Emploi: Une baisse de l’IR pour rien
11 Octobre 2010
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58% des patrons n’ont pas augmenté leurs effectifs
• La concurrence déloyale à la tête des préoccupations
• Les résultats du dernier baromètre CGEM/Ifop
La baisse de l’IR, intervenue en janvier 2010, aura-t-elle boosté l’emploi? A en croire les résultats du dernier baromètre réalisé par l’Ifop pour le compte de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), 58% des patrons n’ont pas changé leurs plans de recrutements suite à la réduction du taux marginal de l’IR. Une tendance enregistrée essentiellement auprès des PME comptant 10 à 49 salariés (44%) et 50 à 249 employés (43%). A peine 39% des patrons sondés pensent que la baisse de l’IR peut être un levier favorable aux embauches. Des pourcentages qui en disent long sur la situation du marché de l’emploi dans les mois qui viennent puisque le tissu économique marocain est constitué à plus de 90% de PME. En effet, seuls 27% des patrons ont l’intention de recruter au cours du dernier trimestre 2010.
Cependant, le moral des patrons résis à de la morosité économique! Tel est le premier enseignement qui se dégage du dernier baromètre de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Ainsi, tout en étant convaincus que la reprise n’est pas pour l’immédiat, les patrons sondés restent majoritairement optimistes. De plus, le niveau d’inquiétude des chefs d’entreprises est nettement inférieur à celui révélé par le baromètre CGEM/Ifop, publié en mars dernier. Une perception plus prononcée dans le secteur de l’industrie (52%) et le textile (54%). Sur le plan de la répartition géographique de cette perception, l’on constate que les patrons de Marrakech, Tadla-Azilal (56%) et Taza, l’Oriental, Fès (58%) ont le sentiment que la crainte a baissé par rapport à la situation économique actuelle. Le recul de cette crainte par rapport à la situation économique s’explique en partie par la mise en place d’un plan d’urgence pour les secteurs touchés par la crise.
• Niveau d’information sur les grandes orientations économiques
57% des patrons enquêtés reconnaissent le rôle du gouvernement dans la promotion de l’économie nationale, essentiellement dans le secteur du textile et du transport et dans la région Tanger-Tétouan. Cependant, seuls 47% des chefs d’entreprises sont au courant des mesures gouvernementales, telles que les remboursements et les exonérations de charges, mises en place pour soutenir les secteurs en difficulté. Des mesures anticirise qui, selon 71% des dirigeants, inspirent confiance. Globalement, les réformes menées par le gouvernement sont favorablement accueillies par 66% des patrons, en léger recul de 3% par rapport au dernier baromètre. Cependant, aucun des grands chantiers gouvernementaux ne recueille une appréciation majoritaire. Ainsi, la réforme des régimes de retraite n’est perçue favorablement que par 49% de l’échantillon, en recul de 4% en comparaison avec le dernier baromètre CGEM/Ifop. Une tendance qui se croise essentiellement dans des secteurs touchés par la crise comme le textile (56%) et le transport (55%). L’adaptation de la fiscalité aux besoins des entreprises vient en deuxième position des domaines appréciés par les dirigeants (43%), suivie de la réforme du système judiciaire (42%). Autre domaine d’action, dans lequel le patronat veut avoir voix au chapitre, la réforme de l’éducation. 39% des patrons jugent favorablement la politique gouvernementale.
• Echéance d’amélioration de la situation économique
L’aggravation de la situation économique suscite l’inquiétude de 22% des patrons. Leur proportion a augmenté de 3% par rapport au dernier baromètre. Mais la détérioration de la situation économique arrive seulement en deuxième position, loin derrière la crainte suscitée par la concurrence déloyale (36%). Un fléau inscrit parmi les priorités de l’organisation patronale. Et plusieurs fédérations sectorielles ont d’ailleurs saisi le ministère des Finances et les services de la Douane au sujet des méfaits de la contrebande, de la sous-facturation, du contournement des règles d’origine et autres sous-déclarations. Mais aux yeux des patrons, la situation n’a pas l’air de s’améliorer. Les pratiques anti-concurrentielles sont surtout dénoncées par les chefs d’entreprises opérant dans le secteur du commerce (52%). 40% des patrons estiment que la part de l’économie informelle a augmenté au cours des deux dernières années (+12% par rapport à juin 2009). L’informel est pointé du doigt essentiellement dans les régions du nord (L’Oriental, Al Hoceima, Fès et Meknès), où la contrebande reste prédominante.
