Immobilier «Le secteur continue à résister»
27 Octobre 2009
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1. Éco plus : Comment se porte le secteur de l'immobilier ? et quelles sont les perspectives pour 2010 ?
Taoufiq Hejira : Le secteur de l'immobilier a acquis au fil des dernières années une immunité grâce premièrement à l'Impulsion Royale insufflée au secteur, le promouvant comme l'une des locomotives de croissance économique et de développement social et, deuxièmement, vu les besoins en logements encore importants malgré la dynamique et les performances jamais égalées, affichées ces dernières années. Ces facteurs, à eux seuls, constituent de véritables amortisseurs des effets de la crise internationale qui affecte aujourd'hui la quasi-totalité des économies du globe. Néanmoins, ceci ne doit aucunement dissimuler des effets collatéraux subis par le secteur. A ce propos, il y a lieu de citer le marasme que connaît le créneau de l'habitat haut standing dans certaines villes. Pour le reste des grandes villes, la crise est moins ressentie au niveau de ce créneau. Quant aux autres créneaux, surtout le logement social, on peut, plutôt, parler de stagnation et les indicateurs y afférents témoignent de cette tendance. En synthèse, le secteur immobilier qui est un secteur stratégique en termes d'investissement, d'emploi et en dimension sociale, continue à résister. Le projet de Loi de finances 2010 n'a pas accordé aux promoteurs immobiliers les avantages fiscaux demandés.
2. Comment comptez-vous relancer le logement social ?
Tout d'abord, permettez-moi de rappeler que le projet de LF 2010, comme son nom l'indique, est dans sa phase de projet. Après son adoption au conseil de gouvernement et au conseil des ministres, celui-ci fera l'objet de discussions dans les deux chambres du parlement avant son adoption par ces dernières. Autrement dit, à mon sens, compte tenu du chemin que ledit projet doit encore parcourir, il est prématuré de parler des nouvelles dispositions de la Loi de finances 2010.
3. Qu'en est-il du programme «Logement à 140.000 DH» ? 13 nouvelles conventions viennent d'être signées entre le Groupe Al Omrane et des promoteurs privés, est-ce le début d'une embellie du secteur ?
A l'instar des différents changements qui se produisent dans différents secteurs, ceux-ci ont besoin de temps pour trouver échos auprès des acteurs concernés. A ce titre, le produit 140.000 DH introduit par la Loi de finances 2008 n'a pas dérogé à la règle. En effet, après une série de rencontres avec les partenaires du secteur privé, promoteurs et producteurs de matériaux, ces derniers ont progressivement adhéré à la réalisation de ce programme comme l'atteste le nombre sans cesse croissant des promoteurs immobiliers ayant signé des conventions pour la réalisation d'au moins 500 logements en milieu urbains et/ou 100 en milieu rural. Les cimentiers et les producteurs de matériaux de construction ont également fait un grand effort de réduction des prix pour la réalisation de ces logements. A fin août 2009, 175 projets de réalisation de ce type de logements ont été lancés dont 85 par le Holding d'Aménagement Al Omrane et le reste dans le cadre du partenariat public-privé. Enfin, il est à noter qu'à cette date, 750 unités de logements ont été achevées, 27.314 en cours de réalisation et 22.329 unités ont été lancées.
4. Où-en est le programme des logements dédiés à la classe moyenne ?
De prime abord, il est à noter qu'en matière de logement, la politique menée actuellement vise à permettre aux différentes franges de la population marocaine d'accéder à un logement décent en adéquation avec leurs capacités financières. A ce titre, afin d'offrir un produit approprié aux ménages relevant de la classe moyenne, le gouvernement s'est fixé comme objectif de réaliser 50.000 villas économiques à l'horizon 2012. En vue de s'acquitter de son rôle de concepteur et afin de démontrer la faisabilité de ce produit, des programmes ont été lancés par les filiales d'Al Omrane dans presque toutes les régions du Royaume. L'adhésion du secteur privé à ce programme ne s'est pas faite attendre. Des projets de ce type d'habitat ont été, ainsi, lancés partout sous des noms différents comme la villa semi-finie, la villa économique, etc. De plus, en 2009, le ministère a entrepris des mesures visant à encourager la création de nouvelles générations de coopératives d'habitation pour le logement des classes moyennes. A ce titre, il y a lieu de citer, entre autres, l'affectation à ces coopératives d'une partie des lots de terrains réalisés par le groupe Al Omrane, l'élaboration d'un cahier de charges spécifique dédié à cette fin.
5. Le programme VSB piétine. Quelles sont les raisons de ce retard ? L'échéance 2012 sera-t-elle maintenue ?
Il faut plutôt se féliciter des résultats et des avancements enregistrés en matière d'exécution du programme national «Villes sans bidonville» dont les fondements se basent sur les orientations de Sa Majesté le Roi que Dieu l'assiste. En effet, en dépit de sa complexité, de son coût, mais aussi et surtout de la multiplicité des acteurs impliqués dans l'exécution de ce programme, les résultats affichés jusqu'à aujourd'hui sont satisfaisants. A fin septembre 2009, 37 villes ont été déclarées sans bidonville et 711.000 Marocains n'habitent plus dans des baraques.
Néanmoins, ces résultats ne doivent pas occulter l'existence de contraintes, surtout, dans les grandes villes telles que Casablanca. Nous restons, tout de même, optimistes et confiants quant à l'atteinte des objectifs d'éradication des bidonvilles dans le cadre du programme conventionné, grâce au concours des différents acteurs notamment les autorités locales, élus ainsi que la société Idmaj Sakane chargée de l'exécution du programme à Casablanca. Quant à l'agglomération de Rabat-Témara, nous comptons, énormément, sur l'adhésion des parties concernées pour la mobilisation du foncier nécessaire à la résorption des derniers bidonvilles. En fait, dans le programme VSB, il n'y a pas de secret. Vu son approche participatif et son caractère complexe, la convergence des efforts ainsi que la mobilisation et la synergie de toutes les parties impliquées constituent la clef de succès de ce programme ambitieux qui n'a pas manqué de susciter l'intérêt des instances internationales telles que la Banque Mondiale, l'Alliance des villes, le programme MEDA de l'Union européenne, l'UN-Habitat, l'Agence américaine pour le développement international, la Banque européenne d'investissement, l'Agence française de développement, la Banque japonaise pour la coopération international et MENA Urban Forum.
Nadia Dref
Publié le 23 Octobre 2009
Mis en ligne le 27 Octobre 2009
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