Le coaching, pour quoi faire ?
13 Octobre 2006
Lu par 1561 personne(s)
Le coaching, tout le monde en parle, mais rares sont ceux qui l'ont expérimenté. L'Entreprise a demandé à quelques pionniers ce qu'ils ont retiré de leurs séances d'accompagnement personnel.
Me faire coacher, moi ? Quelle idée ! Jusqu'à preuve du contraire, je vais très bien. A peine caricaturale, cette réaction reflète le sentiment dominant à propos du coaching. Quand le côté « psychanalyse déguisée » n'est pas évoqué, c'est l'argument « mode pour cadres sup gâtés » qui vient sur le tapis.
Pour vous permettre de vous faire une opinion, nous avons recueilli les impressions de deux cadres qui ont tenté l'expérience. Pourquoi se sont-ils fait coacher ? Comment s'est déroulée l'aventure ? Quel bilan en tirent-ils ? Cela vaut vraiment la peine d'en savoir plus avant de se lancer...
"J'ai mis de l'ordre dans mes priorités"
Yves Kovacs, PDG de Sepia Conseils (conseil en gestion de l'eau) a pris conscience du fait que pour que le coaching fonctionne, il faut vouloir progresser.
A l'occasion d'une formation en communication, ce dirigeant d'une petite société de services fait la connaissance d'un coach, avec lequel il sympathise. « Nous avons discuté de nos métiers respectifs et son activité a suscité ma curiosité et mon intérêt, raconte Yves Kovacs. Etant par nature ouvert aux conseils extérieurs, je me suis dit que son aide pourrait m'être utile. »
> Le thème de son coaching (six séances de deux heures).
« J'avais différents problèmes en tête. Au départ, j'étais ingénieur-conseil indépendant. Comme je ne pouvais plus faire face seul aux commandes que l'on me passait, j'ai créé une structure, qui comprend aujourd'hui huit personnes. Je souhaitais à la fois réfléchir à ma stratégie, améliorer la gestion de mon temps et trouver des moyens pour renforcer la motivation de mon équipe. »
> Comment les séances se sont déroulées.
« Mon coach m'a d'abord demandé de transformer toutes les problématiques que j'exprimais en objectifs d'amélioration. Au fil du temps, et sans que je comprenne comment, il m'a amené à réaliser que je n'affirmais pas assez mon leadership, explique le dirigeant de Sepia Conseils. J'avais tendance à laisser tout le monde s'exprimer sur tous les sujets, sans trancher. J'ai compris qu'il fallait que je laisse un peu moins d'autonomie à mes salariés, que je sois plus présent dans le processus de décision. A priori, cela n'avait rien à voir avec mes objectifs de départ, mais, au final, cette affirmation de mon leadership a créé de la cohésion en interne et a donc renforcé la motivation de tout le monde. »
Yves Kovacs a également progressé sur la gestion de son temps grâce à une suggestion de son coach : s'accorder chaque jour une heure sans être dérangé par personne. « C'est tout bête, reconnaît-il. Mais, sans lui, je ne serais jamais parvenu à prendre une décision aussi évidente. »
Le bilan de son coaching
« Cela m'a permis de remettre de l'ordre dans les priorités par rapport à mon statut de dirigeant. Depuis ces séances, j'ai conscience que je dois apporter à mes salariés davantage que ma valeur ajoutée d'expert-ingénieur. Mais je dois préciser qu'il faut vouloir progresser pour que ça fonctionne. Si l'on part du principe que tout est de la faute de l'Urssaf et de la mondialisation, le coaching ne servira à rien. Il faut vouloir changer soi-même. »
"J'ai pris conscience de mes véritables motivations"
Hugues Margueritte, secrétaire général de Groupama - Ile-de-France-Picardie (assurances) a le sentiment que son coach l'a aidé à débloquer quelque chose en lui.
