Êtes-vous payé à votre juste valeur ?
6 Janvier 2009
Lu par 2308 personne(s)
Voici des conseils pour obtenir la paie que vous méritez.
Vous pensez que vous êtes sous-payé. En fait, vous en êtes convaincu. À votre embauche, votre salaire n'était déjà pas très élevé, et les petites augmentations reçues au fil des ans ne compensent pas les nouvelles responsabilités que votre patron vous a données graduellement. Dernièrement, vous avez rencontré d'anciens camarades d'université : ils gagnent tous plus que vous, pour un niveau de responsabilités semblable. C'est clair, vous méritez plus ! Mais quelle hausse demander ? Quelle est votre valeur sur le marché ? Et comment convaincre votre patron d'augmenter votre chèque de pai ?
1ère étape : déterminez votre valeur
Si vous deviez vous coller une étiquette quant au prix que vous valez, quel montant y inscririez-vous ? Pas facile de déterminer combien on peut valoir sur le plan professionnel. " C'est subjectif. Deux personnes qui font le même travail au même salaire dans la même entreprise pourraient avoir une opinion totalement différente sur la question ", dit Julie Cloutier, professeure à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.
Comment ça se calcule ?
Dans un monde parfait, vous devriez pouvoir calculer la valeur des efforts et du temps que vous fournissez à votre entreprise, de l'expertise que vous lui apportez, tout en tenant compte de certains désagréments comme le stress et un environnement de travail difficile, explique Julie Cloutier. Les rétributions que vous recevez de votre employeur en salaires, en primes, en vacances, en avantages sociaux, en formation, et même en expérience professionnelle et en valorisation personnelle devraient avoir la même valeur. " Mais en réalité, chaque personne fait sa propre évaluation de ce qu'elle donne et de ce qu'elle reçoit de l'entreprise ", ajoute-t-elle.
Selon le chasseur de têtes Jean-Jacques Ranger, président du Groupe Ranger, pour savoir si votre salaire est juste de façon con-crète, vous devriez le comparer à ce qui s'offre ailleurs sur le marché, si par exemple vous êtes un exécutant. Par contre, si vous êtes cadre, vous devriez calculer ce que vous rapportez à l'entreprise en chiffre d'affaires ou en valeur ajoutée, ce qui n'est pas simple. " Ce n'est pas trop compliqué si vous travaillez dans le domaine des ventes. Mais si vous êtes dans des secteurs comme le marketing et la R-D, c'est plus difficile ", note Alain Ishak, directeur du Groupe Hay du Québec, une firme de services-conseils en ressources humaines.
En effet, comment savoir ce qu'on rapporte à l'entreprise quand on est directeur des communications ou directeur des ressources humaines ? " Il n'y a pas de recette magique, il faut faire le bilan de ses réalisations, de ses compétences et de ses contributions, poursuit Alain Ishak. Il faut garder un CV détaillé, toujours à jour, pour ne rien oublier. "
Comment vous comparer au marché ?
Votre patron a un avantage sur vous quant aux informations sur la rémunération : les employeurs ont accès aux enquêtes de rémunération des sociétés comme Mercer, Watson Wyatt et Towers Perrin pour établir leurs politiques salariales. Ces enquêtes coûtent très cher et sont donc difficilement accessibles à tous. Rien n'est moins certain que votre employeur acceptera de partager ces données avec vous.
Plusieurs sources existent afin de connaître les salaires versés pour des emplois comparables au vôtre. Des sites Web comme Monster.ca et Payscale.com proposent des outils de calcul des salaires selon le poste, les responsabilités, le type d'entre- prise et la ville où vous travaillez. Vous trouverez également les salai-res moyens de milliers d'emplois sur le site d'Emploi-Québec. Les offres d'emploi publiées dans les journaux ou sur Internet vous donneront aussi une idée des salaires offerts pour certains postes. Mais ces renseignements sont très généraux.
Les associations ou les ordres professionnels font parfois des enquêtes sur le salaire de leurs membres - c'est le cas des comptables, des ingénieurs et des architectes, par exemple.
