Monitoring : Gérer, c'est anticiper
11 Septembre 2009
Lu par 3974 personne(s)
Les managers et décideurs sont appelés à être proactifs et à ne pas attendre la panne pour réagir.
Fini l'ère où l'on peut se contenter de subir et de réagir face à un incident majeur ou une panne. Les managers, décideurs et responsables RH sont appelés à être aux aguets. Dans leur livre intitulé «L'anticipation : L'éternel mirage du management ?», les auteurs Sandra Bellier et Adeline Benoist précise que l'anticipation est d'abord une démarche intellectuelle et un mode particulier de traitement de l'information.
Ceci nous même vers le monitoring. Longtemps appliqué au domaine informatique et de clinique, ce procédé est de plus en plus adopté en management, surtout, à l'étranger. Au Maroc, rare sont les DRH qui l'appliquent, c'est une méthode de gestion qui commence à se faire connaître et apprécier. En revanche, l'attitude du " nez sur le guidon " reste la plus courante, à quelques exceptions près.
Ainsi, pour éviter les dégradations de performances et les risques de défaillance, le manager doit rester vigilant, se munir de moyens pouvant permettre d'assurer une bonne veille. Parmi les outils clés, sur lesquels s'appuie le monitoring, les tableaux de bord, assurant un suivi permanent des activités des collaborateurs, restent les plus efficaces. Ces derniers s'avèrent être un instrument de pilotage, de suivi de l'activité, de communication et de prise de décision performants. Le manager en a besoin, puisqu'il doit être toujours réactif et savoir gérer l'urgence car plus il anticipe, plus il est efficace, même sous la pression. D'où l'intérêt de se doter de moyens d'alerte et d'anticipation fiables.
En fait, les tableaux de bord, permettant de réaliser le bilan social de l'entreprise, s'imposent comme un formidable outil stratégique pour la DRH et pour toute l'entreprise, à condition de recenser les bons indicateurs et savoir les présenter de manière pertinente à chacun des destinataires (services internes, partenaires sociaux, etc.). Par ailleurs, un suivi régulier et une actualisation des données s'imposent pour une meilleure gestion. Le manager peut ainsi détecter, plus facilement, les dysfonctionnements et sache y remédier à temps.
Par ailleurs, l'élaboration et le suivi d'un tableau de bord aident l'entrepreneur à prendre du recul et se dégager des urgences, à planifier son développement et aussi à mesurer régulièrement le chemin accompli et à corriger les écarts. In fine, le manager d'aujourd'hui, dans le contexte mondial actuel, devra apprendre à appliquer le monitoring. Et pour cause, il doit s'adapter à des situations nouvelles, à des contraintes nouvelles, à des exigences organisationnelles et environnementales nouvelles... pour atteindre les objectifs et réaliser de bonnes performances.
«C'est l'art de maîtriser les indicateurs clefs»Avis de l'expert - Mohammed Benouarrek
Quelle est la définition du monitoring ?
Anglicisme oblige, le terme monitoring dénote toute activité de surveillance. Avant d'envahir le monde managérial comme terme et pratique, le monitoring fut utilisé fréquemment dans le domaine d'informatique et clinique. Dans le cadre managérial, le monitoring dénote le suivi et la surveillance des activités et/ou des collaborateurs. Certains parlent aussi du management à la télécommande. Le monitoring et bien plus que ça. C'est l'art de maîtriser les indicateurs clefs à travers lesquels le manager peut en snapshot (résumé) assurer le contrôle et le suivi nécessaires. Ceci, bien entendu, fait partie du savoir-faire.
Certains managers excellent dans la pratique et l'exercice direct de leurs missions, mais ont du mal à exceller dans la continuité pour les projets étalés sur le temps et nécessitant un suivi lointain ou bien pour des missions à réaliser à travers d'autres collaborateurs et nécessitant un contrôle et accompagnement à distance (pas forcément dans le sens géographique du terme).
