Quand la CNAM booste l’industrie pharmaceutique tunisienne !
9 Octobre 2009
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La mise en place, il y a deux ans, en Tunisie, de la réforme de l’assurance maladie et la création d’une Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), a été le prélude à des changements structurels pour le secteur de la santé. Fait moins connu, cette réforme a également eu un effet pour l’industrie pharmaceutique nationale, qui bénéficie depuis, de conditions préférentielles, qui ont permis l’augmentation du volume des ventes mais aussi de la marge des bénéfices.
La CNAM, pour rappel, a été créée pour garantir l’équité d’accès aux soins à tous les Tunisiens. Elle s’est dotée, pour ce faire, d’un système de relations conventionnelles avec la majorité des prestataires de soins nationaux. La CNAM a également imposé une grille tarifaire des remboursements de médicaments sur la base des médicaments génériques, soit les moins chers sur le marché. Seule exception : les cas où il n’existe pas de médicaments génériques pour le traitement de la maladie. Dans ce scénario, la CNAM accepte de rembourser le prix du médicament princeps. En effet, il faut savoir que le fait de promouvoir les médicaments génériques est doublement profitable. Les médicaments génériques sont entre 30% et 40% moins chers pour le patient que les médicaments sous licence, et offrent l’avantage d'être plus rentables pour les laboratoires tunisiens même si les prix à la vente sont plus bas que les médicaments princeps. Il faut savoir aussi que la marge bénéficiaire pour un produit générique est généralement supérieure à un médicament sous licence (jusqu’à 30%). Le prix du générique varie grandement selon qu’il est récent ou pas, un générique récemment mis sur le marché ne possédant pas d’équivalent ou de concurrent risque d’être plus cher qu’un autre plus ancien, et qui est en concurrence avec d’autres médicaments similaires.
Dans de telles conditions, le nouveau système d’assurance maladie tunisien est pain béni pour les 41 unités de production pharmaceutiques du pays, dont la production locale dépasse les 300 millions de dinars. 54% des médicaments tunisiens sont produits sous licence alors que les médicaments génériques couvrent 47% de la valeur des produits vendus, et 57% du volume de la consommation nationale. Pour rappel, l’industrie qui emploie plus de 3R01;800 personnes (dont 37 % de pharmaciens, d’ingénieurs pharmaceutiques, de techniciens supérieurs, etc..), exporte près de 7% de sa production à l’étranger. Ces exportations tunisiennes d’une valeur globale de 20 millions de dinars sont principalement destinées à 75%, à 4 marchés (Libye, Algérie, France, Maroc).
Le tissu industriel pharmaceutique tunisien qui est constitué principalement d’unités de petite taille, se tourne de plus en plus vers l’export, une situation qui nécessite d’atteindre une taille critique et donc de favoriser les fusions. Il s’agit de permettre une meilleure visibilité et de mutualiser les moyens indispensables dans le domaine de la biotechnologie qui est le principal secteur d’innovation permettant à l’industrie pharmaceutique tunisienne de s’affirmer face aux géants pharmaceutiques européens et américains.
Les marges de profits générés par la vente du générique devraient permettre aux laboratoires tunisiens de mobiliser les ressources nécessaires pour la recherche et le développement de nouveaux médicaments. Il convient de rappeler que les laboratoires internationaux (les big pharma) réservent près de 15% à 20% de leurs revenus à la recherche et au développement (R&D). Dorénavant, les laboratoires tunisiens veulent accéder à ce niveau. Un premier a déjà été franchi avec la mise en place de la BiotechPole de sidi Thabet qui s’étendra sur près de 112 hectares. L’organisation en décembre 2008, du premier Salon international de la pharmacie et du bien-être en Tunisie et l’élaboration par le ministère de la Santé d’un plan stratégique pour la santé jusqu’à l’horizon 2016 et d’une feuille de route spécifique à l’industrie pharmaceutique annoncent d’importantes mutations et un développement à pas forcés pour ce secteur.
Publié le 8 Octobre 2009
Mis en ligne le 9 Octobre 2009
africanmanager.com
La CNAM, pour rappel, a été créée pour garantir l’équité d’accès aux soins à tous les Tunisiens. Elle s’est dotée, pour ce faire, d’un système de relations conventionnelles avec la majorité des prestataires de soins nationaux. La CNAM a également imposé une grille tarifaire des remboursements de médicaments sur la base des médicaments génériques, soit les moins chers sur le marché. Seule exception : les cas où il n’existe pas de médicaments génériques pour le traitement de la maladie. Dans ce scénario, la CNAM accepte de rembourser le prix du médicament princeps. En effet, il faut savoir que le fait de promouvoir les médicaments génériques est doublement profitable. Les médicaments génériques sont entre 30% et 40% moins chers pour le patient que les médicaments sous licence, et offrent l’avantage d'être plus rentables pour les laboratoires tunisiens même si les prix à la vente sont plus bas que les médicaments princeps. Il faut savoir aussi que la marge bénéficiaire pour un produit générique est généralement supérieure à un médicament sous licence (jusqu’à 30%). Le prix du générique varie grandement selon qu’il est récent ou pas, un générique récemment mis sur le marché ne possédant pas d’équivalent ou de concurrent risque d’être plus cher qu’un autre plus ancien, et qui est en concurrence avec d’autres médicaments similaires.
Dans de telles conditions, le nouveau système d’assurance maladie tunisien est pain béni pour les 41 unités de production pharmaceutiques du pays, dont la production locale dépasse les 300 millions de dinars. 54% des médicaments tunisiens sont produits sous licence alors que les médicaments génériques couvrent 47% de la valeur des produits vendus, et 57% du volume de la consommation nationale. Pour rappel, l’industrie qui emploie plus de 3R01;800 personnes (dont 37 % de pharmaciens, d’ingénieurs pharmaceutiques, de techniciens supérieurs, etc..), exporte près de 7% de sa production à l’étranger. Ces exportations tunisiennes d’une valeur globale de 20 millions de dinars sont principalement destinées à 75%, à 4 marchés (Libye, Algérie, France, Maroc).
Le tissu industriel pharmaceutique tunisien qui est constitué principalement d’unités de petite taille, se tourne de plus en plus vers l’export, une situation qui nécessite d’atteindre une taille critique et donc de favoriser les fusions. Il s’agit de permettre une meilleure visibilité et de mutualiser les moyens indispensables dans le domaine de la biotechnologie qui est le principal secteur d’innovation permettant à l’industrie pharmaceutique tunisienne de s’affirmer face aux géants pharmaceutiques européens et américains.
Les marges de profits générés par la vente du générique devraient permettre aux laboratoires tunisiens de mobiliser les ressources nécessaires pour la recherche et le développement de nouveaux médicaments. Il convient de rappeler que les laboratoires internationaux (les big pharma) réservent près de 15% à 20% de leurs revenus à la recherche et au développement (R&D). Dorénavant, les laboratoires tunisiens veulent accéder à ce niveau. Un premier a déjà été franchi avec la mise en place de la BiotechPole de sidi Thabet qui s’étendra sur près de 112 hectares. L’organisation en décembre 2008, du premier Salon international de la pharmacie et du bien-être en Tunisie et l’élaboration par le ministère de la Santé d’un plan stratégique pour la santé jusqu’à l’horizon 2016 et d’une feuille de route spécifique à l’industrie pharmaceutique annoncent d’importantes mutations et un développement à pas forcés pour ce secteur.
Publié le 8 Octobre 2009
Mis en ligne le 9 Octobre 2009
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