Etes-vous un(e) cadre rebelle ?
5 Septembre 2008
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Ils s’opposent, contestent et défient leur hiérarchie. Les sociologues Jean-Claude Thoenig et David Courpasson sont allés à la rencontre de ces cadres rebelles qui transforment le management.
C’est une révolution ? Non patron. C’est une rébellion ! La comparaison est peut-être un peu forte, mais elle a le mérite d’être explicite. Dans leur dernier livre, « Quand les cadres se rebellent (1)» les sociologues David Courpasson et Jean-Claude Thoenig lèvent le voile sur ces cadres qui, un jour, osent dire « NON », contestent leur hiérarchie, renoncent à une promotion, et finalement bousculent le management.
Mutins en cols blancs
Ils ont entre 30 et 45 ans. Ils sont bardés de diplômes et sont souvent considérés comme des hauts potentiels. Ils travaillent dans des structures de moyennes ou de grandes tailles. Mais un jour, sans crier gare, ils désobéissent. Sentiment de ne pas être écouté, promotion piégée, décision arbitraire, cynisme des dirigeants, arrogance dans la façon de traiter les projets, voilà pour l’éventail des détonateurs.
Et si ces détonateurs sont nombreux, le nombre de mutins en cols blancs le serait tout autant. « Qui devient rebelle ? N’importe lequel d’entre nous » selon Jean-Claude Thoenig. Les rébellions de cadres se développent et se multiplient. Avec à la clé, des conséquences souvent douloureuses et parfois inattendues. « Entrer en rébellion ne relève pas de la partie de plaisir. L’expérience est lourde et laisse des cicatrices durables. Pour le rebelle : remise en cause de son identité, de sa carrière et de son emploi. Pour l’entreprise : risque de voir partir les cadres jugés jusque-là les plus prometteurs. Mais en même temps, la contestation est une occasion unique de produire des changements. »
Une chance pour l'entreprise
Et c’est bien là la surprise, car le rebelle vient contester et concurrencer sa hiérarchie sur le même terrain, avec le même langage des dirigeants, celui du business et de la performance. « Souvent, expliquent les auteurs, ce sont des actes de rébellion qui ouvrent à l’entreprise des pistes pour le changement. » La rébellion est orientée contre un style de management jugé "technocratique", basé « sur le chiffre et la relation à distance, entre le subordonné et la hiérarchie ». Les mots d'ordre tels que « Se donner corps et âme à l’entreprise » ou encore « Ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour le salarié » semblent avoir atteint leurs limites. Plusieurs entreprises l’ont déjà compris. Dans leur ouvrage, les auteurs n’hésitent pas à les citer. Elles s’appellent L’Oréal, Google ou Royal Canin. Elles ont adopté un management "polyarchique", dans lequel la communication est rétablie, et la contestation des cadres écoutée, voire même encouragée. L'organisation des pouvoirs y est "polycentrique". Et les auteurs de rappeler que « les entreprises peuvent être fondées sur la coopération. Elles ne sont pas par nature, ou par fatalité, fondées sur l’antagonisme. Elles ne se résument pas à deux mondes - les élites et les « gens d’en bas » - avec des élites qui posséderaient le pouvoir exclusif de guider, coacher, aiguiller, contraindre."
Mis en ligne le 5 septembre 2008
newzy.fr
C’est une révolution ? Non patron. C’est une rébellion ! La comparaison est peut-être un peu forte, mais elle a le mérite d’être explicite. Dans leur dernier livre, « Quand les cadres se rebellent (1)» les sociologues David Courpasson et Jean-Claude Thoenig lèvent le voile sur ces cadres qui, un jour, osent dire « NON », contestent leur hiérarchie, renoncent à une promotion, et finalement bousculent le management.
Mutins en cols blancs
Ils ont entre 30 et 45 ans. Ils sont bardés de diplômes et sont souvent considérés comme des hauts potentiels. Ils travaillent dans des structures de moyennes ou de grandes tailles. Mais un jour, sans crier gare, ils désobéissent. Sentiment de ne pas être écouté, promotion piégée, décision arbitraire, cynisme des dirigeants, arrogance dans la façon de traiter les projets, voilà pour l’éventail des détonateurs.
Et si ces détonateurs sont nombreux, le nombre de mutins en cols blancs le serait tout autant. « Qui devient rebelle ? N’importe lequel d’entre nous » selon Jean-Claude Thoenig. Les rébellions de cadres se développent et se multiplient. Avec à la clé, des conséquences souvent douloureuses et parfois inattendues. « Entrer en rébellion ne relève pas de la partie de plaisir. L’expérience est lourde et laisse des cicatrices durables. Pour le rebelle : remise en cause de son identité, de sa carrière et de son emploi. Pour l’entreprise : risque de voir partir les cadres jugés jusque-là les plus prometteurs. Mais en même temps, la contestation est une occasion unique de produire des changements. »
Une chance pour l'entreprise
Et c’est bien là la surprise, car le rebelle vient contester et concurrencer sa hiérarchie sur le même terrain, avec le même langage des dirigeants, celui du business et de la performance. « Souvent, expliquent les auteurs, ce sont des actes de rébellion qui ouvrent à l’entreprise des pistes pour le changement. » La rébellion est orientée contre un style de management jugé "technocratique", basé « sur le chiffre et la relation à distance, entre le subordonné et la hiérarchie ». Les mots d'ordre tels que « Se donner corps et âme à l’entreprise » ou encore « Ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour le salarié » semblent avoir atteint leurs limites. Plusieurs entreprises l’ont déjà compris. Dans leur ouvrage, les auteurs n’hésitent pas à les citer. Elles s’appellent L’Oréal, Google ou Royal Canin. Elles ont adopté un management "polyarchique", dans lequel la communication est rétablie, et la contestation des cadres écoutée, voire même encouragée. L'organisation des pouvoirs y est "polycentrique". Et les auteurs de rappeler que « les entreprises peuvent être fondées sur la coopération. Elles ne sont pas par nature, ou par fatalité, fondées sur l’antagonisme. Elles ne se résument pas à deux mondes - les élites et les « gens d’en bas » - avec des élites qui posséderaient le pouvoir exclusif de guider, coacher, aiguiller, contraindre."
Mis en ligne le 5 septembre 2008
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