Tunisie/chômage : Où en est-on des 50 mille emplois programmés ?
18 Août 2011
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Après la révolution, de nouveaux demandeurs d’emploi sont venus grossir les rangs des chômeurs, avec des postes d’emploi perdus suite aux actes de pillage et de saccage, la fermeture des entreprises, la baisse de l’activité des entreprises exportatrices notamment vers la Libye, ainsi que les 40 mille Tunisiens qui sont rentrés de Libye et qui se sont déversés sur le marché de l’emploi. Autant de facteurs qui s’ajoutent au ralentissement de l’activité économique, et qui font que le nombre de chômeurs soit sur une courbe ascendante, souligne en substance Ali Takout, représentant du ministère de la formation professionnelle et de l’Emploi.
Le gouvernement provisoire a prévu la création de 50 mille postes d’emploi dont 21,8 mille postes dans la fonction publique, moyennant des concours sur dossier. La proclamation des résultats a commencé en août pour quelques ministères dont celui de l’Emploi, de l’Industrie et de l’Agriculture…les autres ministères rendront public les résultats dans les prochains jours sur le site conçu à cet effet : www.concours.gov.tn. Quelque 350 mille demandes de participation à ces concours ont été déposées, dont des demandes émanant du même postulant à des postes différents.
Par ailleurs, quelque 4 mille à 4,5 mille offres d’emploi sont parvenus au ministère de l’Emploi, émanant des entreprises publiques comme la SNCFT, la STEG, la CPG (Compagnie des phosphates de Gafsa), la STAM (société tunisienne d'acconage et de manutention), etc.
Reste les 20 mille emplois prévus dans le secteur privé et qui restent tributaires de l’amélioration de la conjoncture économique. Les autorités tablent sur un taux de croissance de 1% d’ici décembre pour arriver à la création de 20 mille emplois dans le secteur privé. Selon Ali Takout, "les intentions d’investissements dans le secteur industriel pour l’année 2011 avoisinent les 2002, et tablent sur la création de 45 mille postes d’emploi"! Ce ne sont, néanmoins, que des intentions qui ne connaissent pas le chemin de la réalisation, à un peu plus de quatre mois de la fin de 2011.
Sami Ajroud, chef d’entreprise, présent à l’émission propose un projet, permettant d’employer 5,5 mille diplômés du supérieur, selon ses dires. Ce projet consiste dans la réalisation des sites web dans les établissements éducatifs, ainsi que l’envoi des SMS aux parents, en cas d’absence de leurs enfants. Sami Ajourd a été empêché de réaliser son projet sous le régime déchu, et son idée lui a valu sept mois de prison, après qu’il ait refusé de la céder aux Trabelsi qui avaient la mainmise sur le créneau des SMS. Après le 14 janvier, ce jeune chef d’entreprise, détenteur d’un diplôme de technicien supérieur, a relancé son projet mais n’a pas encore trouvé des oreilles attentives au sein du gouvernement de transition. "L’Etat ne va débourser aucun millime pour ce projet, dont le chiffre d’affaires est de 40 milliards par an", indique-t-il. La balle est maintenant dans le camp du ministère de l’Education ; notre interlocuteur dit qu’il n’a pas réussi à rencontrer le ministre, malgré ses moult tentatives.
Outre le marché intérieur, le ministère de l’Emploi dit œuvrer à garantir cinq mille emplois sur le marché extérieur. Mais, Ali Takout demeure sceptique : "dans un marché mondial mouvant et erratique, on ne peut pas s’engager à garantir 5 mille emplois". Il évoque notamment l’accord signé avec la France dans le cadre de la gestion des flux migratoires, et qui prévoit 9 mille postes d’emploi pour les Tunisiens. Son application reste toutefois timide. Choque qu'il explique par la sévérité de la partie française en matière d’accueil des Tunisiens. Mais, son ministère ne va pas s’en tenir aux marchés français et italien, mais dit prospecter d’autres marchés, à l’instar du Canada, de l’Australie, et des pays du Golfe qui restent demandeurs de compétences et main d’œuvre tunisienne.