Un bon réseau de contacts professionnels et personnels, particulièrement de gens qui occupent un poste équivalent au vôtre chez des concurrents, constitue une autre source d'information. Discuter de salaire n'est plus tabou aujourd'hui, disent les spécialistes. C'est une information que les gens acceptent volontiers de partager. " Mais il faut se méfier de ceux qui gonflent leur salaire pour se vanter, dit Richard Saucier, président de Saucier Conseil, une firme de consultants en rémunération. On doit se comparer avec des gens qui travaillent dans des entreprises comparables. " De plus, les titres d'emplois peuvent parfois être trompeurs. Selon la taille de l'entreprise et le secteur, les responsabilités peuvent être bien différentes pour des personnes qui portent un même titre.
Toutes ces sources vous éclaireront sur les salaires qui sont versés pour des emplois semblables au vôtre. Mais elles ne vous informent pas quant à votre propre valeur. La meilleure façon de la connaître con-siste à recevoir une offre d'un autre employeur. " Si vous êtes sollicité pendant que vous travaillez, cela vous donne une idée de votre valeur et une base solide pour négocier de meilleures conditions, note Ronny Aoun, directeur de la pratique capital humain, chez Ernst & Young. Si les offres ne viennent pas à vous, n'hésitez pas à vous adresser à un chasseur de têtes pour savoir qui voudrait vous embaucher et à quel salaire.
2e étape : passez à l'action
Négociez à l'embauche
Si vous obtenez un salaire convenable dès votre embauche, votre rémunération ne devrait pas être une source de frustrations pour les années à venir. Il faut donc négocier ferme dès le départ. Sinon, il sera plus difficile par la suite de corriger la situation. Car vos augmentations annuelles seront limitées suivant la situation financière ou les politiques salariales de l'entreprise. " Si le budget permet des hausses moyennes de 4 %, il peut être difficile d'en avoir plus ", dit Alain Ishak. C'est pour cette raison qu'il est parfois frustrant pour quelqu'un qui travaille depuis dix ans pour le même employeur de voir un nouvel employé gagner 15 000 dollars de plus que lui.
Soignez votre approche et choisissez votre moment
Mais tout n'est pas perdu si vous vous rendez compte, une fois en poste, que vous n'avez pas été assez exigeant au départ. Après votre collecte de renseignements, si vous êtes convaincu que vous méritez un ajustement salarial, préparez-vous bien avant d'aborder ce sujet délicat avec votre patron.
Vous devrez faire preuve de tact et de diplomatie, comme au moment de toute négociation. Tenez compte de la conjoncture et des contraintes qui s'exercent sur votre patron. L'évaluation de mi-année ou de fin d'année est un moment idéal pour traiter du sujet, puisque votre supérieur est prêt comme vous à discuter de salaire. Mais vous pouvez préparer le terrain en lui faisant savoir que vous avez l'intention de demander une augmentation. Si vous soulignez périodiquement vos réussites ou vos contributions particulières, il sera sans doute plus réceptif.
" Il faut être patient et donner le temps à son patron de réagir, sou- ligne Richard Saucier. La hausse peut se faire par étapes. Au lieu de vous augmenter d'emblée de 20 %, votre employeur trouvera sans doute plus facile de vous accorder deux fois 10 %. " Si vous n'avez pas de succès la première fois, vous pouvez récidiver, mais évitez de harceler votre patron, car ce serait contre-productif, poursuit l'expert en rémunération.
Soyez bien armé
" Il vaut mieux aller à la guerre avec un bazooka qu'avec un tire-pois ", recommande André Perrault, président de Perrault Conseil, spécialiste en rémunération. Vous avez fait des recherches sur les salaires qui ont cours dans votre domaine ? Vous avez dressé une liste de vos réalisations au cours des dernières années ? Ayez ces informations en main pour appuyer votre demande. " Vous serez plus efficace si vous présentez un registre de vos réalisations importantes et si vous avez noté en quoi ces expériences vous ont permis de vous améliorer ", souligne Alain Ishak.
Si les renseignements que vous avez colligés ne suffisent pas pour con-vaincre votre patron, suggérez-lui de s'adresser à un spécialiste en rémunération afin de réévaluer votre salaire, lorsque ce n'est pas fait régulièrement, recommande Julie Cloutier.