En mars 2000, Hugues Margueritte constate avec regret qu'il s'ennuie dans sa fonction de directeur informatique. « J'avais le sentiment d'avoir fait le tour de la question, se souvient-il. Alors je suis allé voir mon directeur général pour lui dire que je voulais partir. Apparemment, il tenait à me garder puisqu'il m'a tout de suite demandé si de nouvelles responsabilités dans la société me feraient changer d'avis. » Seul problème, Hugues Margueritte n'a aucune idée de ce qu'il veut faire. D'où l'offre de son DG : pourquoi pas un coaching ?
> Le thème de son coaching (six séances de deux heures) : définir ses souhaits d'orientation de carrière.
> Comment les séances se sont-elles déroulées ?
Après la réunion de cadrage, le coach et le cadre de Groupama établissent ensemble un plan de réflexion autour de quatre thèmes : l'entourage personnel de Hugues Margueritte, son cursus professionnel, son environnement professionnel actuel et enfin ses projets. « Nous avons discuté de tout cela au fil des semaines et je me suis réveillé un beau jour en sachant ce que je voulais faire, se souvient-il. Contre toute attente, le déclic s'est opéré au matin de la cinquième séance. J'ai pris conscience de mon désir de passer à la direction générale alors que j'avais toujours exprimé le souhait de me cantonner à des fonctions informatiques. Lors de cette séance, le coach m'a fait analyser mon désir en détail. Ensuite, je suis allé exposer mon projet à mon employeur, avant une dernière séance de débriefing sur la proposition de Groupama : un poste proche de la direction générale à l'horizon de dix-huit mois. »
Le bilan de son coaching
« Cette expérience a mis mes motivations au jour en m'éclairant sur ce qui me procurait des satisfactions professionnelles et sur les arguments que je pouvais faire valoir pour légitimer mon désir de changement. Vu de l'extérieur, de telles aspirations peuvent sembler évidentes, mais elles ne l'étaient pas pour moi. En tant que patron de l'informatique, je pilotais des projets techniques. Devenir secrétaire général d'un établissement revient à avoir une activité d'assureur. C'est le jour et la nuit entre ces deux fonctions. Grâce à des aptitudes que je ne saurais pas analyser avec précision, mon coach a débloqué quelque chose en moi. »
Lentreprise.com
Me faire coacher, moi ? Quelle idée ! Jusqu'à preuve du contraire, je vais très bien. A peine caricaturale, cette réaction reflète le sentiment dominant à propos du coaching. Quand le côté « psychanalyse déguisée » n'est pas évoqué, c'est l'argument « mode pour cadres sup gâtés » qui vient sur le tapis.
Pour vous permettre de vous faire une opinion, nous avons recueilli les impressions de deux cadres qui ont tenté l'expérience. Pourquoi se sont-ils fait coacher ? Comment s'est déroulée l'aventure ? Quel bilan en tirent-ils ? Cela vaut vraiment la peine d'en savoir plus avant de se lancer...
"J'ai mis de l'ordre dans mes priorités"
Yves Kovacs, PDG de Sepia Conseils (conseil en gestion de l'eau) a pris conscience du fait que pour que le coaching fonctionne, il faut vouloir progresser.
A l'occasion d'une formation en communication, ce dirigeant d'une petite société de services fait la connaissance d'un coach, avec lequel il sympathise. « Nous avons discuté de nos métiers respectifs et son activité a suscité ma curiosité et mon intérêt, raconte Yves Kovacs. Etant par nature ouvert aux conseils extérieurs, je me suis dit que son aide pourrait m'être utile. »
> Le thème de son coaching (six séances de deux heures).
« J'avais différents problèmes en tête. Au départ, j'étais ingénieur-conseil indépendant. Comme je ne pouvais plus faire face seul aux commandes que l'on me passait, j'ai créé une structure, qui comprend aujourd'hui huit personnes. Je souhaitais à la fois réfléchir à ma stratégie, améliorer la gestion de mon temps et trouver des moyens pour renforcer la motivation de mon équipe. »
> Comment les séances se sont déroulées.
