Comment retenir l'attention des employeurs
26 Janvier 2009
Lu par 2380 personne(s)
Il est important d'accroître son attractivité tout au long de sa vie professionnelle. Les sportifs n'ont de cesse de le répéter : pour donner le meilleur de soi-même, il faut être au sommet de sa forme physique. « Ce qui est valable pour le sport l'est également pour la vie professionnelle », précisent les experts.
Pour être meilleur dans votre poste ou encore pouvoir faire face à toute rupture d'activité, il n'y a pas trente-six mille solutions, il n'y en a qu'une : développer votre employabilité tout au long de votre vie professionnelle, c'est-à-dire rester en mesure de retenir l'attention des employeurs. « Il s'agit de prendre votre vie professionnelle en main, de développer votre autonomie pour se positionner en partenaires de l'entreprise à qui vous apportez des compétences, des connaissances et de l'expérience », laisse entendre Evelyne Tahiri, responsable département conseil dans le cabinet Bil Consulting.
Bien évidemment, l'étape préalable est d'établir un bilan des compétences. Ce bilan vous « permet de faire le point sur vos compétences personnelles et professionnelles, aptitudes et motivations, de gérer vos ressources personnelles, d'organiser vos priorités professionnelles… « Cet exercice ne doit pas être ponctuel, il doit rythmer votre vie professionnelle. A la sortie de l'école, tout lauréat doit faire un bilan des compétences et par la suite tous les 5 ans ou 10 ans selon les cas », explique E. Tahiri.
Ce bilan de compétences doit donner lieu automatiquement à «la rédaction d'un document de synthèse en vue de définir ou de confirmer un projet professionnel». En effet, avec votre bilan, vous savez maintenant, au moins dans les grandes lignes, ce que vous êtes capables de faire ; il s'agit maintenant de déterminer ce que vous voulez faire. Si vous n'arrivez pas, un bon conseil : raisonnez à l'envers ! Déterminez ce que vous ne voulez surtout pas faire. Résultat, mettre en place des scenarii concernant votre trajectoire de carrière et se fixer des objectifs clairs et réalistes tout en faisant le distinguo entre l'objectif final et les objectifs intermédiaires.Maintenant que vous savez ce que vous êtes capable de faire et ce que vous voulez faire, il faut passer à l'action en « élaborant une stratégie en bonne et due forme », souligne E. Tahiri.
Cette stratégie se décline en plusieurs pistes à suivre pour accroître votre employabilité en améliorant vos points forts et pallier à vos défauts. Se former, encore et toujours. En effet, il faut penser à l'auto formation, à la formation continue, pratiquer les langues, enrichir vos connaissances des outils bureautiques… En d'autres termes, remettre à jour vos connaissances, approfondir votre expertise technique ou encore obtenir une nouvelle compétence, ce qui vous permettra de maintenir votre employabilité et d'être plus performant au quotidien. Connaître les bonnes pratiques passe aussi par la rencontre de confrères. Ainsi, n'hésitez pas à vous rendre aux rencontres métiers, colloques et autres conférences qui vous permettront, d'ailleurs, de vous construire un réseau professionnel. Un réseau qui ne manquera pas «d'augmenter votre visibilité». À cet effet, il faut garder le contact, entretenir les relations développées en situation professionnelle, être attentif aux personnes que l'on rencontre au quotidien.
De cette façon, vous allez faire connaître votre projet professionnel, en parlant autour de vous. Renseignez-vous sur l'existence d'associations regroupant les professionnels par métier. A titre d'exemple, l'Association marocaine des Risks Managers (AMRIM), l'Association marocaine des Actuaires (AMA), la Société marocaine des analystes financiers (SMAF)… dans le même sens, il faut anticiper et être curieux (Capacité d'anticipation et pro activité). En effet, informez-vous le plus largement possible à travers la presse, les collègues de travail, les clients, les fournisseurs, les amis… ce qui exige de rester à l'écoute « du marché de l'emploi », en participant à différents projets et échangeant vos points de vue pour mettre en-avant vos projets et vos compétences.
