Leila Khaïat : « Plus instruites, les femmes sont aptes à créer leur entreprise »
27 Octobre 2009
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Cofondatrice du Conseil arabe des femmes d’affaires en 1998, cette ancienne professeure tunisienne en lettres françaises, reconvertie dans le monde des affaires, a réalisé un brillant parcours qui l’a hissée à la tête d’une PME textile.
Jeune Afrique : Quelle place la femme occupe-t-elle actuellement sur le marché du travail en Tunisie ?
Leila Khaïat : Elle joue un rôle de plus en plus important. On compte actuellement dans le pays 1000 femmes chefs d’entreprise. Un chiffre inimaginable il y a encore quelques années. Nous avons une femme à la tête d’une banque, de plus en plus de cadres supérieures et de dirigeantes de grands groupes.
Moi-même, je suis PDG de la PME Plastiss, spécialisée dans le textile industriel. Cette montée en puissance s’explique par la confiance accrue que les femmes ont en elles-mêmes, favorisée de surcroît par une plus grande instruction, qui leur donne de réelles aptitudes à diriger efficacement des entreprises et à en créer. Certes, il y a des progrès à faire, mais l’augmentation de la proportion féminine dans des fonctions à hautes responsabilités est prometteuse.
Quel est le profil type de la femme chef d’entreprise tunisienne ?
Une nouvelle génération de femmes dirigeantes émerge aujourd’hui. En général, ce sont des personnalités qui connaissent bien leurs dossiers et sont capables de prendre les bonnes décisions. Elles sortent de grandes écoles telles que HEC, l’Institut supérieur de gestion… C’est une population différente de la génération féminine précédente, qui a simplement hérité d’entreprises familiales et avec un bagage intellectuel moins élevé. Les femmes d’affaires d’aujourd’hui sont ainsi plus aptes à créer leur entreprise.
Le fait de créer sa société est-il pour les femmes une manière forte de s’imposer ?
Évidemment ! L’État-providence n’existe plus. Les femmes ont aujourd’hui à leur disposition des outils financiers qui leur facilitent l’entrepreneuriat. Les statistiques montrent par exemple que les jeunes femmes sont celles qui ont le plus profité des crédits de la Banque tunisienne de solidarité (BTS) pour financer des projets de création de petites entreprises.
À compétences égales, les chances d’embauche sont-elles les mêmes que celles des hommes ?
Il n’y a aucune raison qu’à valeur égale, une femme ait moins de chances d’être embauchée. En Tunisie, on assiste à une réelle volonté politique de promouvoir le genre féminin. Les autorités ont mis en place une discrimination positive visant à porter à 30 % la proportion des femmes dans des postes accessibles par les élections. Je ne suis pas forcément adepte de la discrimination positive, mais je pense que c’est un passage obligé pour accroître la proportion de femmes dans les postes décisionnaires. Ainsi, leur présence dans certaines hautes fonctions, notamment dans le monde professionnel, devrait davantage entrer dans les habitudes. À elles de s’imposer ensuite par leurs propres qualités.
Existe-t-il des secteurs dans lesquels les femmes réussissent mieux ?
Il n’y a plus un secteur qui soit l’apanage de l’homme. Les femmes réussissent aussi bien, si ce n’est mieux, que les hommes dans tous les domaines d’activités. Que ce soit dans la fonction publique ou privée, dans les finances, les services, le commerce, l’industrie en passant par l’hôtellerie ou les métiers de manutention… elles ont largement fait leurs preuves.
Jeune Afrique
Publié le 27 0ctobre 2009
Mis en ligne le 27 Octobre 2009
jeuneafrique.com
Jeune Afrique : Quelle place la femme occupe-t-elle actuellement sur le marché du travail en Tunisie ?
Leila Khaïat : Elle joue un rôle de plus en plus important. On compte actuellement dans le pays 1000 femmes chefs d’entreprise. Un chiffre inimaginable il y a encore quelques années. Nous avons une femme à la tête d’une banque, de plus en plus de cadres supérieures et de dirigeantes de grands groupes.
Moi-même, je suis PDG de la PME Plastiss, spécialisée dans le textile industriel. Cette montée en puissance s’explique par la confiance accrue que les femmes ont en elles-mêmes, favorisée de surcroît par une plus grande instruction, qui leur donne de réelles aptitudes à diriger efficacement des entreprises et à en créer. Certes, il y a des progrès à faire, mais l’augmentation de la proportion féminine dans des fonctions à hautes responsabilités est prometteuse.
Quel est le profil type de la femme chef d’entreprise tunisienne ?
Une nouvelle génération de femmes dirigeantes émerge aujourd’hui. En général, ce sont des personnalités qui connaissent bien leurs dossiers et sont capables de prendre les bonnes décisions. Elles sortent de grandes écoles telles que HEC, l’Institut supérieur de gestion… C’est une population différente de la génération féminine précédente, qui a simplement hérité d’entreprises familiales et avec un bagage intellectuel moins élevé. Les femmes d’affaires d’aujourd’hui sont ainsi plus aptes à créer leur entreprise.
Le fait de créer sa société est-il pour les femmes une manière forte de s’imposer ?
Évidemment ! L’État-providence n’existe plus. Les femmes ont aujourd’hui à leur disposition des outils financiers qui leur facilitent l’entrepreneuriat. Les statistiques montrent par exemple que les jeunes femmes sont celles qui ont le plus profité des crédits de la Banque tunisienne de solidarité (BTS) pour financer des projets de création de petites entreprises.
À compétences égales, les chances d’embauche sont-elles les mêmes que celles des hommes ?
Il n’y a aucune raison qu’à valeur égale, une femme ait moins de chances d’être embauchée. En Tunisie, on assiste à une réelle volonté politique de promouvoir le genre féminin. Les autorités ont mis en place une discrimination positive visant à porter à 30 % la proportion des femmes dans des postes accessibles par les élections. Je ne suis pas forcément adepte de la discrimination positive, mais je pense que c’est un passage obligé pour accroître la proportion de femmes dans les postes décisionnaires. Ainsi, leur présence dans certaines hautes fonctions, notamment dans le monde professionnel, devrait davantage entrer dans les habitudes. À elles de s’imposer ensuite par leurs propres qualités.
Existe-t-il des secteurs dans lesquels les femmes réussissent mieux ?
Il n’y a plus un secteur qui soit l’apanage de l’homme. Les femmes réussissent aussi bien, si ce n’est mieux, que les hommes dans tous les domaines d’activités. Que ce soit dans la fonction publique ou privée, dans les finances, les services, le commerce, l’industrie en passant par l’hôtellerie ou les métiers de manutention… elles ont largement fait leurs preuves.
Jeune Afrique
Publié le 27 0ctobre 2009
Mis en ligne le 27 Octobre 2009
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