Employés, attention à l'abus!
10 Janvier 2011
Lu par 2115 personne(s)
L'utilisation abusive des sites de divertissement au travail risque de causer une baisse de productivité. Plutôt que censurer, il s'agit de responsabiliser.
«Toute utilisation des ordinateurs mis à la disposition du personnel doit se faire dans un cadre strictement professionnel». Il n'existe pas une seule administration ou entreprise informatisée où cette note de service n'est pas affichée sous différentes formules. Et pourtant, le matériel informatique et l'Internet sont loin d'y faire l'objet d'un usage exclusivement professionnel. Facebook, Twitter, My Space, MSN, Youtube et autres merveilles de la technologie font des ravages sur les lieux de travail. Le «phénomène» a pris de grandes proportions aussi bien dans le secteur public que privé. En arrivant sur son lieu de travail le matin, un employé a deux réflexes : marquer sa présence et voir ce qu'il y a de nouveau sur son réseau social fétiche.
Si la première opération ne lui prend que quelques secondes, la deuxième peut durer des heures entières, égratignées bien entendu du temps de travail légal. Avec un ordinateur en face, une connexion Internet haut débit et des bureaux semi-cloisonnés (discrétion assurée), il devient difficile de résister à la tentation.
Dès qu'on voit le supérieur hiérarchique qui «rôde» dans les parages, vite, on ferme toutes les fenêtres, attendant que le «danger» s'éloigne pour recommencer de plus belle.... La productivité du salarié en prend un coup, surtout s'il exerce une fonction qui requiert une grande disponibilité et une forte concentration. Ce n'est donc pas un hasard si les banques, les assurances, les compagnies aériennes et les télécommunications ont été les premiers secteurs d'activités au Maroc à bloquer l'accès aux réseaux sociaux et autres sites de divertissement depuis leurs serveurs. «Mon administration a installé un filtre pour ne laisser s'afficher que les sites jugés utiles tels que Google, Wikipedia, les sites de messagerie électronique, etc. Les sites jugés inutiles tels que Youtube, Facebook ou tout autre site de distraction sont interdits d'accès», fait savoir Tarik, fonctionnaire chez Poste Maroc. Selon Lhoucine Tahiri, délégué de l'emploi à Rabat, les employeurs ont toute la latitude de réglementer l'utilisation d'Internet et du matériel informatique pour éviter tout gaspillage du temps de travail, «du moment où il s'agit d'un travail rémunéré». Cette réglementation, à vrai dire, ne fait pas que des malheureux.
Khaled, cadre supérieur chez un grand opérateur téléphonique, passait le clair de sa journée à naviguer sur Facebook, Twitter, MSN, etc, délaissant ainsi ses occupations. Lorsque la direction a pris la décision d'interdire l'accès dans la foulée à ces sites, c'était pour lui la grande déception. Aujourd'hui, Khaled reconnaît le bien-fondé de cette décision. «Effectivement, ces sites prenaient une bonne partie de mon temps et baissaient ma productivité», admet-il.
Pour Yassine, ingénieur d'informatique de son état, une utilisation à bon escient de l'Internet en dehors du temps du travail peut s'avérer bénéfique. «L'utilisation modérée des réseaux sociaux peut bien créer un environnement relaxant et aider les employés à surmonter leur stress et bien entendu à améliorer leur productivité. Il reste seulement à définir les paramètres nécessaires et le mode d'utilisation adéquat pour chaque entreprise», nuance-t-il. Dans d'autres fonctions où les employés sont tenus seulement à une obligation de résultats, les réseaux sociaux sont tolérés dans la mesure du raisonnable. «Sincèrement, je n'ai jamais reçu de requêtes de la part de salariés ou de managers portant sur des problèmes liés à l'utilisation des sites de distraction dans les lieux du travail», affirme M. Tahiri. Puisqu'aux yeux de certains managers (pas nombreux en tout cas), ce qui importe le plus, c'est le rendement proprement dit du salarié, c'est-à-dire sa capacité à accomplir les tâches qui lui sont confiées dans les délais fixés, abstraction faite de l'usage qu'il fait de son temps.
