Travailler pour vivre ou vivre pour travailler?
27 Mai 2008
Lu par 2322 personne(s)
Cette année, Julien a pris deux semaines de vacances, les premières depuis trois ans. Sophie, sa conjointe, l’a convaincu de partir quelques jours en camping. Tout va bien, jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive qu’il a emporté, avec la popote et le réchaud, un petit bidule bien encombrant : son blackberry. Sitôt revenus à la maison, il lui annonce qu’il annule sa deuxième semaine de vacances. La raison? On ne peut pas se passer de lui au bureau…
Julien souffre d’un mal de mieux en mieux connu : il est drogué du travail. Boulomane, quoi! Incapable d’occuper ses moments libres, les vacances lui semblent du temps perdu. Il est tellement préoccupé par son travail qu’il en vient à négliger tous les autres aspects de sa vie. En fait, son boulot est devenu sa raison de vivre. L’équilibre travail/vie personnelle, il ne connaît pas!Autrefois, on aurait qualifié Julien de « bourreau de travail », avec un brin d’admiration pour sa volonté de réussir. Mais, de nos jours, si les gros travailleurs sont respectés, car ils savent s’arrêter une fois le travail accompli, les boulomanes le sont moins. C’est qu’on s’est rendu compte qu’ils sont littéralement dépendants de leur travail. Qu’on l’appelle boulomanie, workaholisme ou ergomanie, le phénomène a moins bonne presse.
Cette obsession pour le travail peut être causée par un désir démesuré de réussite, un besoin de contrôle ou une fuite de ses problèmes personnels. Mais le monde du travail, sans cesse plus exigeant, a une lourde responsabilité : objectifs plus difficiles à atteindre, réussite davantage valorisée, tâches qui s’alourdissent. Les personnes prédisposées peuvent donc facilement se transformer en boulomanes. Résultat, l’amour du travail se transforme en acharnement…
À la longue, l’ergomanie peut avoir des effets nocifs sur la santé. Si le boulomane ne sait pas repérer les signes avant-coureurs de surmenage, il risque à plus ou moins longue échéance de souffrir d’épuisement professionnel, de stress et d’autres problèmes de santé. En effet, comme il travaille sans relâche, il sacrifie ses heures de sommeil, saute des repas, ne fait pas d’exercice. Évidemment, son travail – ironiquement – finira par en souffrir.
Sa « boulomanie » ne peut manquer d’avoir aussi des répercussions négatives sur ses proches. La plupart du temps, il n’a pas de temps à leur accorder et, quand il est là, même s’il pense le contraire, il ne leur accorde pas du temps de qualité. Autrement dit, affectivement, il n’est pas là. Le conjoint et les enfants d’une telle personne souffrent de solitude, ne se sentent pas soutenus. Évidemment, il peut s’ensuivre un divorce…
Et que dire du travail qui est sa justification? Eh bien, il en souffre lui aussi! Le boulomane n’est pas un travailleur d’équipe, il ne sait pas déléguer, il veut tout faire lui-même. Trop exigeant, il met souvent une énorme pression sur ses subalternes ou ses collègues. Il lui arrive même d’éprouver du mépris pour ceux qui ne travaillent pas aussi fort que lui. Il peut ainsi créer une atmosphère stressante dans son milieu.
Que faire pour remédier à la boulomanie? Il y a plusieurs trucs bien simples : s’astreindre à faire de l’exercice régulièrement, prendre ses repas à heures fixes, s’adonner à des loisirs comme le jardinage, la cuisine, etc. Mais surtout, pour cela, il faut apprendre à s’arrêter! Les fins de semaine, les vacances devraient être sacrées et surtout consacrées à la famille et aux amis. En outre, au travail, il faut savoir se fixer des délais raisonnables et, s’il le faut, en discuter avec son supérieur. C’est le moment d’y réfléchir, au retour des vacances, pour éviter de retomber dans ses vieilles habitudes.
Aimer son travail, ce n’est pas en devenir l’esclave!
Publié le 8 septembre 2007
Mis en ligne le 20 Mai 2008
orhri.org
Julien souffre d’un mal de mieux en mieux connu : il est drogué du travail. Boulomane, quoi! Incapable d’occuper ses moments libres, les vacances lui semblent du temps perdu. Il est tellement préoccupé par son travail qu’il en vient à négliger tous les autres aspects de sa vie. En fait, son boulot est devenu sa raison de vivre. L’équilibre travail/vie personnelle, il ne connaît pas!Autrefois, on aurait qualifié Julien de « bourreau de travail », avec un brin d’admiration pour sa volonté de réussir. Mais, de nos jours, si les gros travailleurs sont respectés, car ils savent s’arrêter une fois le travail accompli, les boulomanes le sont moins. C’est qu’on s’est rendu compte qu’ils sont littéralement dépendants de leur travail. Qu’on l’appelle boulomanie, workaholisme ou ergomanie, le phénomène a moins bonne presse.
Cette obsession pour le travail peut être causée par un désir démesuré de réussite, un besoin de contrôle ou une fuite de ses problèmes personnels. Mais le monde du travail, sans cesse plus exigeant, a une lourde responsabilité : objectifs plus difficiles à atteindre, réussite davantage valorisée, tâches qui s’alourdissent. Les personnes prédisposées peuvent donc facilement se transformer en boulomanes. Résultat, l’amour du travail se transforme en acharnement…
À la longue, l’ergomanie peut avoir des effets nocifs sur la santé. Si le boulomane ne sait pas repérer les signes avant-coureurs de surmenage, il risque à plus ou moins longue échéance de souffrir d’épuisement professionnel, de stress et d’autres problèmes de santé. En effet, comme il travaille sans relâche, il sacrifie ses heures de sommeil, saute des repas, ne fait pas d’exercice. Évidemment, son travail – ironiquement – finira par en souffrir.
Sa « boulomanie » ne peut manquer d’avoir aussi des répercussions négatives sur ses proches. La plupart du temps, il n’a pas de temps à leur accorder et, quand il est là, même s’il pense le contraire, il ne leur accorde pas du temps de qualité. Autrement dit, affectivement, il n’est pas là. Le conjoint et les enfants d’une telle personne souffrent de solitude, ne se sentent pas soutenus. Évidemment, il peut s’ensuivre un divorce…
Et que dire du travail qui est sa justification? Eh bien, il en souffre lui aussi! Le boulomane n’est pas un travailleur d’équipe, il ne sait pas déléguer, il veut tout faire lui-même. Trop exigeant, il met souvent une énorme pression sur ses subalternes ou ses collègues. Il lui arrive même d’éprouver du mépris pour ceux qui ne travaillent pas aussi fort que lui. Il peut ainsi créer une atmosphère stressante dans son milieu.
Que faire pour remédier à la boulomanie? Il y a plusieurs trucs bien simples : s’astreindre à faire de l’exercice régulièrement, prendre ses repas à heures fixes, s’adonner à des loisirs comme le jardinage, la cuisine, etc. Mais surtout, pour cela, il faut apprendre à s’arrêter! Les fins de semaine, les vacances devraient être sacrées et surtout consacrées à la famille et aux amis. En outre, au travail, il faut savoir se fixer des délais raisonnables et, s’il le faut, en discuter avec son supérieur. C’est le moment d’y réfléchir, au retour des vacances, pour éviter de retomber dans ses vieilles habitudes.
Aimer son travail, ce n’est pas en devenir l’esclave!
Publié le 8 septembre 2007
Mis en ligne le 20 Mai 2008
orhri.org