Quels sont les outils du monitoring managérial ?
Le monitoring repose sur une batterie d'outils. Parmi les outils les plus fréquemment utilisés, nous pouvons citer le tableau de bord. Ce dernier représente un ensemble d'indicateurs clefs de performance ou d'autres variables, le tout permettant à l'utilisateur de suivre de loin l'évolution du travail, mission, projet, etc. Le monitoring repose aussi sur des comportements managériaux tels que le style de management adopté. Le MBWA (Mangement by Walking Around) à savoir la gestion à travers la proximité avec ses collaborateurs en allant vers eux, partageant leur espace, etc. est aussi une forme de monitoring. Je dirais même que l'open space peut être utilisé d'une manière déguisée comme une forme de monitoring sur le tas.
Quels sont les abus du monitoring ?
Le monitoring permet d'assurer un suivi et accompagnement afin d'éviter les moments délicats. Il permet aussi d'éviter, ou au pire des cas, d'intervenir en moment de crise ou de besoin. Ceci dit, comme toute autre chose, le monitoring peut être mal pratiqué ou compris et peut mener par conséquent à des résultats navrants. Certains managers confondent encore entre le monitoring et le micro management. Pousser le monitoring à l'extrême présence et interventionnisme de la part du manager peut mener vers le micro management qui désigne le fait de se mêler du travail des collaborateurs à la pointeuse et ne pas de contenter d'assurer un accompagnement et un contrôle de loin. L'autre facette extrême du monitoring est le management animique.
Certains managers savourent leur rôle de contrôle et suivi lointain et s'éloignent du travail et du terrain. Ils restent minimalistes quant à leur implication et degré d'intervention. Ceci tombe dans le champ du management animique. Pour conclure, le monitoring est du sur-mesure très customisé en fonction de la nature des activités, les procédures de contrôle automatisées et les procédures de travail mises en place ainsi que le degré d'autonomie des collaborateurs. Le dosage se fait à la lumière de ces facteurs.
Nadia Dref
Publié le 6 septembre 2009
Mis en ligne le 11 septembre 2009
lematin.ma
Fini l'ère où l'on peut se contenter de subir et de réagir face à un incident majeur ou une panne. Les managers, décideurs et responsables RH sont appelés à être aux aguets. Dans leur livre intitulé «L'anticipation : L'éternel mirage du management ?», les auteurs Sandra Bellier et Adeline Benoist précise que l'anticipation est d'abord une démarche intellectuelle et un mode particulier de traitement de l'information.
Ceci nous même vers le monitoring. Longtemps appliqué au domaine informatique et de clinique, ce procédé est de plus en plus adopté en management, surtout, à l'étranger. Au Maroc, rare sont les DRH qui l'appliquent, c'est une méthode de gestion qui commence à se faire connaître et apprécier. En revanche, l'attitude du " nez sur le guidon " reste la plus courante, à quelques exceptions près.
Ainsi, pour éviter les dégradations de performances et les risques de défaillance, le manager doit rester vigilant, se munir de moyens pouvant permettre d'assurer une bonne veille. Parmi les outils clés, sur lesquels s'appuie le monitoring, les tableaux de bord, assurant un suivi permanent des activités des collaborateurs, restent les plus efficaces. Ces derniers s'avèrent être un instrument de pilotage, de suivi de l'activité, de communication et de prise de décision performants. Le manager en a besoin, puisqu'il doit être toujours réactif et savoir gérer l'urgence car plus il anticipe, plus il est efficace, même sous la pression. D'où l'intérêt de se doter de moyens d'alerte et d'anticipation fiables.
En fait, les tableaux de bord, permettant de réaliser le bilan social de l'entreprise, s'imposent comme un formidable outil stratégique pour la DRH et pour toute l'entreprise, à condition de recenser les bons indicateurs et savoir les présenter de manière pertinente à chacun des destinataires (services internes, partenaires sociaux, etc.). Par ailleurs, un suivi régulier et une actualisation des données s'imposent pour une meilleure gestion. Le manager peut ainsi détecter, plus facilement, les dysfonctionnements et sache y remédier à temps.
