La Tunisie compte autoriser les bureaux d’emploi privés
30 Novembre 2010
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Les structures gouvernementales n’auront plus désormais le monopole du placement des compétences tunisiennes à l’étranger. Des entreprises privées seront bientôt autorisées à conquérir ce créneau.
Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle présentera bientôt un projet de loi au gouvernement autorisant aux entreprises privées, locales ou étrangères, d’exercer dans le placement de compétences tunisiennes à l’étranger. Un décret est en cours d’élaboration pour fixer les modalités, et les conditions d’exercice de ces nouveaux acteurs autorisés exclusivement d’opérer sur le marché étranger, nous dit le Directeur Général du bureau de l’émigration et de la main-d’œuvre étrangère. L’emploi sur le marché local est et restera la chasse gardée des bureaux de l’emploi relevant du ministère.
Jusque-là, des compétences tunisiennes sont recrutées à l’étranger via deux intervenants publics, en l’occurrence, l’Agence tunisienne de Coopération technique (ATCT), et l’Agence nationale pour l’Emploi et le Travail indépendant (ANETI). Les quelques bureaux privés qui offrent du travail en dehors des frontières, exercent dans l’illégalité, la Tunisie n’a autorisé jusque-là aucune structure de ce type.
La nouvelle législation changera la donne, et la légalisation des bureaux considérés jusque-là comme des "arnaqueurs" n’est pas exclue, a fortiori, s’ils arrivent à se plier aux conditions réglementaires.
Les nouveaux recruteurs seront appelés à exercer sur la base d’une collaboration avec les structures publiques en place. Ils prospecteront les besoins sur les marchés étrangers : Australie, Canada, pays du Golfe, Afrique, Europe, etc... identifieront les débouchés, pour procéder, après, au placement des compétences tunisiennes. Et là, ils auront du pain sur la planche pour tirer les jeunes des affres du sous-emploi, notamment les diplômés d’entre eux.
Le taux de chômage en Tunisie est estimé, selon la dernière enquête Emploi de l’INS, à 13,3 %. Les diplômés du supérieur sont les plus touchés, avec un taux de 23.4 %. Différents profils de diplômés ont du mal à faire leur entrée dans la vie active, dont en prime, les techniciens supérieurs, suivis par les maîtrisards en droit et économie/gestion, les maîtrisards en humanités, et les détenteurs de diplômés divers : médecine, pharmacie, ingénierie, etc.
Ces chômeurs, dans leur diversité, constituent un surplus de main-d’œuvre active potentielle, que notre marché local, que l’on dit étroit, n’est pas parvenu à résorber. Réussiront-ils, à la faveur des nouveaux recruteurs privés, de dénicher la perle rare sous d’autres cieux ? Les conditions posées par le marché international du travail, sont-elles plus souples, et mieux adaptées aux aptitudes de nos diplômés ? L’expérience serait-elle une condition de recrutement à l’étranger, celle qui a toujours constitué un frein pour les nouvelles recrues sur le marché local ? Les tarifs des prestations rendues par ces bureaux seront-ils fixés au préalable, ou laisse-t-on la loi de la concurrence opérer librement ? Quid de la protection du demandeur d’emploi contre les éventuels abus ? Ses droits seront-ils garantis ?
Et puis, y-aurait-il des chasseurs de têtes parmi ces recruteurs étrangers, qui mettront le grappin sur nos meilleurs talents pour les offrir aux multinationales et autres groupes internationaux, moyennant des salaires mirobolants ? Y-a-t-il un risque que l’on accentue la fuite des cerveaux, d’autant plus que la fine fleur des diplômés tunisiens, qui partent pour des études plus poussées à l’étranger, ne retournent guère au bercail ?
Autant de questions que l’on se pose, en attendant que la législation rende tous ses secrets, et fixe les règles du jeu pour une action que l’on souhaite optimale de ces nouveaux acteurs, avec au bout du compte le must du plein-emploi.