En d'autres termes, du moment où les quelques minutes de navigation sur des sites de distraction n'induisent pas des négligences professionnelles, une procrastination ou une déconcentration, on ferme l'œil. C'est seulement quand il y a un abus ou une baisse de productivité conséquente que d'énergiques mesures sont prises pour rappeler à l'ordre le concerné. Mais, selon M. Tarik, de telles mesures ont montré leurs limites. «Même sans accès à Internet, les fonctionnaires non sérieux trouveront toujours un moyen de distraction : café, journaux, discussions à bâtons rompus avec collègues, repos tout simplement...». Ce qui revient à dire qu'il ne sert à rien de censurer: il faut responsabiliser.
Travailler… sur Facebook
Croyez-vous que les réseaux sociaux ne servent qu'à divertir et faire oublier le stress du travail ? Détrompez-vous, parce que de plus en plus d'entreprises ne se contentent plus d'autoriser l'accès à ces sites, mais incitent, voire obligent leurs employés à les utiliser à des fins purement professionnelles. C'est le cas notamment dans des entreprises dont les activités reposent en grande partie sur la communication interne et externe. Ali, jeune journaliste, affirme que dans son métier, savoir communiquer sur Facebook est une valeur ajoutée. «Tous mes collègues et mes supérieurs hiérarchiques sont inscrits sur Facebook. C'est pour nous un outil précieux d'échange et de partage entre nous, de recherche d'informations de sources fiables et d'élargissement de notre réseau professionnel. Ma productivité ne s'en trouve que meilleure». D'après Lhoucine Tahiri, délégué de l'emploi à Rabat, «l'utilisation des réseaux sociaux sur la Toile est même souhaitable quand elle est dans l'intérêt de l'établissement et qu'elle contribue à l'amélioration de la qualité du travail».
Publié le 06 janvier 2011
Mis en ligne le 7 janvier 2011
lematin.ma
«Toute utilisation des ordinateurs mis à la disposition du personnel doit se faire dans un cadre strictement professionnel». Il n'existe pas une seule administration ou entreprise informatisée où cette note de service n'est pas affichée sous différentes formules. Et pourtant, le matériel informatique et l'Internet sont loin d'y faire l'objet d'un usage exclusivement professionnel. Facebook, Twitter, My Space, MSN, Youtube et autres merveilles de la technologie font des ravages sur les lieux de travail. Le «phénomène» a pris de grandes proportions aussi bien dans le secteur public que privé. En arrivant sur son lieu de travail le matin, un employé a deux réflexes : marquer sa présence et voir ce qu'il y a de nouveau sur son réseau social fétiche.
Si la première opération ne lui prend que quelques secondes, la deuxième peut durer des heures entières, égratignées bien entendu du temps de travail légal. Avec un ordinateur en face, une connexion Internet haut débit et des bureaux semi-cloisonnés (discrétion assurée), il devient difficile de résister à la tentation.
Dès qu'on voit le supérieur hiérarchique qui «rôde» dans les parages, vite, on ferme toutes les fenêtres, attendant que le «danger» s'éloigne pour recommencer de plus belle.... La productivité du salarié en prend un coup, surtout s'il exerce une fonction qui requiert une grande disponibilité et une forte concentration. Ce n'est donc pas un hasard si les banques, les assurances, les compagnies aériennes et les télécommunications ont été les premiers secteurs d'activités au Maroc à bloquer l'accès aux réseaux sociaux et autres sites de divertissement depuis leurs serveurs. «Mon administration a installé un filtre pour ne laisser s'afficher que les sites jugés utiles tels que Google, Wikipedia, les sites de messagerie électronique, etc. Les sites jugés inutiles tels que Youtube, Facebook ou tout autre site de distraction sont interdits d'accès», fait savoir Tarik, fonctionnaire chez Poste Maroc. Selon Lhoucine Tahiri, délégué de l'emploi à Rabat, les employeurs ont toute la latitude de réglementer l'utilisation d'Internet et du matériel informatique pour éviter tout gaspillage du temps de travail, «du moment où il s'agit d'un travail rémunéré». Cette réglementation, à vrai dire, ne fait pas que des malheureux.
