Spécificités et diversité culturelle
22 Mai 2009
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Les méthodes de management, universellement reconnues, ont cours partout dans les régions du Maroc, mais elles sont imprégnées de la culture et de la spécificité locales… Une sorte de management adapté.
Les entreprises marocaines sont-elles sur la bonne voie en matière de management? Y a-t-il des différences dans le style de management entre les régions ou s’agit-il d’un style unique? Pour répondre à ces questions, Essor est parti à la découverte des principales régions du royaume (Casablanca, Rabat, Settat, Fès, Meknès, Marrakech, Agadir et Oujda) pour décrypter le style de management pratiqué dans chacune d’elles.
Le dirigeant illettré, qui gère son «entreprise-affaire» selon un système traditionnel et archaïque, soit seul, soit avec l’aide de membres de sa famille ou de proches, en recourant à des pratiques managériales de nature tribale, est un cliché suranné. Certes, ce type de dirigeant appelé communément «moul choukara», existe toujours, mais dans une faible proportion. D’ailleurs, certaines régions, composées majoritairement de ce type d’entreprise (familiale), comme le cas de Fès et d’Agadir, par exemple, ont compris la leçon. Leurs enfants, bardés de diplômes de hautes études décrochés en Europe ou aux États-unis, ont pu, grâce à leur maîtrise du management, donner une autre dimension à l’affaire familiale en privilégiant de nouveaux paramètres dans leur gestion. L’objectif étant de moderniser la structure, mais sans rompre avec la tradition et la culture régionale. Aujourd’hui, face au défi de la compétitivité, les dirigeants marocains sont influencés par les méthodes du management moderne qui, à leurs yeux, constituent une sorte de référence que l’entreprise marocaine devrait suivre. Néanmoins, le recours à des pratiques subjectives et l’adaptation à la culture locale semblent une évidence. Ainsi, les résultats montrent que le dirigeant casaoui n’est pas le dirigeant soussi, ni celui oujdi, ni... Chacun ayant son style et ses méthodes, qu’il adapte à la culture de son environnement (voir avis d’expert sur Agadir). Dans la métropole casablancaise, par exemple, tout le monde court contre la montre. Dans la majorité des entreprises, selon le secteur d’activité, les collaborateurs n’ont pas d’horaire fixe. Ils sont tenus d’effectuer leur travail, d’atteindre leurs objectifs avec des deadlines qu’ils doivent respecter. Et ceux qui ont opté pour l’horaire continu se sont organisés de manière à offrir à leur personnel des repas sur place afin d’optimiser temps et productivité. La prière, quant à elle, est souvent interdite sur les lieux de travail, contrairement à Fès, par exemple, qui l’autorise. Malgré ce genre de divergences, le point commun reste l’ampleur des liens personnels qui marquent le profil du dirigeant marocain: une caractéristique de la culture marocaine. Ce dernier, avec une personnalité aux facettes multiples, apparaît ainsi comme le «maître à bord», s’occupant de l’ensemble des problèmes dans tous les domaines (finance, production, approvisionnement, vente, etc.).
Néanmoins, entre les styles autoritaire, relationnel et participatif, la majorité des cas étudiés préfère le recours au compromis, ce qui donne naissance à un style dit mixte, combinant participation collective et management par objectifs. Une forme de management moderne vers laquelle s’oriente un nombre croissant d’entreprises et qui s’avère très efficace face aux situations complexes et/ou inédites. Vu de l’extérieur, il s’agit bien d’entreprises modernes où les grands principes de management de portée universelle (intégrité des responsables, écoute du personnel, transparence, confiance partagée, etc.) sont respectés. Mais si l’on va plus loin dans le concret, on s’aperçoit qu’elles mobilisent des formes de coopération s’appuyant sur des visions spécifiques de bonne manière de vivre ensemble, que les grands principes s’y retrouvent selon les spécificités locales et que c’est grâce à une telle image que le management «moderne», reçoit l’adhésion de ceux susceptibles de le mettre en œuvre. Ces entreprises constituent encore d’heureuses exceptions, mais la manière dont elles fonctionnent est hautement significative. Le chemin qu’elles montrent n’est pas illusoire, mais bel et bien l’avènement d’une forme de modernité. Sauf que si cette dernière ne tient pas compte de la tradition, de la culture, de la spécificité régionale, elle aura de faibles chances de réussir!
