvoir disposer de tous les outils nécessaires à son travail (Internet, outils de communication etc...). Sans quoi, il lui sera difficile voire impossible de mener à bien ses missions.
O. Chicheportiche
6 questions à... Olivier Dardelin
spécialiste de la formation commerciale pour Dardelin Conseils
Comment un manager doit-il appréhender sa fonction ?
On peut résumer la réponse en une phrase : se taire et écouter. Il n'y a pas de recettes toutes faites et il est impossible d'appliquer un modèle. Il n'y a pas un style qui se dégage par rapport à un autre. La tentation est parfois grande d'appliquer des méthodes qui ont fait leurs preuves, mais les succès d'hier ne garantissent pas les succès d'aujourd'hui et de demain. Au départ, même si un manager possède déjà une belle expérience, il est nécessaire de bien analyser la situation. Quand on change de contexte, on change les méthodes de travail et donc de management. Il faut analyser et s'adapter.
Concrètement, comment fait-on cette analyse ?
Il faut se poser différentes questions : qui sont les équipes, quelles sont leurs anciennetés, quelles sont les méthodes de travail, quelle est la culture de l'entreprise, comment est-elle organisée, quels sont les niveaux de compétence ? Il faut bien prendre un mois de recul pour bien faire ce travail, car le management est une science complexe. Il faut rappeler que la pression est aujourd'hui de plus en plus forte sur les épaules du manager, quels que soient les entreprises, le secteur. Il faut donc bien se préparer.
Les jeunes managers ont-il conscience de ces difficultés ?
Pas vraiment. En fait, les formations universitaires, les grandes écoles, les cursus donnent beaucoup de modèles mais n'apprennent pas à diriger concrètement. Il y a un véritable mensonge : on n'est pas manager à 25 ans. On est en devenir. Il faut plusieurs années pour acquérir une certaine expérience. Mais on ne tient pas ce discours dans les écoles. Ce n'est pas parce que on a le code de la route que l'on sait conduire. C'est exactement la même chose dans le management. Les écoles, c'est beaucoup de code et peu de conduite, d'où un décalage avec la réalité. Pour certains, c'est parfois la douche froide, même pour les plus diplômés.
Face à la pression exercée par les directions, faut-il savoir déléguer ?
Oui mais encore une fois, cela s'apprend. Déléguer quoi et à qui ? Il faut souvent des années de pratiques avant de savoir bien déléguer. Ce n'est pas donné aux plus jeunes.
Doit-on se remettre en question personnellement ?
Personne ne change véritablement, on peut évoluer en optimisant ses points forts par exemple. Le principal est d'être à l'écoute de tout. C'est la clé pour réussir dans des fonctions de management d'équipes. Ce n'est pas de la remise en question, mais de la curiosité !
En deux mots, comment définir un bon manager ?
C'est quelqu'un qui a le sens de la performance pour lui et pour son équipe.
Lemarchedutravail.fr
Mis en ligne le 13 septembre 2013.