Si ces outils ne dépendent pas de l'âge du salarié, il n'en demeure pas moins qu'« au fur et à mesure qu'on avance dans notre carrière, la dimension managériale prend le dessus sur la technicité (connaissance et savoir) », alerte E. Tahiri. C'est dire qu'aux stades avancés de la carrière de tout un chacun, il faut apprendre à gérer une équipe, à orienter les gens, à gérer des projets. On n'est plus un technicien, mais un chef d'orchestre. On parle peu du savoir-faire, mais plutôt du savoir être : se connaître, s'estimer, communiquer sur son projet, s'engager... Reste à rappeler que l'employabilité devient actuellement l'enjeu d'un contrat "gagnant-gagnant" entre le salarié et l'entreprise. Si cette dernière ne peut plus garantir l'emploi de ses salariés, elle peut en revanche contribuer à maintenir et développer leur employabilité.
«Prise de conscience de l'importance d'améliorer l'employabilité des salariés» Avis de l'expert • Evelyne Tahiri
Aujourd'hui, le terme "employabilité" remplace de plus en plus le terme "sécurité de l'emploi". Que signifie-t-il au juste ?
Le terme employabilité a plusieurs définitions. De façon générale, c'est « l'ensemble des compétences et des qualités personnelles qu'il faut mettre en œuvre dans un environnement de travail défini ». C'est aussi, « la capacité relative pour une personne de trouver un emploi, étant donné l'interaction entre ses caractéristiques personnelles et celles du marché du travail
». Quel est le degré de conscience des entreprises marocaines de l'importance de l'amélioration de l'employabilité de leurs collaborateurs ?
Plusieurs entreprises nous sollicitent notamment pour l'évaluation ou la formation continue de leurs collaborateurs. Ce sont notamment des entreprises ayant une structure ad hoc. On remarque que le nombre des personnes bénéficiaires est en croissance et le budget consacré est de plus en plus important. Ces entreprises opèrent dans différents secteurs et bénéficient de plusieurs programmes pour améliorer l'employabilité de leurs employés, comme le programme MEDA et certains programmes étatiques.
Justement, quel rôle joue le gouvernement marocain dans ce sens ?
Le gouvernement marocain intervient surtout à travers l'Office de la Formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) en remboursant les formations faites par les entreprises. L'OFPPT a une force de frappe importante, puisqu'il est présent sur tout le territoire et ouvre de plus en plus de nouveaux centres. L'ANAPEC n'est pas en reste. Elle offre, entre autres, deux types de formations : la formation à la carte destinée à répondre à un besoin précis au sein d'une entreprise, et la formation qualifiante ou de reconversion.
Redouane Chakir
Mis en ligne le 26 Janvier 2009
lematin.ma
Pour être meilleur dans votre poste ou encore pouvoir faire face à toute rupture d'activité, il n'y a pas trente-six mille solutions, il n'y en a qu'une : développer votre employabilité tout au long de votre vie professionnelle, c'est-à-dire rester en mesure de retenir l'attention des employeurs. « Il s'agit de prendre votre vie professionnelle en main, de développer votre autonomie pour se positionner en partenaires de l'entreprise à qui vous apportez des compétences, des connaissances et de l'expérience », laisse entendre Evelyne Tahiri, responsable département conseil dans le cabinet Bil Consulting.
Bien évidemment, l'étape préalable est d'établir un bilan des compétences. Ce bilan vous « permet de faire le point sur vos compétences personnelles et professionnelles, aptitudes et motivations, de gérer vos ressources personnelles, d'organiser vos priorités professionnelles… « Cet exercice ne doit pas être ponctuel, il doit rythmer votre vie professionnelle. A la sortie de l'école, tout lauréat doit faire un bilan des compétences et par la suite tous les 5 ans ou 10 ans selon les cas », explique E. Tahiri.
Ce bilan de compétences doit donner lieu automatiquement à «la rédaction d'un document de synthèse en vue de définir ou de confirmer un projet professionnel». En effet, avec votre bilan, vous savez maintenant, au moins dans les grandes lignes, ce que vous êtes capables de faire ; il s'agit maintenant de déterminer ce que vous voulez faire. Si vous n'arrivez pas, un bon conseil : raisonnez à l'envers ! Déterminez ce que vous ne voulez surtout pas faire. Résultat, mettre en place des scenarii concernant votre trajectoire de carrière et se fixer des objectifs clairs et réalistes tout en faisant le distinguo entre l'objectif final et les objectifs intermédiaires.Maintenant que vous savez ce que vous êtes capable de faire et ce que vous voulez faire, il faut passer à l'action en « élaborant une stratégie en bonne et due forme », souligne E. Tahiri.
