Le charisme se travaille aussi !

Réussir à marier charisme et leadership est le propre des grands managers. Des qualités à développer grâce au théâtre, à la lecture ou bien aux clubs.

Le dirigeant, outre ses compétences et son efficacité, doit faire preuve d'un pouvoir un peu mystérieux, nommé "charisme". C'est ainsi que le Collège de Polytechnique, organisme de formation continue de l'École du même nom, a présenté une formation dédiée aux managers. Il y a, en effet, dans le charisme quelque chose de totalement immatériel. « C'est une façon d'être dont participent divers attributs, tels que le look, la voix, etc., explique Gilles Dacquet, directeur général de DDI France, cabinet conseil en ressources humaines et développement managérial.

Le charisme dépend, par exemple, des attitudes non verbales qui agissent dans la communication avec autrui, mais aussi de l'empathie, de la gestuelle, du ton de la voix, du débit ou encore de la façon de s'exprimer. Au final, une personne dotée de charisme a plus d'impact sur autrui qu'une personne qui n'en possède pas. » Des qualités importantes pour un directeur commercial amené à séduire, selon le cas, des clients ou ses propres collaborateurs.

Le leadership, que l'on associe souvent au charisme, est, pour sa part, plus complexe. « Un leader est quelqu'un qui possède, en plus, cette petite étincelle qui donne aux autres l'envie de s'engager », explique Gilles Dacquet. « Un manager leader implique et responsabilise ses collaborateurs, confirme Marc Toquebiau, directeur commercial de Sony IT France, spécialiste de l'informatique de loisir. Il donne à chacun la possibilité de grandir. » Mais ce n'est pas tout. La qualité d'un leader, c'est aussi de savoir s'entourer de personnes de talent.

LE CHARISME ET SES PAILLETTES
Antoine Riboud, ancien p-dg de Danone, grand capitaine de l'industrie française, estimait qu'un grand manager se reconnaît à sa capacité à s'entourer de collaborateurs plus compétents que lui. On est loin, ici, des considérations superficielles. Car le leader est, au contraire, exigeant en matière de performance, joue un rôle de coach et fidélise ses collaborateurs les plus talentueux. Après avoir longtemps célébré le charisme et ses paillettes au cours des années 80, le monde de l'entreprise revient peu à peu à des valeurs plus profondes, et plébiscite le leadership. Le contexte de crise n'y est sûrement pas étranger. « En effet, les commerciaux ont dû faire plus avec moins, explique Gilles Dacquet. Du même coup, l'encadrement a adopté une stratégie plus accrocheuse : créer davantage de valeur ajoutée sur le terrain pour contrer la concurrence, tout en restant proche de ses équipes. »

D'autre part – on ne cesse de le répéter – le désamour entre les salariés et les entreprises ne cesse d'augmenter. Une récente enquête menée par Guillaume Tell, société de conseil en marketing RH, suggérait que les jeunes générations de cadres ne pensaient qu'aux RTT ! Les managers qui veulent mobiliser davantage les commerciaux autour du projet d'entreprise doivent donc à tout prix améliorer et déployer leur leadership.

ON NE NAÎT PAS LEADER !
« Le charisme, “ça en jette” au premier coup d'œil. C'est bien, mais c'est loin d'être suffisant ! », résume Gilles Dacquet. Peut-on réellement acquérir les qualités d'un leader ? « Oui », répondent en cœur les experts en ressources humaines et gestion de carrière. « On ne naît pas leader, on le devient », assure Philippe Coste, directeur associé de La porte s'ouvre, spécialiste de formations par le théâtre. Pour développer son charisme, il est par exemple conseillé de suivre une initiation aux techniques de communication, et de la compléter, éventuellement, par un stage de relooking, un créneau en pleine croissance. Au programme de ces apprentissages un peu particuliers, un travail complet sur la voix, la gestuelle, la façon d'évoluer dans un espace, ou encore la façon de s'habiller.

Le leadership également s'apprend, mais en partie seulement. Ainsi, on n'acquiert pas la capacité d'analyse et de prise de décision au cours d'une formation. Pour commencer, Gilles Dacquet (DDI France) conseille de faire un bilan « afin d'identifier précisément les lacunes à combler ». Le “360 degrés”, méthode qui consiste à jauger une personne à partir des avis croisés de ses supérieurs, de ses subordonnés et d'autres collègues, est un outil approprié. Chez certains, le point faible va porter sur la capacité à bien recruter ; chez d'autres sur l'aptitude à développer les compétences de ses collaborateurs. Un manager doit aussi accomplir un travail plus personnel : la lecture, par exemple, est un exercice fortement conseillé. Notamment celle d'ouvrages rédigés par ceux à qui l'on reconnaît charisme et leadership : Carlos Ghosn, Antoine Riboud, etc. Et puis, n'hésitez pas à côtoyer d'autres managers au sein de cercles ou de clubs de managers. On trouve souvent son inspiration auprès de ceux qui nous entourent.

Publié le 11 mars 2008

actionco.fr