Finalement, montrez- vous souple
S'il est impossible d'obtenir une hausse salariale importante, suggérez d'autres avantages qui seraient intéressants pour vous : plus de vacances, un horaire flexible, un véhicule de fonction, des actions de l'entreprise, etc.
Mis en ligne le 5 Janvier 2009
lesaffaires.com
1ère étape : déterminez votre valeur
Si vous deviez vous coller une étiquette quant au prix que vous valez, quel montant y inscririez-vous ? Pas facile de déterminer combien on peut valoir sur le plan professionnel. " C'est subjectif. Deux personnes qui font le même travail au même salaire dans la même entreprise pourraient avoir une opinion totalement différente sur la question ", dit Julie Cloutier, professeure à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.
Comment ça se calcule ?
Dans un monde parfait, vous devriez pouvoir calculer la valeur des efforts et du temps que vous fournissez à votre entreprise, de l'expertise que vous lui apportez, tout en tenant compte de certains désagréments comme le stress et un environnement de travail difficile, explique Julie Cloutier. Les rétributions que vous recevez de votre employeur en salaires, en primes, en vacances, en avantages sociaux, en formation, et même en expérience professionnelle et en valorisation personnelle devraient avoir la même valeur. " Mais en réalité, chaque personne fait sa propre évaluation de ce qu'elle donne et de ce qu'elle reçoit de l'entreprise ", ajoute-t-elle.
Selon le chasseur de têtes Jean-Jacques Ranger, président du Groupe Ranger, pour savoir si votre salaire est juste de façon con-crète, vous devriez le comparer à ce qui s'offre ailleurs sur le marché, si par exemple vous êtes un exécutant. Par contre, si vous êtes cadre, vous devriez calculer ce que vous rapportez à l'entreprise en chiffre d'affaires ou en valeur ajoutée, ce qui n'est pas simple. " Ce n'est pas trop compliqué si vous travaillez dans le domaine des ventes. Mais si vous êtes dans des secteurs comme le marketing et la R-D, c'est plus difficile ", note Alain Ishak, directeur du Groupe Hay du Québec, une firme de services-conseils en ressources humaines.
En effet, comment savoir ce qu'on rapporte à l'entreprise quand on est directeur des communications ou directeur des ressources humaines ? " Il n'y a pas de recette magique, il faut faire le bilan de ses réalisations, de ses compétences et de ses contributions, poursuit Alain Ishak. Il faut garder un CV détaillé, toujours à jour, pour ne rien oublier. "
Comment vous comparer au marché ?
Votre patron a un avantage sur vous quant aux informations sur la rémunération : les employeurs ont accès aux enquêtes de rémunération des sociétés comme Mercer, Watson Wyatt et Towers Perrin pour établir leurs politiques salariales. Ces enquêtes coûtent très cher et sont donc difficilement accessibles à tous. Rien n'est moins certain que votre employeur acceptera de partager ces données avec vous.
Plusieurs sources existent afin de connaître les salaires versés pour des emplois comparables au vôtre. Des sites Web comme Monster.ca et Payscale.com proposent des outils de calcul des salaires selon le poste, les responsabilités, le type d'entre- prise et la ville où vous travaillez. Vous trouverez également les salai-res moyens de milliers d'emplois sur le site d'Emploi-Québec. Les offres d'emploi publiées dans les journaux ou sur Internet vous donneront aussi une idée des salaires offerts pour certains postes. Mais ces renseignements sont très généraux.
Les associations ou les ordres professionnels font parfois des enquêtes sur le salaire de leurs membres - c'est le cas des comptables, des ingénieurs et des architectes, par exemple.
Un bon réseau de contacts professionnels et personnels, particulièrement de gens qui occupent un poste équivalent au vôtre chez des concurrents, constitue une autre source d'information. Discuter de salaire n'est plus tabou aujourd'hui, disent les spécialistes. C'est une information que les gens acceptent volontiers de partager. " Mais il faut se méfier de ceux qui gonflent leur salaire pour se vanter, dit Richard Saucier, président de Saucier Conseil, une firme de consultants en rémunération. On doit se comparer avec des gens qui travaillent dans des entreprises comparables. " De plus, les titres d'emplois peuvent parfois être trompeurs. Selon la taille de l'entreprise et le secteur, les responsabilités peuvent être bien différentes pour des personnes qui portent un même titre.
