Le microcrédit pour lutter contre l’exclusion financière
23 Mai 2011
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Un groupe d’associations en collaboration avec l’Institut Français de coopération, ont organisé samedi 21 mai, à Tunis le Forum Tuniso-Français de la Société civile qui traite de la citoyenneté, de l’environnement et de la solidarité. Une salle comble, représentants de la société civile tunisienne et de la société civile française côte à côte ont prêté une oreille attentive à un panel tuniso-français qui a décortiqué le rôle de la société civile dans l’établissement et le renforcement d’une démocratie.
La révolution tunisienne était au cœur des travaux qui se sont déroulés en marge de ce forum, et parmi lesquels un atelier sur les actions publiques des associations, l’éducation à l’environnement, la violence faite aux femmes et les micro-crédits. En prélude, Yadh Ben achour, président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politiques et la transition démocratique, a prévenu l’assistance contre les forces anti révolutionnaires qui veulent faire avorter le projet démocratique. « Sans la vigilance de la société civile, on est menacé par la contre-révolution et le retour d’une dictature. Cette révolution est perpétuellement en danger si l’ordre public continue à subir l’assaut de ce que je qualifierai de traitres », dit il sans détours. Il a ajouté « Ce n’est pas vrai que les partis politiques n’aient en tête que l’accès au pouvoir. Les partis politiques sont eux aussi animés par l’amour de la patrie et du bien. Mais parfois dans la course au pouvoir et la concurrence entre les partis, ces derniers peuvent oublier leur mission première ». Il a appelé alors la société civile a veiller constamment sur la révolution et ses objectifs, car la transition démocratique ne serait pas une sinécure après plusieurs décennies de dictature, qui date d’encore plus loin que le règne de Ben Ali. Martin Hirsh président de l’Agence du Service Civique, a rappelé que tout pouvoir politique cherche à soumettre la société civile, même s’il prétend le contraire : « C’est un combat qui n’est jamais gagné. Il faut qu’il y ait un cadre juridique qui protège l’indépendance de la société civile vis-à-vis de tous les pouvoirs religieux, financiers ou autre qui peuvent l’asservir».
L’un des ateliers phares de la rencontre est celui consacré au microcrédit, qui a été animé par Enda Inter-Arabe. L’association tunisienne la plus connue pour accorder des crédits aux exclus du système économique est représentée par son co-fondateur Michael Craknell. Ce dernier a convié à sa table des experts en microcrédits qui ont répondu aux interrogations des membres de la société civile. Arnaud Poissonnier, fondateur de Baby Loan, un organisme français de microcrédits a commencé par le rôle prépondérant du microcrédit dans les pays en voie de développement, comme c’est le cas de l’Inde ou de Haïti, dont 25% de la population profite du micro crédit et où près de 50% de la population souhaite lancer son propre projet, contre seulement 15% en France.
Qu’est-ce que le microcrédit ? Il s’agit d’un financement qui ne dépasse pas les 5000 dinars par personne et qui vient en renforcement d’une activité déjà existante, pour développer l’économie ou subvenir aux charges. L’entreprise qui en bénéficie est également accompagnée par l’organisme de crédit, dans sa démarche d’exploitation. Toutefois, le coût de cet emprunt est très élevé, sa moyenne internationale est de 26%, bien au-delà des taux d’intérêt des prêts bancaires, une des raisons pour lesquelles ce type de financement est souvent critiqué. Arnaud Poissonnier défend que ce taux d’intérêt est, certes élevé mais légitime. « d’abord il y a les prêts à rembourser auprès des banques prêteuses, le taux d’inflation des pays en développement qui est entre 5 et 10 % , les impayés à couvrir, les frais opérationnels et la dimension d’accompagnement qui, entre-autres, consiste à former les gens à faire des business plans et à se déplacer jusqu’à chez eux en cas de besoin », a-t-il dit. Une institution de micro-financement (IMF) comme Enda Inter-Arabe emploie quelques 870 employés. Le coefficient d’exploitation des IMF serait de 70% contre 40% chez les banques ordinaires. Il a par ailleurs, évoqué le fait que les activités informelles sont soumises à moins de charges d’exploitations que les activités formelles, ce qui au final permet aux clients d’honorer leur dette. Les impayés s’élèveraient à seulement 5% dans le monde.
Marie Anna Bénard, de l’association Cerise n’occulte pas quant à elle, les dérives de certaines Institution de Microcrédits, comme a été le cas en Inde dans les années 1990. Une institution, très connue à ce moment là utilisait des moyens dures de recouvrement qui ont causé le suicide de femmes surendettées. Arnaud Poissonnier a reconnu que certaines Institutions deviennent à but mercantile : « Des investisseurs mercantiles ont quitté le domaine, quand ils ont découvert l’aspect social et de la micro-finance. C’est pour quoi il faut libéraliser le secteur, mais pas trop, pour ne pas tomber dans le piège comme d’autres pays ».
Le représentant d’une association pour l’impulsion de l’emploi, sise à Beja, s’est interrogé sur les raisons de l’impossibilité de financer des jeunes qui désirent lancer leur projet, ou encore qui ont besoin d’un autofinancement exigé par les banques sociales comme la BTS ou la PFPME. «C’est pour éviter l’endettement aux gens » répond le fondateur de Enda Inter-Arabe, en ajoutant que l’association y pense, et étudie un projet de création d’un crédit de création de projet.
