Des indicateurs en berne
31 Mars 2009
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Se montrant des plus rassurants et qualifiant le Maroc de destination sûre pour les investisseurs, le dernier rapport du FMI sur la politique économique du pays qualifiait le commerce extérieur marocain de «sain».
En revanche, le déficit commercial, lui, est une donnée structurelle avec toutes les conséquences que cela implique. Les derniers chiffres de l'Office des changes vont dans ce sens.
Ca creuse en déficit pour le commerce transfrontalier marocain, établi à fin 2008 à 167,78 MMDH. Autour de 24%, accroissement il y a eu des deux côtés de la balance. Le taux de couverture se positionnant à 47,9%, les importations totalisent 321,79 MMDH contre 154,01 MMDH pour les exportations, dont un bon tiers est réalisé en phosphates et dérivés (18% en 2007). En produits stratégiques, ils ont quasiment triplé de Chiffre entre 2007 et 2008, profitant d'une hausse des prix sur le marché international. Hors filière phosphatière, les ventes du Maroc ne se sont accrues que de 1%, s'élevant à 102,63 MMDH. Les biens de consommation accusent un recul de 6,9% à 33,6 MMDH, au retournement des ventes de produits textiles : vêtements confectionnés (-8,4%) et articles de bonneterie (-16,1%). Cependant, les exportations d'or industriel, demi-produits, produits bruts, biens d'équipement, produits alimentaires et produits énergétiques se sont inscrites au vert. Par ailleurs, les exportations de services ont porté, durant l'année précédente, sur quelque 98,9 MMDH, s'inscrivant ainsi en légère baisse de 0,6% par rapport au niveau enregistré en 2007.
Ceci étant, les exportations de biens et services ont progressé de 13,2%. Les règlements entre le Maroc et l'étranger ont atteint 683,43 MMDH (+14,8%), se soldant par un déficit de 13.443,4 MDH, avec prédominance des investissements directs (83% du total des recettes). Avec la crise, doit-on s'attendre à de grandes vagues de délocalisations d'entreprises étrangères vers notre pays ou notre économie pâtira-t-elle de signes de fatigue, principalement de l'Europe, partenaire privilégié du Maroc et principal investisseur ?S'agissant des importations, hormis le recul relevé de l'or industriel, elles sont tirées par les produits énergétiques (+34,7% à 70,6 MMDH), les produits finis d'équipement (+26,8% à 70,75 MMDH) et les produits bruts (+66,1% à 26,32 MMDH). Tous les autres groupes de produits à l'importation se sont inscrits en hausse : demi-produits (+15,9%), produits alimentaires (+18,5%) et produits de consommation (+8,5%). Les achats de biens évalués FOB ont totalisé 302,71 MMDH (+26,5%). Quant aux services, ils se sont établis à 49,09 MMDH (+10,9%).
En 2008, le commerce des services du Maroc avec le reste du monde s'est soldé par un excédent de 49,79 MMDH contre 55,17 MMDH en 2007. Toutefois, la balance des biens et services a dégagé un déficit de 98,90 MMDH et un taux de couverture de 71,9%. L'Europe demeure le premier partenaire commercial du Maroc avec 62,7% des échanges, soit 298,46 MMDH, suivie de l'Asie avec 20,5%, de l'Amérique (10,4%), de l'Afrique (5,4%) et de l'Océanie (1%). Au terme de 2008, les échanges commerciaux du Maroc avec l'étranger ont porté sur 475,80 MMDH contre 383,68 MMDH une année auparavant, soit un accroissement de 24%. Premier partenaire commercial, la France participe pour 17,8% dans le total des transactions commerciales du Maroc avec l'étranger (premier client avec 22,5% et premier fournisseur avec 15,6%). L'Espagne demeure en deuxième position avec 12,5% des échanges (deuxième client avec 17,6% et deuxième fournisseur avec 10,1%), devant l'Italie (5,8%), l'Arabie Saoudite (4,9%) et les Etats-Unis d'Amérique (4,5%). Espoirs ? L'année 2010 connaîtra un changement de tendance du déficit de la balance commerciale au Maroc grâce aux programmes sectoriels aux niveaux structurel et conjoncturel, avait affirmé le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz. Avec nos différents partenaires, les rencontres périodiques permettent de faire le point sur le commerce bilatéral et d'examiner les moyens de le dynamiser.