Khaled, cadre supérieur chez un grand opérateur téléphonique, passait le clair de sa journée à naviguer sur Facebook, Twitter, MSN, etc, délaissant ainsi ses occupations. Lorsque la direction a pris la décision d'interdire l'accès dans la foulée à ces sites, c'était pour lui la grande déception. Aujourd'hui, Khaled reconnaît le bien-fondé de cette décision. «Effectivement, ces sites prenaient une bonne partie de mon temps et baissaient ma productivité», admet-il.
Pour Yassine, ingénieur d'informatique de son état, une utilisation à bon escient de l'Internet en dehors du temps du travail peut s'avérer bénéfique. «L'utilisation modérée des réseaux sociaux peut bien créer un environnement relaxant et aider les employés à surmonter leur stress et bien entendu à améliorer leur productivité. Il reste seulement à définir les paramètres nécessaires et le mode d'utilisation adéquat pour chaque entreprise», nuance-t-il. Dans d'autres fonctions où les employés sont tenus seulement à une obligation de résultats, les réseaux sociaux sont tolérés dans la mesure du raisonnable. «Sincèrement, je n'ai jamais reçu de requêtes de la part de salariés ou de managers portant sur des problèmes liés à l'utilisation des sites de distraction dans les lieux du travail», affirme M. Tahiri. Puisqu'aux yeux de certains managers (pas nombreux en tout cas), ce qui importe le plus, c'est le rendement proprement dit du salarié, c'est-à-dire sa capacité à accomplir les tâches qui lui sont confiées dans les délais fixés, abstraction faite de l'usage qu'il fait de son temps.
En d'autres termes, du moment où les quelques minutes de navigation sur des sites de distraction n'induisent pas des négligences professionnelles, une procrastination ou une déconcentration, on ferme l'œil. C'est seulement quand il y a un abus ou une baisse de productivité conséquente que d'énergiques mesures sont prises pour rappeler à l'ordre le concerné. Mais, selon M. Tarik, de telles mesures ont montré leurs limites. «Même sans accès à Internet, les fonctionnaires non sérieux trouveront toujours un moyen de distraction : café, journaux, discussions à bâtons rompus avec collègues, repos tout simplement...». Ce qui revient à dire qu'il ne sert à rien de censurer: il faut responsabiliser.
Travailler… sur Facebook
Croyez-vous que les réseaux sociaux ne servent qu'à divertir et faire oublier le stress du travail ? Détrompez-vous, parce que de plus en plus d'entreprises ne se contentent plus d'autoriser l'accès à ces sites, mais incitent, voire obligent leurs employés à les utiliser à des fins purement professionnelles. C'est le cas notamment dans des entreprises dont les activités reposent en grande partie sur la communication interne et externe. Ali, jeune journaliste, affirme que dans son métier, savoir communiquer sur Facebook est une valeur ajoutée. «Tous mes collègues et mes supérieurs hiérarchiques sont inscrits sur Facebook. C'est pour nous un outil précieux d'échange et de partage entre nous, de recherche d'informations de sources fiables et d'élargissement de notre réseau professionnel. Ma productivité ne s'en trouve que meilleure». D'après Lhoucine Tahiri, délégué de l'emploi à Rabat, «l'utilisation des réseaux sociaux sur la Toile est même souhaitable quand elle est dans l'intérêt de l'établissement et qu'elle contribue à l'amélioration de la qualité du travail».
Publié le 06 janvier 2011
Mis en ligne le 7 janvier 2011
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