Publié le 24 octobre 2010
Mis en ligne le 2 novembre 2010
gnet.tn
Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle présentera bientôt un projet de loi au gouvernement autorisant aux entreprises privées, locales ou étrangères, d’exercer dans le placement de compétences tunisiennes à l’étranger. Un décret est en cours d’élaboration pour fixer les modalités, et les conditions d’exercice de ces nouveaux acteurs autorisés exclusivement d’opérer sur le marché étranger, nous dit le Directeur Général du bureau de l’émigration et de la main-d’œuvre étrangère. L’emploi sur le marché local est et restera la chasse gardée des bureaux de l’emploi relevant du ministère.
Jusque-là, des compétences tunisiennes sont recrutées à l’étranger via deux intervenants publics, en l’occurrence, l’Agence tunisienne de Coopération technique (ATCT), et l’Agence nationale pour l’Emploi et le Travail indépendant (ANETI). Les quelques bureaux privés qui offrent du travail en dehors des frontières, exercent dans l’illégalité, la Tunisie n’a autorisé jusque-là aucune structure de ce type.
La nouvelle législation changera la donne, et la légalisation des bureaux considérés jusque-là comme des "arnaqueurs" n’est pas exclue, a fortiori, s’ils arrivent à se plier aux conditions réglementaires.
Les nouveaux recruteurs seront appelés à exercer sur la base d’une collaboration avec les structures publiques en place. Ils prospecteront les besoins sur les marchés étrangers : Australie, Canada, pays du Golfe, Afrique, Europe, etc... identifieront les débouchés, pour procéder, après, au placement des compétences tunisiennes. Et là, ils auront du pain sur la planche pour tirer les jeunes des affres du sous-emploi, notamment les diplômés d’entre eux.
Le taux de chômage en Tunisie est estimé, selon la dernière enquête Emploi de l’INS, à 13,3 %. Les diplômés du supérieur sont les plus touchés, avec un taux de 23.4 %. Différents profils de diplômés ont du mal à faire leur entrée dans la vie active, dont en prime, les techniciens supérieurs, suivis par les maîtrisards en droit et économie/gestion, les maîtrisards en humanités, et les détenteurs de diplômés divers : médecine, pharmacie, ingénierie, etc.
Ces chômeurs, dans leur diversité, constituent un surplus de main-d’œuvre active potentielle, que notre marché local, que l’on dit étroit, n’est pas parvenu à résorber. Réussiront-ils, à la faveur des nouveaux recruteurs privés, de dénicher la perle rare sous d’autres cieux ? Les conditions posées par le marché international du travail, sont-elles plus souples, et mieux adaptées aux aptitudes de nos diplômés ? L’expérience serait-elle une condition de recrutement à l’étranger, celle qui a toujours constitué un frein pour les nouvelles recrues sur le marché local ? Les tarifs des prestations rendues par ces bureaux seront-ils fixés au préalable, ou laisse-t-on la loi de la concurrence opérer librement ? Quid de la protection du demandeur d’emploi contre les éventuels abus ? Ses droits seront-ils garantis ?
Et puis, y-aurait-il des chasseurs de têtes parmi ces recruteurs étrangers, qui mettront le grappin sur nos meilleurs talents pour les offrir aux multinationales et autres groupes internationaux, moyennant des salaires mirobolants ? Y-a-t-il un risque que l’on accentue la fuite des cerveaux, d’autant plus que la fine fleur des diplômés tunisiens, qui partent pour des études plus poussées à l’étranger, ne retournent guère au bercail ?
Autant de questions que l’on se pose, en attendant que la législation rende tous ses secrets, et fixe les règles du jeu pour une action que l’on souhaite optimale de ces nouveaux acteurs, avec au bout du compte le must du plein-emploi.
Publié le 24 octobre 2010
Mis en ligne le 2 novembre 2010
gnet.tn