Avec 90 chefs d'entreprises et 30 membres du gouvernement, la mission brésilienne récemment en visite au Maroc illustre ces efforts pour dynamiser le commerce extérieur marocain. Dans une logique d'intégration régionale, les cinq pays du Maghreb prévoient de rendre opérationnelle une banque maghrébine d'investissement et du commerce extérieur en 2009, recommandée par le Fonds monétaire international (FMI). Il leur serait aussi opportun d'élargir le champ d'application des préférences tarifaires, telles qu'accordées à l'Union européenne, au commerce inter-Maghreb, dont le volume ne dépasse pas les 3% du total des échanges des cinq pays.
Transformation : mutations à l'horizon
Profitant de la forte demande mondiale sur les engrais en particulier au niveau des principales puissances agricoles et démographiques comme la Chine, l'Inde et le Brésil et de la vigueur de la demande industrielle mondiale (automobile, aéronautique, appareillage domestique…), les exportations minières nationales ont atteint des records historiques en 2008. Cependant, les exportations de phosphate brut pourraient pâtir cette année de l'atonie des activités de transformation, au niveau mondial, compte tenu de la crise économique actuelle. A contrario, la demande des engrais phosphatés pourrait apparaître plus dynamique qu'anticipée pour 2009. Véritable vecteur de développement économique et social du pays, le secteur des mines constitue un indéniable pourvoyeur d'emplois et de devises. Toutefois et en dépit des avantages compétitifs dont bénéficie le Maroc (plus de 50% de la réserve mondiale des phosphates…), ce secteur doit faire face à un ensemble de défis et de mutations structurellesdu marché.
Réda Bennis
Mis en ligne le 31 Mars 2009
lematin.ma
En revanche, le déficit commercial, lui, est une donnée structurelle avec toutes les conséquences que cela implique. Les derniers chiffres de l'Office des changes vont dans ce sens.
Ca creuse en déficit pour le commerce transfrontalier marocain, établi à fin 2008 à 167,78 MMDH. Autour de 24%, accroissement il y a eu des deux côtés de la balance. Le taux de couverture se positionnant à 47,9%, les importations totalisent 321,79 MMDH contre 154,01 MMDH pour les exportations, dont un bon tiers est réalisé en phosphates et dérivés (18% en 2007). En produits stratégiques, ils ont quasiment triplé de Chiffre entre 2007 et 2008, profitant d'une hausse des prix sur le marché international. Hors filière phosphatière, les ventes du Maroc ne se sont accrues que de 1%, s'élevant à 102,63 MMDH. Les biens de consommation accusent un recul de 6,9% à 33,6 MMDH, au retournement des ventes de produits textiles : vêtements confectionnés (-8,4%) et articles de bonneterie (-16,1%). Cependant, les exportations d'or industriel, demi-produits, produits bruts, biens d'équipement, produits alimentaires et produits énergétiques se sont inscrites au vert. Par ailleurs, les exportations de services ont porté, durant l'année précédente, sur quelque 98,9 MMDH, s'inscrivant ainsi en légère baisse de 0,6% par rapport au niveau enregistré en 2007.