Mis en ligne le 22 mai 2009
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Essor
Les entreprises marocaines sont-elles sur la bonne voie en matière de management? Y a-t-il des différences dans le style de management entre les régions ou s’agit-il d’un style unique? Pour répondre à ces questions, Essor est parti à la découverte des principales régions du royaume (Casablanca, Rabat, Settat, Fès, Meknès, Marrakech, Agadir et Oujda) pour décrypter le style de management pratiqué dans chacune d’elles.
Le dirigeant illettré, qui gère son «entreprise-affaire» selon un système traditionnel et archaïque, soit seul, soit avec l’aide de membres de sa famille ou de proches, en recourant à des pratiques managériales de nature tribale, est un cliché suranné. Certes, ce type de dirigeant appelé communément «moul choukara», existe toujours, mais dans une faible proportion. D’ailleurs, certaines régions, composées majoritairement de ce type d’entreprise (familiale), comme le cas de Fès et d’Agadir, par exemple, ont compris la leçon. Leurs enfants, bardés de diplômes de hautes études décrochés en Europe ou aux États-unis, ont pu, grâce à leur maîtrise du management, donner une autre dimension à l’affaire familiale en privilégiant de nouveaux paramètres dans leur gestion. L’objectif étant de moderniser la structure, mais sans rompre avec la tradition et la culture régionale. Aujourd’hui, face au défi de la compétitivité, les dirigeants marocains sont influencés par les méthodes du management moderne qui, à leurs yeux, constituent une sorte de référence que l’entreprise marocaine devrait suivre. Néanmoins, le recours à des pratiques subjectives et l’adaptation à la culture locale semblent une évidence. Ainsi, les résultats montrent que le dirigeant casaoui n’est pas le dirigeant soussi, ni celui oujdi, ni... Chacun ayant son style et ses méthodes, qu’il adapte à la culture de son environnement (voir avis d’expert sur Agadir). Dans la métropole casablancaise, par exemple, tout le monde court contre la montre. Dans la majorité des entreprises, selon le secteur d’activité, les collaborateurs n’ont pas d’horaire fixe. Ils sont tenus d’effectuer leur travail, d’atteindre leurs objectifs avec des deadlines qu’ils doivent respecter. Et ceux qui ont opté pour l’horaire continu se sont organisés de manière à offrir à leur personnel des repas sur place afin d’optimiser temps et productivité. La prière, quant à elle, est souvent interdite sur les lieux de travail, contrairement à Fès, par exemple, qui l’autorise. Malgré ce genre de divergences, le point commun reste l’ampleur des liens personnels qui marquent le profil du dirigeant marocain: une caractéristique de la culture marocaine. Ce dernier, avec une personnalité aux facettes multiples, apparaît ainsi comme le «maître à bord», s’occupant de l’ensemble des problèmes dans tous les domaines (finance, production, approvisionnement, vente, etc.).
Néanmoins, entre les styles autoritaire, relationnel et participatif, la majorité des cas étudiés préfère le recours au compromis, ce qui donne naissance à un style dit mixte, combinant participation collective et management par objectifs. Une forme de management moderne vers laquelle s’oriente un nombre croissant d’entreprises et qui s’avère très efficace face aux situations complexes et/ou inédites. Vu de l’extérieur, il s’agit bien d’entreprises modernes où les grands principes de management de portée universelle (intégrité des responsables, écoute du personnel, transparence, confiance partagée, etc.) sont respectés. Mais si l’on va plus loin dans le concret, on s’aperçoit qu’elles mobilisent des formes de coopération s’appuyant sur des visions spécifiques de bonne manière de vivre ensemble, que les grands principes s’y retrouvent selon les spécificités locales et que c’est grâce à une telle image que le management «moderne», reçoit l’adhésion de ceux susceptibles de le mettre en œuvre. Ces entreprises constituent encore d’heureuses exceptions, mais la manière dont elles fonctionnent est hautement significative. Le chemin qu’elles montrent n’est pas illusoire, mais bel et bien l’avènement d’une forme de modernité. Sauf que si cette dernière ne tient pas compte de la tradition, de la culture, de la spécificité régionale, elle aura de faibles chances de réussir!
Mis en ligne le 22 mai 2009
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