Chômage et fermeture de PME sapent la relance de la croissance pour 2010 et 2011
26 Octobre 2010
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Les effets pervers de la crise économique mondiale continuent de saper le moral des entrepreneurs marocains, et accélèrent les fermetures de PME sur fond de hausses des licenciements. Le chômage est à plus de 10% au 1er semestre 2010. La déprime est encore là, les fermetures d’usines aussi. Fatalement, une croissance économique forte ne sera pas au rendez-vous en 2010, encore moins en 2011, selon des experts du centre marocain de conjoncture (CMC).
Au 1er semestre 2010, près de 60 entreprises ont fermé contre 57 entreprises à la même période en 2009, selon le ministère marocain de l’emploi. Globalement, tous les secteurs industriels, ainsi que les services trinquent, avec une hausse préoccupante des fermetures d’entreprises. Le textile et cuir est ainsi le secteur où l’activité a du mal à reprendre du ‘’poil de la bête. Plus de 40% des fermetures d’établissements et 74,5% des effectifs licenciés ont été enregistrés dans le secteur du textile et cuir. En valeurs absolues, ce secteur a procédé, entre janvier et juin 2010, à la fermeture de 24 établissements, un chiffre certes en baisse par rapport à celui enregistré à la même période de 2009 (38 fermetures). Mais, ces données ‘’ne sont pas exhaustives, le nombre de fermetures, dans ce secteur comme dans d’autres, est peut-être plus élevé’’, selon un inspecteur du travail. A lui seul, le secteur du textile et cuir compte le plus de fermetures, et aussi le plus de licenciements avec 5.699 travailleurs licenciés sur un total de 7 645, soit 74,5%.
Le taux de chômage dans le rouge
Par ailleurs, plusieurs autres secteurs industriels connaissent la même situation, avec 20 fermetures d’entreprises et 1.412 travailleurs licenciés, un chiffre toutefois en baisse de 17,3% par rapport à celui de 2009 (1.708 licenciements). Et, comme la crise économique mondiale a affecté les secteurs hôteliers, les transports et la restauration, le secteur des services au Maroc a également enregistré des difficultés, puisque autant les fermetures d’établissements que les salariés licenciés (387) ont tous deux connu des hausses : + 50% et + 21,7% respectivement. Par contre, le BTP, avec le lancement de plusieurs projets d’habitat à bas coût, ne semble pas avoir été atteint par la déprime.. Dans le secteur agricole, cependant, le haut commissariat marocain au plan (HCP) a estimé à 83.000 le nombre de postes de travail perdus de juin 2009 à juin 2010.Selon le HCP, au 1er trimestre 2010, le taux de chômage au Maroc était encore plus important. Dans sa note de conjoncture pour le mois de juillet dernier, il a indiqué que le taux de chômage global, qui s’est situé à 9,8% en 2007, a glissé à 9,1% en 2009. Au premier trimestre 2010, le marché du travail a perdu de sa vigueur. Face au ralentissement des créations d’emplois et à la reprise de l’offre de la main d’œuvre (+1%, contre -0,2% au quatrième trimestre 2009), le taux de chômage national a crû de 0,4 point, en une année, pour se situer à 10%. La population sans emploi a progressé de 4,5%, en rythme annuel, soit près de 49 000 chômeurs de plus
Des indicateurs en berne pour 2011
Fatalement, avec ces fermetures de PME et la hausse des licenciements dans les secteurs industriel et agricole, une croissance économique vigoureuse pour 2011 ne sera pas au rendez-vous, selon des experts marocains. ‘’Une croissance forte ne sera pas au rendez-vous, ni en 2010, ni en 2011’’, avait récemment estimé dans une analyse sur l’économie du Royaume, le centre marocain de conjoncture (CMC). Pour le CMC, l’année 2010 sera marquée par un creux conjoncturel : il y aura une baisse des investissements publics et un recul généralisé des IDE et des recettes fiscales de 3,5 %, la consommation des ménages sera bridée et ne connaîtra pas les hausses des années précédentes, la vente de voitures et de matériel électronique baissera. Et, sur le plan socio-économique, il y aura une reprise du taux de chômage, qui passera de 9 à 11% en 2010. ‘’L’emploi sera particulièrement affecté par ce recul de la croissance’’, estiment des experts selon lesquels la croissance économique, même à un niveau de 5% n’aura pas un réel effet d’entraînement sur la baisse du taux de chômage entre 2010 et 2011. La loi de finances 2010 table sur une croissance d’un peu plus de 4%, et le même taux est prévu pour 2011, alors que le FMI estime que le taux de croissance devrait être de plus de 6% sur au moins trois années pour relancer l’emploi, les investissements et le retour à la consommation.