• Une situation financière positive malgré tout
Malgré les réserves exprimées au sujet de l’action gouvernementale, et les prévisions revues à la baisse pour le 4e trimestre 2010, l’optimisme reste toujours de rigueur chez les chefs d’entreprises. Ainsi, que ce soit à propos du climat général des affaires (81%), du secteur d’activité (84%) ou de sa propre entreprise (84%), les patrons restent très optimistes. Ce qui n’est pas le cas de leurs homologues français. Seulement 55% de patrons d’entreprises de 20 salariés se déclaraient optimistes au mois de juillet 2010.
La majorité des patrons sondés anticipent une hausse du chiffre d’affaires de leur secteur pour 2010 (54%) et de leur propre entreprise (55%). Ainsi, les indices devraient connaître une progression satisfaisante au cours de l’année 2010, mais restent inférieures aux prévisions de mars dernier. A noter qu’un patron sur trois juge la situation de son secteur d’activité meilleure que celle des autres secteurs. De plus, la majorité des patrons interrogés (55%) ont vu leur situation se stabiliser au cours des trois derniers mois. Ce sont les opérateurs du BTP (25% en moyenne) et le commerce (23%) qui ont connu un trimestre difficile. En revanche, le bilan est plus positif pour le textile, l’agriculture et les entreprises de plus de 250 salariés. Toutefois, les pronostics pour le dernier trimestre 2010 demeurent satisfaisants (32%). 40% des chefs d’entreprises tablent sur une hausse. Au cours de la période août-octobre 2010, les dirigeants d’entreprises d’industrie (48%), du transport (47%), du textile (46%) sont plus nombreux à anticiper une amélioration de leur situation financière.
Pour rappel, le baromètre CGEM/Info est une enquête trimestrielle, destinée à suivre l’évolution de l’opinion des patrons sur l’activité et le climat économique, la situation et les projets de leur entreprise. Pour le baromètre, dont les résultats viennent d’être rendus publics par la CGEM, l’échantillon était constitué de 609 entreprises de différentes tailles, de divers secteurs et choisies à travers tout le pays. L’enquête par questionnaire a eu lieu par téléphone.
Publié le 8 octobre 2010
Mis en ligne le 12 octobre 2010
leconomiste.com
• La concurrence déloyale à la tête des préoccupations
• Les résultats du dernier baromètre CGEM/Ifop
La baisse de l’IR, intervenue en janvier 2010, aura-t-elle boosté l’emploi? A en croire les résultats du dernier baromètre réalisé par l’Ifop pour le compte de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), 58% des patrons n’ont pas changé leurs plans de recrutements suite à la réduction du taux marginal de l’IR. Une tendance enregistrée essentiellement auprès des PME comptant 10 à 49 salariés (44%) et 50 à 249 employés (43%). A peine 39% des patrons sondés pensent que la baisse de l’IR peut être un levier favorable aux embauches. Des pourcentages qui en disent long sur la situation du marché de l’emploi dans les mois qui viennent puisque le tissu économique marocain est constitué à plus de 90% de PME. En effet, seuls 27% des patrons ont l’intention de recruter au cours du dernier trimestre 2010.
Cependant, le moral des patrons résis à de la morosité économique! Tel est le premier enseignement qui se dégage du dernier baromètre de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Ainsi, tout en étant convaincus que la reprise n’est pas pour l’immédiat, les patrons sondés restent majoritairement optimistes. De plus, le niveau d’inquiétude des chefs d’entreprises est nettement inférieur à celui révélé par le baromètre CGEM/Ifop, publié en mars dernier. Une perception plus prononcée dans le secteur de l’industrie (52%) et le textile (54%). Sur le plan de la répartition géographique de cette perception, l’on constate que les patrons de Marrakech, Tadla-Azilal (56%) et Taza, l’Oriental, Fès (58%) ont le sentiment que la crainte a baissé par rapport à la situation économique actuelle. Le recul de cette crainte par rapport à la situation économique s’explique en partie par la mise en place d’un plan d’urgence pour les secteurs touchés par la crise.