« Mon coach m'a d'abord demandé de transformer toutes les problématiques que j'exprimais en objectifs d'amélioration. Au fil du temps, et sans que je comprenne comment, il m'a amené à réaliser que je n'affirmais pas assez mon leadership, explique le dirigeant de Sepia Conseils. J'avais tendance à laisser tout le monde s'exprimer sur tous les sujets, sans trancher. J'ai compris qu'il fallait que je laisse un peu moins d'autonomie à mes salariés, que je sois plus présent dans le processus de décision. A priori, cela n'avait rien à voir avec mes objectifs de départ, mais, au final, cette affirmation de mon leadership a créé de la cohésion en interne et a donc renforcé la motivation de tout le monde. »
Yves Kovacs a également progressé sur la gestion de son temps grâce à une suggestion de son coach : s'accorder chaque jour une heure sans être dérangé par personne. « C'est tout bête, reconnaît-il. Mais, sans lui, je ne serais jamais parvenu à prendre une décision aussi évidente. »
Le bilan de son coaching
« Cela m'a permis de remettre de l'ordre dans les priorités par rapport à mon statut de dirigeant. Depuis ces séances, j'ai conscience que je dois apporter à mes salariés davantage que ma valeur ajoutée d'expert-ingénieur. Mais je dois préciser qu'il faut vouloir progresser pour que ça fonctionne. Si l'on part du principe que tout est de la faute de l'Urssaf et de la mondialisation, le coaching ne servira à rien. Il faut vouloir changer soi-même. »
"J'ai pris conscience de mes véritables motivations"
Hugues Margueritte, secrétaire général de Groupama - Ile-de-France-Picardie (assurances) a le sentiment que son coach l'a aidé à débloquer quelque chose en lui.
En mars 2000, Hugues Margueritte constate avec regret qu'il s'ennuie dans sa fonction de directeur informatique. « J'avais le sentiment d'avoir fait le tour de la question, se souvient-il. Alors je suis allé voir mon directeur général pour lui dire que je voulais partir. Apparemment, il tenait à me garder puisqu'il m'a tout de suite demandé si de nouvelles responsabilités dans la société me feraient changer d'avis. » Seul problème, Hugues Margueritte n'a aucune idée de ce qu'il veut faire. D'où l'offre de son DG : pourquoi pas un coaching ?
> Le thème de son coaching (six séances de deux heures) : définir ses souhaits d'orientation de carrière.
> Comment les séances se sont-elles déroulées ?
Après la réunion de cadrage, le coach et le cadre de Groupama établissent ensemble un plan de réflexion autour de quatre thèmes : l'entourage personnel de Hugues Margueritte, son cursus professionnel, son environnement professionnel actuel et enfin ses projets. « Nous avons discuté de tout cela au fil des semaines et je me suis réveillé un beau jour en sachant ce que je voulais faire, se souvient-il. Contre toute attente, le déclic s'est opéré au matin de la cinquième séance. J'ai pris conscience de mon désir de passer à la direction générale alors que j'avais toujours exprimé le souhait de me cantonner à des fonctions informatiques. Lors de cette séance, le coach m'a fait analyser mon désir en détail. Ensuite, je suis allé exposer mon projet à mon employeur, avant une dernière séance de débriefing sur la proposition de Groupama : un poste proche de la direction générale à l'horizon de dix-huit mois. »
Le bilan de son coaching
« Cette expérience a mis mes motivations au jour en m'éclairant sur ce qui me procurait des satisfactions professionnelles et sur les arguments que je pouvais faire valoir pour légitimer mon désir de changement. Vu de l'extérieur, de telles aspirations peuvent sembler évidentes, mais elles ne l'étaient pas pour moi. En tant que patron de l'informatique, je pilotais des projets techniques. Devenir secrétaire général d'un établissement revient à avoir une activité d'assureur. C'est le jour et la nuit entre ces deux fonctions. Grâce à des aptitudes que je ne saurais pas analyser avec précision, mon coach a débloqué quelque chose en moi. »
Lentreprise.com