Cette stratégie se décline en plusieurs pistes à suivre pour accroître votre employabilité en améliorant vos points forts et pallier à vos défauts. Se former, encore et toujours. En effet, il faut penser à l'auto formation, à la formation continue, pratiquer les langues, enrichir vos connaissances des outils bureautiques… En d'autres termes, remettre à jour vos connaissances, approfondir votre expertise technique ou encore obtenir une nouvelle compétence, ce qui vous permettra de maintenir votre employabilité et d'être plus performant au quotidien. Connaître les bonnes pratiques passe aussi par la rencontre de confrères. Ainsi, n'hésitez pas à vous rendre aux rencontres métiers, colloques et autres conférences qui vous permettront, d'ailleurs, de vous construire un réseau professionnel. Un réseau qui ne manquera pas «d'augmenter votre visibilité». À cet effet, il faut garder le contact, entretenir les relations développées en situation professionnelle, être attentif aux personnes que l'on rencontre au quotidien.
De cette façon, vous allez faire connaître votre projet professionnel, en parlant autour de vous. Renseignez-vous sur l'existence d'associations regroupant les professionnels par métier. A titre d'exemple, l'Association marocaine des Risks Managers (AMRIM), l'Association marocaine des Actuaires (AMA), la Société marocaine des analystes financiers (SMAF)… dans le même sens, il faut anticiper et être curieux (Capacité d'anticipation et pro activité). En effet, informez-vous le plus largement possible à travers la presse, les collègues de travail, les clients, les fournisseurs, les amis… ce qui exige de rester à l'écoute « du marché de l'emploi », en participant à différents projets et échangeant vos points de vue pour mettre en-avant vos projets et vos compétences.
Si ces outils ne dépendent pas de l'âge du salarié, il n'en demeure pas moins qu'« au fur et à mesure qu'on avance dans notre carrière, la dimension managériale prend le dessus sur la technicité (connaissance et savoir) », alerte E. Tahiri. C'est dire qu'aux stades avancés de la carrière de tout un chacun, il faut apprendre à gérer une équipe, à orienter les gens, à gérer des projets. On n'est plus un technicien, mais un chef d'orchestre. On parle peu du savoir-faire, mais plutôt du savoir être : se connaître, s'estimer, communiquer sur son projet, s'engager... Reste à rappeler que l'employabilité devient actuellement l'enjeu d'un contrat "gagnant-gagnant" entre le salarié et l'entreprise. Si cette dernière ne peut plus garantir l'emploi de ses salariés, elle peut en revanche contribuer à maintenir et développer leur employabilité.
«Prise de conscience de l'importance d'améliorer l'employabilité des salariés» Avis de l'expert • Evelyne Tahiri
Aujourd'hui, le terme "employabilité" remplace de plus en plus le terme "sécurité de l'emploi". Que signifie-t-il au juste ?
Le terme employabilité a plusieurs définitions. De façon générale, c'est « l'ensemble des compétences et des qualités personnelles qu'il faut mettre en œuvre dans un environnement de travail défini ». C'est aussi, « la capacité relative pour une personne de trouver un emploi, étant donné l'interaction entre ses caractéristiques personnelles et celles du marché du travail
». Quel est le degré de conscience des entreprises marocaines de l'importance de l'amélioration de l'employabilité de leurs collaborateurs ?
Plusieurs entreprises nous sollicitent notamment pour l'évaluation ou la formation continue de leurs collaborateurs. Ce sont notamment des entreprises ayant une structure ad hoc. On remarque que le nombre des personnes bénéficiaires est en croissance et le budget consacré est de plus en plus important. Ces entreprises opèrent dans différents secteurs et bénéficient de plusieurs programmes pour améliorer l'employabilité de leurs employés, comme le programme MEDA et certains programmes étatiques.
Justement, quel rôle joue le gouvernement marocain dans ce sens ?
Le gouvernement marocain intervient surtout à travers l'Office de la Formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) en remboursant les formations faites par les entreprises. L'OFPPT a une force de frappe importante, puisqu'il est présent sur tout le territoire et ouvre de plus en plus de nouveaux centres. L'ANAPEC n'est pas en reste. Elle offre, entre autres, deux types de formations : la formation à la carte destinée à répondre à un besoin précis au sein d'une entreprise, et la formation qualifiante ou de reconversion.
Redouane Chakir
Mis en ligne le 26 Janvier 2009
lematin.ma