Par ailleurs, l'élaboration et le suivi d'un tableau de bord aident l'entrepreneur à prendre du recul et se dégager des urgences, à planifier son développement et aussi à mesurer régulièrement le chemin accompli et à corriger les écarts. In fine, le manager d'aujourd'hui, dans le contexte mondial actuel, devra apprendre à appliquer le monitoring. Et pour cause, il doit s'adapter à des situations nouvelles, à des contraintes nouvelles, à des exigences organisationnelles et environnementales nouvelles... pour atteindre les objectifs et réaliser de bonnes performances.
«C'est l'art de maîtriser les indicateurs clefs»Avis de l'expert - Mohammed Benouarrek
Quelle est la définition du monitoring ?
Anglicisme oblige, le terme monitoring dénote toute activité de surveillance. Avant d'envahir le monde managérial comme terme et pratique, le monitoring fut utilisé fréquemment dans le domaine d'informatique et clinique. Dans le cadre managérial, le monitoring dénote le suivi et la surveillance des activités et/ou des collaborateurs. Certains parlent aussi du management à la télécommande. Le monitoring et bien plus que ça. C'est l'art de maîtriser les indicateurs clefs à travers lesquels le manager peut en snapshot (résumé) assurer le contrôle et le suivi nécessaires. Ceci, bien entendu, fait partie du savoir-faire.
Certains managers excellent dans la pratique et l'exercice direct de leurs missions, mais ont du mal à exceller dans la continuité pour les projets étalés sur le temps et nécessitant un suivi lointain ou bien pour des missions à réaliser à travers d'autres collaborateurs et nécessitant un contrôle et accompagnement à distance (pas forcément dans le sens géographique du terme).
Quels sont les outils du monitoring managérial ?
Le monitoring repose sur une batterie d'outils. Parmi les outils les plus fréquemment utilisés, nous pouvons citer le tableau de bord. Ce dernier représente un ensemble d'indicateurs clefs de performance ou d'autres variables, le tout permettant à l'utilisateur de suivre de loin l'évolution du travail, mission, projet, etc. Le monitoring repose aussi sur des comportements managériaux tels que le style de management adopté. Le MBWA (Mangement by Walking Around) à savoir la gestion à travers la proximité avec ses collaborateurs en allant vers eux, partageant leur espace, etc. est aussi une forme de monitoring. Je dirais même que l'open space peut être utilisé d'une manière déguisée comme une forme de monitoring sur le tas.
Quels sont les abus du monitoring ?
Le monitoring permet d'assurer un suivi et accompagnement afin d'éviter les moments délicats. Il permet aussi d'éviter, ou au pire des cas, d'intervenir en moment de crise ou de besoin. Ceci dit, comme toute autre chose, le monitoring peut être mal pratiqué ou compris et peut mener par conséquent à des résultats navrants. Certains managers confondent encore entre le monitoring et le micro management. Pousser le monitoring à l'extrême présence et interventionnisme de la part du manager peut mener vers le micro management qui désigne le fait de se mêler du travail des collaborateurs à la pointeuse et ne pas de contenter d'assurer un accompagnement et un contrôle de loin. L'autre facette extrême du monitoring est le management animique.
Certains managers savourent leur rôle de contrôle et suivi lointain et s'éloignent du travail et du terrain. Ils restent minimalistes quant à leur implication et degré d'intervention. Ceci tombe dans le champ du management animique. Pour conclure, le monitoring est du sur-mesure très customisé en fonction de la nature des activités, les procédures de contrôle automatisées et les procédures de travail mises en place ainsi que le degré d'autonomie des collaborateurs. Le dosage se fait à la lumière de ces facteurs.
Nadia Dref
Publié le 6 septembre 2009
Mis en ligne le 11 septembre 2009
lematin.ma