Ce faisant, 150 mille diplômés du supérieur bénéficient du programme de recherche active d’emploi, baptisé programme Amal, moyennant une subvention de 200 dinars/ mois.
H.J.
Publié le 16 août 2011.
Mis en ligne le 18 août 2011.
Gnet.tn
Le gouvernement provisoire a prévu la création de 50 mille postes d’emploi dont 21,8 mille postes dans la fonction publique, moyennant des concours sur dossier. La proclamation des résultats a commencé en août pour quelques ministères dont celui de l’Emploi, de l’Industrie et de l’Agriculture…les autres ministères rendront public les résultats dans les prochains jours sur le site conçu à cet effet : www.concours.gov.tn. Quelque 350 mille demandes de participation à ces concours ont été déposées, dont des demandes émanant du même postulant à des postes différents.
Par ailleurs, quelque 4 mille à 4,5 mille offres d’emploi sont parvenus au ministère de l’Emploi, émanant des entreprises publiques comme la SNCFT, la STEG, la CPG (Compagnie des phosphates de Gafsa), la STAM (société tunisienne d'acconage et de manutention), etc.
Reste les 20 mille emplois prévus dans le secteur privé et qui restent tributaires de l’amélioration de la conjoncture économique. Les autorités tablent sur un taux de croissance de 1% d’ici décembre pour arriver à la création de 20 mille emplois dans le secteur privé. Selon Ali Takout, "les intentions d’investissements dans le secteur industriel pour l’année 2011 avoisinent les 2002, et tablent sur la création de 45 mille postes d’emploi"! Ce ne sont, néanmoins, que des intentions qui ne connaissent pas le chemin de la réalisation, à un peu plus de quatre mois de la fin de 2011.
Sami Ajroud, chef d’entreprise, présent à l’émission propose un projet, permettant d’employer 5,5 mille diplômés du supérieur, selon ses dires. Ce projet consiste dans la réalisation des sites web dans les établissements éducatifs, ainsi que l’envoi des SMS aux parents, en cas d’absence de leurs enfants. Sami Ajourd a été empêché de réaliser son projet sous le régime déchu, et son idée lui a valu sept mois de prison, après qu’il ait refusé de la céder aux Trabelsi qui avaient la mainmise sur le créneau des SMS. Après le 14 janvier, ce jeune chef d’entreprise, détenteur d’un diplôme de technicien supérieur, a relancé son projet mais n’a pas encore trouvé des oreilles attentives au sein du gouvernement de transition. "L’Etat ne va débourser aucun millime pour ce projet, dont le chiffre d’affaires est de 40 milliards par an", indique-t-il. La balle est maintenant dans le camp du ministère de l’Education ; notre interlocuteur dit qu’il n’a pas réussi à rencontrer le ministre, malgré ses moult tentatives.
Outre le marché intérieur, le ministère de l’Emploi dit œuvrer à garantir cinq mille emplois sur le marché extérieur. Mais, Ali Takout demeure sceptique : "dans un marché mondial mouvant et erratique, on ne peut pas s’engager à garantir 5 mille emplois". Il évoque notamment l’accord signé avec la France dans le cadre de la gestion des flux migratoires, et qui prévoit 9 mille postes d’emploi pour les Tunisiens. Son application reste toutefois timide. Choque qu'il explique par la sévérité de la partie française en matière d’accueil des Tunisiens. Mais, son ministère ne va pas s’en tenir aux marchés français et italien, mais dit prospecter d’autres marchés, à l’instar du Canada, de l’Australie, et des pays du Golfe qui restent demandeurs de compétences et main d’œuvre tunisienne.
Ce faisant, 150 mille diplômés du supérieur bénéficient du programme de recherche active d’emploi, baptisé programme Amal, moyennant une subvention de 200 dinars/ mois.
H.J.
Publié le 16 août 2011.
Mis en ligne le 18 août 2011.
Gnet.tn