Publié le 20 octobre 2010
Mis en ligne le 26 octobre 2010
maghrebemergent.info
Au 1er semestre 2010, près de 60 entreprises ont fermé contre 57 entreprises à la même période en 2009, selon le ministère marocain de l’emploi. Globalement, tous les secteurs industriels, ainsi que les services trinquent, avec une hausse préoccupante des fermetures d’entreprises. Le textile et cuir est ainsi le secteur où l’activité a du mal à reprendre du ‘’poil de la bête. Plus de 40% des fermetures d’établissements et 74,5% des effectifs licenciés ont été enregistrés dans le secteur du textile et cuir. En valeurs absolues, ce secteur a procédé, entre janvier et juin 2010, à la fermeture de 24 établissements, un chiffre certes en baisse par rapport à celui enregistré à la même période de 2009 (38 fermetures). Mais, ces données ‘’ne sont pas exhaustives, le nombre de fermetures, dans ce secteur comme dans d’autres, est peut-être plus élevé’’, selon un inspecteur du travail. A lui seul, le secteur du textile et cuir compte le plus de fermetures, et aussi le plus de licenciements avec 5.699 travailleurs licenciés sur un total de 7 645, soit 74,5%.
Le taux de chômage dans le rouge
Par ailleurs, plusieurs autres secteurs industriels connaissent la même situation, avec 20 fermetures d’entreprises et 1.412 travailleurs licenciés, un chiffre toutefois en baisse de 17,3% par rapport à celui de 2009 (1.708 licenciements). Et, comme la crise économique mondiale a affecté les secteurs hôteliers, les transports et la restauration, le secteur des services au Maroc a également enregistré des difficultés, puisque autant les fermetures d’établissements que les salariés licenciés (387) ont tous deux connu des hausses : + 50% et + 21,7% respectivement. Par contre, le BTP, avec le lancement de plusieurs projets d’habitat à bas coût, ne semble pas avoir été atteint par la déprime.. Dans le secteur agricole, cependant, le haut commissariat marocain au plan (HCP) a estimé à 83.000 le nombre de postes de travail perdus de juin 2009 à juin 2010.Selon le HCP, au 1er trimestre 2010, le taux de chômage au Maroc était encore plus important. Dans sa note de conjoncture pour le mois de juillet dernier, il a indiqué que le taux de chômage global, qui s’est situé à 9,8% en 2007, a glissé à 9,1% en 2009. Au premier trimestre 2010, le marché du travail a perdu de sa vigueur. Face au ralentissement des créations d’emplois et à la reprise de l’offre de la main d’œuvre (+1%, contre -0,2% au quatrième trimestre 2009), le taux de chômage national a crû de 0,4 point, en une année, pour se situer à 10%. La population sans emploi a progressé de 4,5%, en rythme annuel, soit près de 49 000 chômeurs de plus
Des indicateurs en berne pour 2011
Fatalement, avec ces fermetures de PME et la hausse des licenciements dans les secteurs industriel et agricole, une croissance économique vigoureuse pour 2011 ne sera pas au rendez-vous, selon des experts marocains. ‘’Une croissance forte ne sera pas au rendez-vous, ni en 2010, ni en 2011’’, avait récemment estimé dans une analyse sur l’économie du Royaume, le centre marocain de conjoncture (CMC). Pour le CMC, l’année 2010 sera marquée par un creux conjoncturel : il y aura une baisse des investissements publics et un recul généralisé des IDE et des recettes fiscales de 3,5 %, la consommation des ménages sera bridée et ne connaîtra pas les hausses des années précédentes, la vente de voitures et de matériel électronique baissera. Et, sur le plan socio-économique, il y aura une reprise du taux de chômage, qui passera de 9 à 11% en 2010. ‘’L’emploi sera particulièrement affecté par ce recul de la croissance’’, estiment des experts selon lesquels la croissance économique, même à un niveau de 5% n’aura pas un réel effet d’entraînement sur la baisse du taux de chômage entre 2010 et 2011. La loi de finances 2010 table sur une croissance d’un peu plus de 4%, et le même taux est prévu pour 2011, alors que le FMI estime que le taux de croissance devrait être de plus de 6% sur au moins trois années pour relancer l’emploi, les investissements et le retour à la consommation.
Publié le 20 octobre 2010
Mis en ligne le 26 octobre 2010
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