Hicham Talib, expert marocain, travaillant au sein de l’Institution Al Amana, plus grand organisme de microcrédits du royaume chérifien, explique que ce genre de prêts n’est pas fait pour lutter contre la pauvreté mais pour l’inclusion financière des individus, qui n’ont pas droit aux circuits traditionnels de financement pour défaut de garanties.
Publié le 22 mai 2011
Mis en ligne le 23 mai 2011
gnet.tn
La révolution tunisienne était au cœur des travaux qui se sont déroulés en marge de ce forum, et parmi lesquels un atelier sur les actions publiques des associations, l’éducation à l’environnement, la violence faite aux femmes et les micro-crédits. En prélude, Yadh Ben achour, président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politiques et la transition démocratique, a prévenu l’assistance contre les forces anti révolutionnaires qui veulent faire avorter le projet démocratique. « Sans la vigilance de la société civile, on est menacé par la contre-révolution et le retour d’une dictature. Cette révolution est perpétuellement en danger si l’ordre public continue à subir l’assaut de ce que je qualifierai de traitres », dit il sans détours. Il a ajouté « Ce n’est pas vrai que les partis politiques n’aient en tête que l’accès au pouvoir. Les partis politiques sont eux aussi animés par l’amour de la patrie et du bien. Mais parfois dans la course au pouvoir et la concurrence entre les partis, ces derniers peuvent oublier leur mission première ». Il a appelé alors la société civile a veiller constamment sur la révolution et ses objectifs, car la transition démocratique ne serait pas une sinécure après plusieurs décennies de dictature, qui date d’encore plus loin que le règne de Ben Ali. Martin Hirsh président de l’Agence du Service Civique, a rappelé que tout pouvoir politique cherche à soumettre la société civile, même s’il prétend le contraire : « C’est un combat qui n’est jamais gagné. Il faut qu’il y ait un cadre juridique qui protège l’indépendance de la société civile vis-à-vis de tous les pouvoirs religieux, financiers ou autre qui peuvent l’asservir».
L’un des ateliers phares de la rencontre est celui consacré au microcrédit, qui a été animé par Enda Inter-Arabe. L’association tunisienne la plus connue pour accorder des crédits aux exclus du système économique est représentée par son co-fondateur Michael Craknell. Ce dernier a convié à sa table des experts en microcrédits qui ont répondu aux interrogations des membres de la société civile. Arnaud Poissonnier, fondateur de Baby Loan, un organisme français de microcrédits a commencé par le rôle prépondérant du microcrédit dans les pays en voie de développement, comme c’est le cas de l’Inde ou de Haïti, dont 25% de la population profite du micro crédit et où près de 50% de la population souhaite lancer son propre projet, contre seulement 15% en France.
Qu’est-ce que le microcrédit ? Il s’agit d’un financement qui ne dépasse pas les 5000 dinars par personne et qui vient en renforcement d’une activité déjà existante, pour développer l’économie ou subvenir aux charges. L’entreprise qui en bénéficie est également accompagnée par l’organisme de crédit, dans sa démarche d’exploitation. Toutefois, le coût de cet emprunt est très élevé, sa moyenne internationale est de 26%, bien au-delà des taux d’intérêt des prêts bancaires, une des raisons pour lesquelles ce type de financement est souvent critiqué. Arnaud Poissonnier défend que ce taux d’intérêt est, certes élevé mais légitime. « d’abord il y a les prêts à rembourser auprès des banques prêteuses, le taux d’inflation des pays en développement qui est entre 5 et 10 % , les impayés à couvrir, les frais opérationnels et la dimension d’accompagnement qui, entre-autres, consiste à former les gens à faire des business plans et à se déplacer jusqu’à chez eux en cas de besoin », a-t-il dit. Une institution de micro-financement (IMF) comme Enda Inter-Arabe emploie quelques 870 employés. Le coefficient d’exploitation des IMF serait de 70% contre 40% chez les banques ordinaires. Il a par ailleurs, évoqué le fait que les activités informelles sont soumises à moins de charges d’exploitations que les activités formelles, ce qui au final permet aux clients d’honorer leur dette. Les impayés s’élèveraient à seulement 5% dans le monde.
Marie Anna Bénard, de l’association Cerise n’occulte pas quant à elle, les dérives de certaines Institution de Microcrédits, comme a été le cas en Inde dans les années 1990. Une institution, très connue à ce moment là utilisait des moyens dures de recouvrement qui ont causé le suicide de femmes surendettées. Arnaud Poissonnier a reconnu que certaines Institutions deviennent à but mercantile : « Des investisseurs mercantiles ont quitté le domaine, quand ils ont découvert l’aspect social et de la micro-finance. C’est pour quoi il faut libéraliser le secteur, mais pas trop, pour ne pas tomber dans le piège comme d’autres pays ».
Le représentant d’une association pour l’impulsion de l’emploi, sise à Beja, s’est interrogé sur les raisons de l’impossibilité de financer des jeunes qui désirent lancer leur projet, ou encore qui ont besoin d’un autofinancement exigé par les banques sociales comme la BTS ou la PFPME. «C’est pour éviter l’endettement aux gens » répond le fondateur de Enda Inter-Arabe, en ajoutant que l’association y pense, et étudie un projet de création d’un crédit de création de projet.
Hicham Talib, expert marocain, travaillant au sein de l’Institution Al Amana, plus grand organisme de microcrédits du royaume chérifien, explique que ce genre de prêts n’est pas fait pour lutter contre la pauvreté mais pour l’inclusion financière des individus, qui n’ont pas droit aux circuits traditionnels de financement pour défaut de garanties.
Publié le 22 mai 2011
Mis en ligne le 23 mai 2011
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