Ceci étant, les exportations de biens et services ont progressé de 13,2%. Les règlements entre le Maroc et l'étranger ont atteint 683,43 MMDH (+14,8%), se soldant par un déficit de 13.443,4 MDH, avec prédominance des investissements directs (83% du total des recettes). Avec la crise, doit-on s'attendre à de grandes vagues de délocalisations d'entreprises étrangères vers notre pays ou notre économie pâtira-t-elle de signes de fatigue, principalement de l'Europe, partenaire privilégié du Maroc et principal investisseur ?S'agissant des importations, hormis le recul relevé de l'or industriel, elles sont tirées par les produits énergétiques (+34,7% à 70,6 MMDH), les produits finis d'équipement (+26,8% à 70,75 MMDH) et les produits bruts (+66,1% à 26,32 MMDH). Tous les autres groupes de produits à l'importation se sont inscrits en hausse : demi-produits (+15,9%), produits alimentaires (+18,5%) et produits de consommation (+8,5%). Les achats de biens évalués FOB ont totalisé 302,71 MMDH (+26,5%). Quant aux services, ils se sont établis à 49,09 MMDH (+10,9%).
En 2008, le commerce des services du Maroc avec le reste du monde s'est soldé par un excédent de 49,79 MMDH contre 55,17 MMDH en 2007. Toutefois, la balance des biens et services a dégagé un déficit de 98,90 MMDH et un taux de couverture de 71,9%. L'Europe demeure le premier partenaire commercial du Maroc avec 62,7% des échanges, soit 298,46 MMDH, suivie de l'Asie avec 20,5%, de l'Amérique (10,4%), de l'Afrique (5,4%) et de l'Océanie (1%). Au terme de 2008, les échanges commerciaux du Maroc avec l'étranger ont porté sur 475,80 MMDH contre 383,68 MMDH une année auparavant, soit un accroissement de 24%. Premier partenaire commercial, la France participe pour 17,8% dans le total des transactions commerciales du Maroc avec l'étranger (premier client avec 22,5% et premier fournisseur avec 15,6%). L'Espagne demeure en deuxième position avec 12,5% des échanges (deuxième client avec 17,6% et deuxième fournisseur avec 10,1%), devant l'Italie (5,8%), l'Arabie Saoudite (4,9%) et les Etats-Unis d'Amérique (4,5%). Espoirs ? L'année 2010 connaîtra un changement de tendance du déficit de la balance commerciale au Maroc grâce aux programmes sectoriels aux niveaux structurel et conjoncturel, avait affirmé le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz. Avec nos différents partenaires, les rencontres périodiques permettent de faire le point sur le commerce bilatéral et d'examiner les moyens de le dynamiser.
Avec 90 chefs d'entreprises et 30 membres du gouvernement, la mission brésilienne récemment en visite au Maroc illustre ces efforts pour dynamiser le commerce extérieur marocain. Dans une logique d'intégration régionale, les cinq pays du Maghreb prévoient de rendre opérationnelle une banque maghrébine d'investissement et du commerce extérieur en 2009, recommandée par le Fonds monétaire international (FMI). Il leur serait aussi opportun d'élargir le champ d'application des préférences tarifaires, telles qu'accordées à l'Union européenne, au commerce inter-Maghreb, dont le volume ne dépasse pas les 3% du total des échanges des cinq pays.
Transformation : mutations à l'horizon
Profitant de la forte demande mondiale sur les engrais en particulier au niveau des principales puissances agricoles et démographiques comme la Chine, l'Inde et le Brésil et de la vigueur de la demande industrielle mondiale (automobile, aéronautique, appareillage domestique…), les exportations minières nationales ont atteint des records historiques en 2008. Cependant, les exportations de phosphate brut pourraient pâtir cette année de l'atonie des activités de transformation, au niveau mondial, compte tenu de la crise économique actuelle. A contrario, la demande des engrais phosphatés pourrait apparaître plus dynamique qu'anticipée pour 2009. Véritable vecteur de développement économique et social du pays, le secteur des mines constitue un indéniable pourvoyeur d'emplois et de devises. Toutefois et en dépit des avantages compétitifs dont bénéficie le Maroc (plus de 50% de la réserve mondiale des phosphates…), ce secteur doit faire face à un ensemble de défis et de mutations structurellesdu marché.
Réda Bennis
Mis en ligne le 31 Mars 2009
lematin.ma