Toutes ces sources vous éclaireront sur les salaires qui sont versés pour des emplois semblables au vôtre. Mais elles ne vous informent pas quant à votre propre valeur. La meilleure façon de la connaître con-siste à recevoir une offre d'un autre employeur. " Si vous êtes sollicité pendant que vous travaillez, cela vous donne une idée de votre valeur et une base solide pour négocier de meilleures conditions, note Ronny Aoun, directeur de la pratique capital humain, chez Ernst & Young. Si les offres ne viennent pas à vous, n'hésitez pas à vous adresser à un chasseur de têtes pour savoir qui voudrait vous embaucher et à quel salaire.
2e étape : passez à l'action
Négociez à l'embauche
Si vous obtenez un salaire convenable dès votre embauche, votre rémunération ne devrait pas être une source de frustrations pour les années à venir. Il faut donc négocier ferme dès le départ. Sinon, il sera plus difficile par la suite de corriger la situation. Car vos augmentations annuelles seront limitées suivant la situation financière ou les politiques salariales de l'entreprise. " Si le budget permet des hausses moyennes de 4 %, il peut être difficile d'en avoir plus ", dit Alain Ishak. C'est pour cette raison qu'il est parfois frustrant pour quelqu'un qui travaille depuis dix ans pour le même employeur de voir un nouvel employé gagner 15 000 dollars de plus que lui.
Soignez votre approche et choisissez votre moment
Mais tout n'est pas perdu si vous vous rendez compte, une fois en poste, que vous n'avez pas été assez exigeant au départ. Après votre collecte de renseignements, si vous êtes convaincu que vous méritez un ajustement salarial, préparez-vous bien avant d'aborder ce sujet délicat avec votre patron.
Vous devrez faire preuve de tact et de diplomatie, comme au moment de toute négociation. Tenez compte de la conjoncture et des contraintes qui s'exercent sur votre patron. L'évaluation de mi-année ou de fin d'année est un moment idéal pour traiter du sujet, puisque votre supérieur est prêt comme vous à discuter de salaire. Mais vous pouvez préparer le terrain en lui faisant savoir que vous avez l'intention de demander une augmentation. Si vous soulignez périodiquement vos réussites ou vos contributions particulières, il sera sans doute plus réceptif.
" Il faut être patient et donner le temps à son patron de réagir, sou- ligne Richard Saucier. La hausse peut se faire par étapes. Au lieu de vous augmenter d'emblée de 20 %, votre employeur trouvera sans doute plus facile de vous accorder deux fois 10 %. " Si vous n'avez pas de succès la première fois, vous pouvez récidiver, mais évitez de harceler votre patron, car ce serait contre-productif, poursuit l'expert en rémunération.
Soyez bien armé
" Il vaut mieux aller à la guerre avec un bazooka qu'avec un tire-pois ", recommande André Perrault, président de Perrault Conseil, spécialiste en rémunération. Vous avez fait des recherches sur les salaires qui ont cours dans votre domaine ? Vous avez dressé une liste de vos réalisations au cours des dernières années ? Ayez ces informations en main pour appuyer votre demande. " Vous serez plus efficace si vous présentez un registre de vos réalisations importantes et si vous avez noté en quoi ces expériences vous ont permis de vous améliorer ", souligne Alain Ishak.
Si les renseignements que vous avez colligés ne suffisent pas pour con-vaincre votre patron, suggérez-lui de s'adresser à un spécialiste en rémunération afin de réévaluer votre salaire, lorsque ce n'est pas fait régulièrement, recommande Julie Cloutier.
Finalement, montrez- vous souple
S'il est impossible d'obtenir une hausse salariale importante, suggérez d'autres avantages qui seraient intéressants pour vous : plus de vacances, un horaire flexible, un véhicule de fonction, des actions de l'entreprise, etc.
Mis en ligne le 5 Janvier 2009
lesaffaires.com