• Niveau d’information sur les grandes orientations économiques
57% des patrons enquêtés reconnaissent le rôle du gouvernement dans la promotion de l’économie nationale, essentiellement dans le secteur du textile et du transport et dans la région Tanger-Tétouan. Cependant, seuls 47% des chefs d’entreprises sont au courant des mesures gouvernementales, telles que les remboursements et les exonérations de charges, mises en place pour soutenir les secteurs en difficulté. Des mesures anticirise qui, selon 71% des dirigeants, inspirent confiance. Globalement, les réformes menées par le gouvernement sont favorablement accueillies par 66% des patrons, en léger recul de 3% par rapport au dernier baromètre. Cependant, aucun des grands chantiers gouvernementaux ne recueille une appréciation majoritaire. Ainsi, la réforme des régimes de retraite n’est perçue favorablement que par 49% de l’échantillon, en recul de 4% en comparaison avec le dernier baromètre CGEM/Ifop. Une tendance qui se croise essentiellement dans des secteurs touchés par la crise comme le textile (56%) et le transport (55%). L’adaptation de la fiscalité aux besoins des entreprises vient en deuxième position des domaines appréciés par les dirigeants (43%), suivie de la réforme du système judiciaire (42%). Autre domaine d’action, dans lequel le patronat veut avoir voix au chapitre, la réforme de l’éducation. 39% des patrons jugent favorablement la politique gouvernementale.
• Echéance d’amélioration de la situation économique
L’aggravation de la situation économique suscite l’inquiétude de 22% des patrons. Leur proportion a augmenté de 3% par rapport au dernier baromètre. Mais la détérioration de la situation économique arrive seulement en deuxième position, loin derrière la crainte suscitée par la concurrence déloyale (36%). Un fléau inscrit parmi les priorités de l’organisation patronale. Et plusieurs fédérations sectorielles ont d’ailleurs saisi le ministère des Finances et les services de la Douane au sujet des méfaits de la contrebande, de la sous-facturation, du contournement des règles d’origine et autres sous-déclarations. Mais aux yeux des patrons, la situation n’a pas l’air de s’améliorer. Les pratiques anti-concurrentielles sont surtout dénoncées par les chefs d’entreprises opérant dans le secteur du commerce (52%). 40% des patrons estiment que la part de l’économie informelle a augmenté au cours des deux dernières années (+12% par rapport à juin 2009). L’informel est pointé du doigt essentiellement dans les régions du nord (L’Oriental, Al Hoceima, Fès et Meknès), où la contrebande reste prédominante.
• Une situation financière positive malgré tout
Malgré les réserves exprimées au sujet de l’action gouvernementale, et les prévisions revues à la baisse pour le 4e trimestre 2010, l’optimisme reste toujours de rigueur chez les chefs d’entreprises. Ainsi, que ce soit à propos du climat général des affaires (81%), du secteur d’activité (84%) ou de sa propre entreprise (84%), les patrons restent très optimistes. Ce qui n’est pas le cas de leurs homologues français. Seulement 55% de patrons d’entreprises de 20 salariés se déclaraient optimistes au mois de juillet 2010.
La majorité des patrons sondés anticipent une hausse du chiffre d’affaires de leur secteur pour 2010 (54%) et de leur propre entreprise (55%). Ainsi, les indices devraient connaître une progression satisfaisante au cours de l’année 2010, mais restent inférieures aux prévisions de mars dernier. A noter qu’un patron sur trois juge la situation de son secteur d’activité meilleure que celle des autres secteurs. De plus, la majorité des patrons interrogés (55%) ont vu leur situation se stabiliser au cours des trois derniers mois. Ce sont les opérateurs du BTP (25% en moyenne) et le commerce (23%) qui ont connu un trimestre difficile. En revanche, le bilan est plus positif pour le textile, l’agriculture et les entreprises de plus de 250 salariés. Toutefois, les pronostics pour le dernier trimestre 2010 demeurent satisfaisants (32%). 40% des chefs d’entreprises tablent sur une hausse. Au cours de la période août-octobre 2010, les dirigeants d’entreprises d’industrie (48%), du transport (47%), du textile (46%) sont plus nombreux à anticiper une amélioration de leur situation financière.
Pour rappel, le baromètre CGEM/Info est une enquête trimestrielle, destinée à suivre l’évolution de l’opinion des patrons sur l’activité et le climat économique, la situation et les projets de leur entreprise. Pour le baromètre, dont les résultats viennent d’être rendus publics par la CGEM, l’échantillon était constitué de 609 entreprises de différentes tailles, de divers secteurs et choisies à travers tout le pays. L’enquête par questionnaire a eu lieu par téléphone.
Publié le 8 octobre 2010
Mis en ligne le 12 octobre 2010
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