L'Union méditerranéenne se base sur le principe de la parité

Le délégué général de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPMED), Jean-Louis Guigou, a souligné, samedi soir à Paris, que l'Union méditerranéenne, dont les bases ont été jetées lors du discours prononcé par le président français Nicolas Sarkozy à Tanger, est une union de projets et non une union institutionnelle.

Intervenant lors d'une conférence organisée par l'Association des Marocains aux grandes écoles (AMGE-Caravane), en clôture de la 12e édition du Forum "Horizons Maroc", M. Guigou a précisé que cette nouvelle structure se construira autour de projets concrets englobant notamment les secteurs de l'eau, des finances, de la santé et de l'agriculture. Contrairement au processus de Barcelone où les pays du Nord imposaient leurs règles à ceux du Sud, qui n'avaient d'autre choix que de s'y plier, l'Union méditerranéenne se base sur le principe de la parité, a expliqué M. Guigou, relevant que tous les partenaires méditerranéens, qu'ils soient riches ou pauvres, définiront ensemble, dans une logique de parité, les projets sur lesquels doit se construire cette nouvelle entité.

"L'avenir de l'Europe et des pays de la rive sud de la Méditerranée est commun", a-t-il soutenu, notant que l'Union méditerranéenne sera d'un grand apport pour que cette région puisse gagner le pari de la régionalisation et ne soit pas marginalisée dans la mondialisation. Pour sa part, l'ambassadeur du Maroc en France, Fathallah Sijilmassi, a souligné qu'il ne faut plus parler de Nord ou de Sud en évoquant l'Union méditerranéenne, mais de populations ayant des valeurs, des intérêts et des objectifs communs. "Tant que nous parlerons de Sud et de Nord, d'Arabes et d'Européens, de riches et de pauvres, nous n'arriverons nulle part", a affirmé M. Sijilmassi, mettant l'accent sur la nécessité pour les partenaires méditerranéens de construire une compétitivité pour assurer des complémentarités et des synergies afin que l'Europe et les pays de la rive sud de la Méditerranée soient plus forts ensemble.

Il a relevé par ailleurs que le Maroc est actuellement dans une situation plus confortable pour aborder la question de l'Union méditerranéenne parce qu'il a défini de façon rationnelle et lucide ses réalités, ses forces et ses faiblesses.
"La force du Maroc c'est qu'il dispose d'une stratégie dans chacun des secteurs d'activités", a-t-il signalé, ajoutant que le Royaume a également une vision qui intègre le social et le développement humain dans le processus économique.
Et de souligner que le Maroc, qui a soutenu le projet d'Union méditerranéenne, considère cette nouvelle entité comme étant celle de tous les pays méditerranéens.

"Aujourd'hui, nous avons l'occasion dans un processus nouveau de pouvoir être un partenaire fondateur dès sa naissance avec tout l'apport qu'on peut y donner", a-t-il conclu. Cette conférence à laquelle ont assisté plus d'une centaine d'étudiants marocains de l'European School of management de Paris (ESCP-EAP) se tient en marge de la 12e édition du Forum horizons Maroc organisée par l'AMGE-Caravane.
Cette manifestation a pour but d'encourager les étudiants marocains des grandes écoles en France à trouver des opportunités professionnelles au Maroc dans les meilleures conditions possibles.
Plus de 40 entreprises et groupes marocains, représentant les secteurs des finances, de l'industrie, du bâtiment et des travaux publics, du conseil et de l'audit, ont saisi cette occasion pour proposer des stages ou des emplois aux étudiants marocains désireux de faire carrière dans le Royaume, et de contribuer ainsi au développement économique de leur pays d'origine.

Publié le 13 décembre 2007

Le matin